Présentation

Éditions Soleil est une maison d’édition française créée en 1989 à Toulon par Mourad Boudjellal, devenue particulièrement identifiable dans l’histoire de la bande dessinée francophone par son investissement dans les univers de fantasy, de fantastique et d’aventure.

Son catalogue ne se limite cependant pas à ces genres.

Soleil publie aujourd’hui des bandes dessinées, mangas, comics et ouvrages jeunesse, avec des collections et séries qui couvrent également l’humour, la science-fiction, le western, le récit historique, le polar, le fantastique, les adaptations et des œuvres destinées aux jeunes lecteurs.

La place particulière de Soleil vient surtout de la manière dont la maison a développé des univers éditoriaux capables de s’étendre sur de nombreuses séries.

Le meilleur exemple reste Troy.

Avec Lanfeust de Troy, créé par Christophe Arleston et Didier Tarquin et publié à partir de 1994, Soleil trouve la série qui transforme profondément son échelle et son identité.

L’univers s’étend ensuite avec Trolls de Troy, Gnomes de Troy, Lanfeust des Étoiles, Lanfeust Odyssey et d’autres récits liés au même monde.

Cette manière de construire un imaginaire partagé devient l’une des signatures éditoriales de la maison.

Plus tard, Soleil développe une logique comparable à une échelle encore plus vaste avec les Terres d’Arran, aujourd’hui intégrées dans le Monde d’Aquilon.

Elfes, Nains, Orcs et Gobelins, Mages, puis Guerres d’Arran construisent progressivement un même monde à travers des personnages, peuples et auteurs différents.

L’ensemble s’élargit ensuite vers les Terres d’Ogon et les Terres d’Ynuma, prolongeant cette logique de création collective.

La fantasy reste donc fortement associée à Soleil, mais elle ne résume pas son catalogue.

Des séries comme Les Naufragés d’Ythaq, Samurai, L’Épervier, Les Maîtres Inquisiteurs ou Durango développent d’autres formes d’aventure.

L’humour trouve également une place importante avec Les P’tits Diables, Les Blondes, Noob ou différents titres destinés à un large public.

La jeunesse devient un autre secteur identifiable.

Les Carnets de Cerise, créé par Joris Chamblain et Aurélie Neyret, s’impose à partir de 2012 comme l’une des séries jeunesse majeures de la maison.

Soleil a également développé des collections permettant d’accueillir des œuvres graphiquement ou narrativement éloignées de son image traditionnelle.

La collection Métamorphose, créée en 2008 sous l’impulsion de Barbara Canepa et Clotilde Vu, accueille notamment des ouvrages où illustration, imaginaire, conte et fabrication éditoriale occupent une place importante.

Noctambule, lancée l’année suivante, ouvre un autre espace à des récits d’auteur et des adaptations littéraires.

La maison a parallèlement construit une activité importante autour du manga.

Développé au début des années 2000 puis structuré sous le nom Soleil Manga, ce catalogue accueille différents genres de l’édition japonaise.

Il comprend ou a compris des œuvres aussi différentes que Dorohedoro, The Legend of Zelda, Splatoon, des séries de Tezuka ou de nombreuses productions shōjo, shōnen et seinen.

Le site actuel de Soleil distingue ainsi directement ses activités Bandes dessinées, Mangas, Comics et Jeunesse.

La structure de l’entreprise a cependant profondément changé depuis sa création.

Mourad Boudjellal vend Soleil aux Éditions Delcourt en 2011.

Cette acquisition ne fait pas immédiatement disparaître l’identité de la maison.

Soleil conserve sa marque, ses équipes, ses auteurs et son catalogue, tandis que Delcourt et Soleil poursuivent leur développement au sein d’un ensemble commun.

En 2017, les entités juridiques Éditions Soleil et Éditions Delcourt fusionnent pour former le Groupe Delcourt.

Soleil cesse donc d’exister comme société juridiquement indépendante, mais pas comme maison ou marque éditoriale.

Cette différence explique pourquoi annee_fermeture reste vide dans PANACHES CULTURE : Éditions Soleil continue de publier et possède toujours un catalogue propre, même si l’entreprise qui l’exploite juridiquement est désormais le Groupe Delcourt.

Depuis janvier 2025, le Groupe Delcourt appartient lui-même à Editis.

La hiérarchie actuelle est donc à comprendre ainsi : Éditions Soleil est une marque éditoriale du Groupe Delcourt, lui-même intégré à Editis.

Cette organisation ne doit pas conduire à confondre les catalogues.

Une œuvre publiée sous le label Delcourt n’est pas automatiquement une œuvre Soleil.

De la même manière, Tonkam ou Kbooks appartiennent à l’environnement du Groupe Delcourt mais possèdent leurs propres identités éditoriales.

En 2026, le Groupe Delcourt présente Soleil comme une maison disposant de 18 collections de bande dessinée, 4 collections manga, 2 collections comics et 2 collections jeunesse.

Plus de trente-cinq ans après sa création, Soleil reste donc reconnaissable par un équilibre particulier : une forte culture de l’imaginaire et des séries à univers étendu, associée à un catalogue suffisamment diversifié pour ne plus pouvoir être réduit à l’heroic fantasy qui a construit sa notoriété.

Histoire

1982-1989 : de la librairie Bédulle à l’édition

Avant de devenir éditeur, Mourad Boudjellal travaille directement au contact de la bande dessinée.

En 1982, il ouvre à Toulon la librairie Bédulle.

Cette expérience lui permet d’observer le marché, les goûts des lecteurs, la circulation des albums et la place que peuvent occuper certaines œuvres lorsqu’elles ne sont plus facilement disponibles.

En 1989, il fonde Soleil Productions à Toulon.

Le projet se développe d’abord avec un modèle différent de l’image que Soleil acquerra quelques années plus tard.

La maison se fait notamment remarquer par la réédition de classiques de la bande dessinée populaire.

Des séries comme Rahan, Blek le Roc ou Tarzan permettent à Soleil de proposer de nouveau des personnages possédant déjà une histoire et un lectorat.

L’album Parodies, dans lequel différents auteurs détournent leurs propres univers ou ceux de la bande dessinée populaire, fait également partie des premières publications associées à la maison.

Ces débuts créent une première base commerciale, mais Soleil va rapidement chercher à développer des créations originales.

Construire un catalogue d’auteurs

Après les rééditions patrimoniales, Soleil commence à accompagner davantage de créateurs contemporains.

La maison reste fortement liée au sud de la France et à Toulon, ce qui la distingue géographiquement d’une grande partie de l’édition française concentrée à Paris.

Elle développe progressivement un réseau d’auteurs et de collaborateurs capable de produire des séries originales.

L’un des domaines explorés est alors encore relativement peu occupé par les grands éditeurs franco-belges : l’heroic fantasy.

Cette orientation va devenir déterminante.

1994 : Lanfeust de Troy transforme Soleil

En 1994, Soleil publie le premier album de Lanfeust de Troy, L’Ivoire du Magohamoth.

La série est scénarisée par Christophe Arleston et dessinée par Didier Tarquin.

Elle raconte les aventures de Lanfeust dans un monde où chaque habitant possède un pouvoir magique particulier.

L’œuvre mélange quête d’aventure, fantasy, humour, créatures fantastiques et dynamique de groupe.

Cette combinaison trouve rapidement son public.

Le succès de Lanfeust de Troy transforme profondément Soleil.

La maison dispose désormais d’une série capable d’incarner son catalogue et de donner une visibilité beaucoup plus importante aux autres productions de fantasy qu’elle développe.

L’heroic fantasy n’est plus seulement l’un de ses genres.

Elle devient une partie essentielle de son identité publique.

Troy devient un véritable univers éditorial

Le succès de Lanfeust de Troy permet de développer davantage son monde.

Trolls de Troy, créé par Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier, déplace le regard vers les Trolls et développe une approche encore plus directement fondée sur l’humour et la parodie.

D’autres séries apparaissent progressivement.

Gnomes de Troy explore l’enfance de Lanfeust.

Lanfeust des Étoiles transporte ensuite le personnage au-delà du cadre initial de Troy et mélange fantasy et science-fiction.

Lanfeust Odyssey ramène plus tard le héros vers de nouvelles aventures.

L’important n’est pas seulement le nombre de séries.

Soleil expérimente une forme de construction d’univers partagé, dans laquelle plusieurs productions peuvent exploiter différents territoires, époques, personnages ou tonalités tout en restant reliées.

Cette logique deviendra l’un des modèles éditoriaux les plus caractéristiques de la maison.

1998 : Lanfeust Mag prolonge l’univers en kiosque

En mai 1998, Soleil lance Lanfeust Mag.

Le magazine mensuel s’appuie sur la popularité de l’univers de Troy, mais ne se limite pas à reproduire les albums.

Il sert notamment de lieu de prépublication pour différentes séries de l’éditeur.

Soleil retrouve ainsi une logique historique de la bande dessinée franco-belge : publier les histoires par épisodes avant leur sortie en album.

Le magazine permet également de maintenir un contact régulier avec les lecteurs entre les différentes sorties.

Autour de Lanfeust, Soleil construit donc simultanément des albums, plusieurs séries et un périodique.

Lanfeust Mag connaîtra une longue existence et dépassera les deux cents numéros.

Diversifier la fantasy et l’aventure

Le succès de Troy ne conduit pas Soleil à publier uniquement des dérivés de Lanfeust.

La maison développe d’autres univers de fantasy, de science-fiction et d’aventure.

Les Forêts d’Opale, scénarisé par Christophe Arleston, crée un autre monde indépendant.

Les Naufragés d’Ythaq, d’Arleston et Adrien Floch, combine science-fiction, aventure et exploration planétaire.

D’autres séries comme Le Sang du Dragon, Samurai, Les Maîtres Inquisiteurs ou différentes productions fantastiques renforcent progressivement la présence de ces genres dans le catalogue.

Cette multiplication consolide l’image de Soleil comme l’un des éditeurs français les plus directement associés aux littératures graphiques de l’imaginaire.

L’humour devient un autre pilier

La maison développe parallèlement des séries d’humour capables de toucher un public différent.

Les P’tits Diables construit ses gags autour des relations entre frère et sœur.

Les Blondes s’appuie sur un humour de situation et des personnages récurrents.

Noob, issu de l’univers créé par Fabien Fournier, transpose en bande dessinée un monde fortement lié au jeu en ligne et aux cultures numériques.

Cette activité permet à Soleil d’éviter de devenir une maison uniquement identifiée aux couvertures de fantasy réaliste.

Humour, jeunesse et séries grand public prennent progressivement une place durable dans son catalogue.

2003 : Delcourt et Soleil créent Delsol Diffusion

En 2003, les Éditions Soleil et les Éditions Delcourt créent ensemble Delsol Diffusion.

La structure commune est chargée d’optimiser la commercialisation de leurs ouvrages.

Cette coopération est importante car elle précède de plusieurs années le rachat de Soleil par Delcourt.

Les deux maisons restent alors indépendantes et possèdent des lignes éditoriales différentes, mais mettent en commun une partie de leur diffusion.

Delsol accueille ensuite d’autres éditeurs et devient un acteur important du marché français de la bande dessinée.

Le rapprochement opérationnel entre Delcourt et Soleil existe donc bien avant leur rapprochement capitalistique.

Le manga entre dans le catalogue

Au début des années 2000, Soleil se développe également dans le manga.

En 2003, l’éditeur travaille avec le label Végétal Manga Shoten et ouvre une ligne éditoriale tournée notamment vers le shōjo et le seinen.

Des titres comme Urukyu ou Battle Royale participent à cette première phase.

En 2005, la collaboration évolue et le catalogue prend plus directement l’identité Soleil Manga.

La ligne éditoriale se diversifie progressivement.

Elle publie shōjo, seinen, shōnen, horreur, œuvres patrimoniales et différents genres venus du marché japonais.

Soleil publie notamment plusieurs œuvres d’Osamu Tezuka et construit au fil des années un catalogue comprenant des séries très différentes.

The Legend of Zelda devient une licence importante de Soleil Manga

Parmi les propriétés les plus identifiables du catalogue manga apparaît The Legend of Zelda.

Les adaptations manga de la franchise de Nintendo permettent à Soleil d’associer édition japonaise et culture vidéoludique.

La maison publie notamment plusieurs adaptations réalisées par le duo Akira Himekawa.

The Legend of Zelda: Twilight Princess fait partie des séries encore mises en avant aujourd’hui sur le site de l’éditeur.

Le catalogue comprend également des propriétés Nintendo comme Splatoon ou Animal Crossing.

Cette orientation donne à Soleil Manga une place particulière à l’intersection du manga et du jeu vidéo.

Dorohedoro et la diversification du catalogue japonais

Le manga de Soleil ne repose cependant pas uniquement sur des licences grand public.

Dorohedoro de Q Hayashida devient l’une de ses séries les plus reconnaissables dans un registre beaucoup plus sombre et singulier.

Son univers mélange violence, magie, humour noir, expérimentation graphique et construction d’un monde difficile à rapprocher des catégories les plus commerciales du manga.

Cette présence montre la diversité que Soleil Manga acquiert progressivement.

La maison peut publier aussi bien une adaptation Nintendo destinée à un large public qu’un seinen particulièrement atypique.

2008 : Métamorphose ouvre un autre territoire graphique

En 2008, Soleil lance la collection Métamorphose, créée par Barbara Canepa et dirigée avec Clotilde Vu.

Le projet marque une rupture visuelle avec l’image la plus immédiatement associée à Soleil.

La collection privilégie des livres où illustration, imaginaire, objet éditorial et univers d’auteur occupent une place centrale.

Les premiers projets comprennent notamment Billy Brouillard, Eco et End.

La collection accueille ensuite des auteurs et illustrateurs aux approches très personnelles.

Les Carnets de Cerise paraîtra également dans cet environnement.

Métamorphose montre qu’une maison connue pour les grandes séries d’aventure peut aussi produire des ouvrages dont l’identité repose fortement sur la fabrication, la direction artistique et le travail d’illustration.

2009 : Noctambule rapproche bande dessinée et littérature

En 2009, Soleil développe également Noctambule.

La collection est pensée comme une passerelle entre bande dessinée et littérature.

Elle peut accueillir des adaptations d’œuvres littéraires mais également des récits originaux plus personnels.

Cette orientation élargit encore l’image de l’éditeur.

Soleil n’est plus seulement une maison capable de produire des séries longues et des univers étendus.

Elle possède également des espaces éditoriaux destinés à des albums uniques, des récits d’auteur et des projets formellement différents.

2011 : Delcourt acquiert les Éditions Soleil

En 2011, un changement majeur intervient.

Mourad Boudjellal cède les Éditions Soleil aux Éditions Delcourt.

La maison rejoint donc le groupe construit par Guy Delcourt.

L’opération rapproche deux éditeurs devenus importants dans la bande dessinée française mais possédant des histoires et identités différentes.

Delcourt dispose notamment de catalogues importants dans la bande dessinée généraliste, le comics et le manga avec Tonkam.

Soleil apporte notamment son expérience de la fantasy, ses univers, son ancrage toulonnais et plusieurs grandes séries populaires.

La marque Soleil est conservée.

Cette décision permet au catalogue de continuer à être identifiable comme tel malgré son intégration dans un ensemble plus large.

2012 : Les Carnets de Cerise confirme la place de la jeunesse

En 2012, Soleil publie le premier tome des Carnets de Cerise, scénarisé par Joris Chamblain et dessiné par Aurélie Neyret.

La série suit une jeune fille passionnée par les gens et les mystères qui l’entourent.

L’œuvre combine enquête, journal intime, émotion et travail graphique particulièrement identifiable.

Elle rencontre rapidement un important succès critique et public.

Le premier volume reçoit notamment le Prix Jeunesse du Festival d’Angoulême en 2014.

La série devient l’une des grandes références jeunesse de Soleil.

Elle montre également que l’identité contemporaine de la maison peut se construire très loin de l’heroic fantasy qui avait dominé son image pendant les années 1990.

2013 : Elfes ouvre les Terres d’Arran

Une nouvelle étape majeure dans la construction d’univers commence avec Elfes.

Le principe éditorial diffère de celui de Lanfeust.

Au lieu de suivre principalement les aventures continues d’un même héros, la série propose différents récits consacrés à plusieurs peuples elfes, réalisés par différentes équipes créatives mais situés dans un même monde.

Cette structure permet de multiplier les personnages et les territoires sans dépendre d’un unique protagoniste.

Le succès permet d’étendre l’univers.

Nains, Orcs et Gobelins et Mages rejoignent progressivement les Terres d’Arran.

Guerres d’Arran rassemble ensuite les conséquences et conflits issus de ces différentes séries.

Cette construction collective devient l’un des projets éditoriaux les plus importants de Soleil.

Des Terres d’Arran au Monde d’Aquilon

L’univers s’élargit ensuite au-delà du continent d’Arran.

Les Terres d’Ogon introduisent d’autres peuples, cultures et territoires dans le même ensemble fictionnel.

Les Terres d’Ynuma prolongent encore cette extension.

Soleil regroupe désormais ces différents ensembles sous le nom de Monde d’Aquilon.

Cette organisation illustre l’évolution d’un principe déjà expérimenté avec Troy.

Mais l’échelle change.

Le Monde d’Aquilon repose sur de nombreux scénaristes, dessinateurs et personnages travaillant dans une continuité partagée.

L’éditeur assume ainsi un véritable rôle de coordination d’univers, en plus de son rôle traditionnel d’accompagnement de chaque album.

2017 : la société Soleil disparaît juridiquement, la marque reste

En 2017, les structures juridiques de Delcourt et Soleil sont réorganisées.

Les entités Éditions Soleil et Éditions Delcourt fusionnent pour former le Groupe Delcourt.

À partir de cette date, Soleil ne constitue plus une société indépendante au sens juridique.

Mais son catalogue, son logo et sa fonction éditoriale sont conservés.

Le Groupe Delcourt continue aujourd’hui de présenter séparément les Éditions Delcourt et les Éditions Soleil parmi ses maisons.

Cette distinction est essentielle.

Parler de « fermeture de Soleil en 2017 » serait trompeur d’un point de vue éditorial.

La société est absorbée, mais la maison continue son activité sous forme de marque éditoriale.

2025 : le Groupe Delcourt rejoint Editis

En janvier 2025, une nouvelle évolution de propriété intervient.

Le Groupe Delcourt rejoint Editis, deuxième groupe d’édition français.

Soleil entre donc indirectement dans un ensemble éditorial beaucoup plus vaste.

Cette opération ne supprime pas pour autant la structure de marques du Groupe Delcourt.

Delcourt, Soleil, Tonkam et Kbooks continuent d’être présentés séparément.

En 2026, Soleil reste donc une identité éditoriale active au sein d’une hiérarchie désormais composée de plusieurs niveaux.

Soleil en 2026

Le catalogue actuel montre une maison qui conserve très clairement ses racines tout en les ayant élargies.

Lanfeust de Troy et Trolls de Troy restent présents.

Le Monde d’Aquilon occupe une place majeure avec les Terres d’Arran, d’Ogon et d’Ynuma.

Les Naufragés d’Ythaq, Samurai, Les P’tits Diables, Les Carnets de Cerise ou d’autres séries prolongent des orientations différentes.

Soleil Manga continue parallèlement de publier des séries comme Dorohedoro, The Legend of Zelda: Twilight Princess, Splatoon et de nouvelles licences japonaises.

Le Groupe Delcourt présente actuellement Soleil comme un ensemble de 18 collections BD, 4 collections manga, 2 collections comics et 2 collections jeunesse.

La maison née à Toulon en 1989 est donc devenue une marque éditoriale intégrée à un grand groupe, mais continue d’être identifiable par son propre catalogue.

Ce qui la distingue

Avoir fait de la fantasy un véritable territoire éditorial

L’importance de Soleil dans la bande dessinée française vient largement du choix effectué au début des années 1990 de développer une heroic fantasy destinée au marché franco-belge.

Le genre existe évidemment avant Soleil.

Mais la maison lui donne une place particulièrement visible dans son catalogue et construit plusieurs séries capables de fonctionner sur la durée.

Lanfeust de Troy devient le symbole de cette stratégie.

L’œuvre associe aventure, humour, magie et structure de série accessible à un large public.

Son succès permet à d’autres projets d’imaginaire de trouver leur place.

Cette spécialisation historique donne encore aujourd’hui à Soleil une identité immédiatement reconnaissable parmi les grands éditeurs français de bande dessinée.

Construire des univers plutôt que seulement juxtaposer des séries

Soleil développe particulièrement loin le principe d’univers partagé.

Troy ne s’arrête pas à Lanfeust de Troy.

Différentes séries peuvent explorer ses personnages, ses peuples ou de nouveaux territoires.

Le Monde d’Aquilon pousse cette logique beaucoup plus loin avec des dizaines d’albums reliés par une même géographie, une même histoire générale et des événements susceptibles de traverser plusieurs séries.

Cette construction demande une coordination éditoriale particulière.

Chaque équipe créative doit pouvoir raconter sa propre histoire tout en respectant les éléments essentiels du monde commun.

La maison devient donc en partie architecte de continuités narratives à grande échelle.

Faire travailler de nombreux auteurs dans un même monde

Le modèle d’Aquilon permet à Soleil de développer une autre particularité.

Un univers n’est plus nécessairement lié à un seul scénariste et un seul dessinateur.

Plusieurs équipes peuvent travailler parallèlement.

Certaines séries suivent un peuple, d’autres une région ou un conflit.

Des personnages peuvent passer d’un récit à un autre.

Cette structure rapproche certains projets Soleil du fonctionnement des univers partagés du comics, tout en conservant le format et les traditions éditoriales de la bande dessinée franco-belge.

Conserver des lignes très différentes derrière une identité forte

L’image fantasy de Soleil pourrait facilement faire oublier une grande partie de son catalogue.

Les Carnets de Cerise ne fonctionne pas comme Lanfeust.

Dorohedoro n’a presque rien de commun avec Les P’tits Diables.

Une adaptation de The Legend of Zelda répond à des méthodes éditoriales différentes d’une création française originale.

Métamorphose ou Noctambule ont également développé des livres très éloignés de la fantasy classique en album.

Soleil conserve donc une identité forte sans imposer une uniformité esthétique à toutes ses publications.

Avoir maintenu un lien avec Toulon dans une édition très parisienne

La création de Soleil à Toulon constitue une particularité importante de son histoire.

La maison s’est développée loin du centre traditionnel de l’édition française.

Elle a contribué à créer autour d’elle un réseau d’auteurs, d’éditeurs et de collaborateurs dans le sud de la France.

Même après l’intégration au Groupe Delcourt, le groupe conserve des salariés et activités à Paris et Toulon.

Cet ancrage participe à l’identité historique de Soleil et explique également le rôle très personnel joué par Mourad Boudjellal dans les premières décennies.

Développer manga, comics et jeunesse sans effacer la bande dessinée

Soleil a progressivement étendu son activité à plusieurs traditions éditoriales.

Soleil Manga implique l’acquisition de licences japonaises, la traduction et l’adaptation d’œuvres conçues pour un autre marché.

Le comics fait intervenir d’autres formats et relations avec des ayants droit internationaux.

La jeunesse possède ses propres contraintes de lectorat et de fabrication.

Ces activités complètent le catalogue mais n’ont pas remplacé la bande dessinée franco-belge.

En 2026, les quatre secteurs restent explicitement séparés sur le site officiel : Bandes dessinées, Mangas, Comics et Jeunesse.

Rester Soleil après la disparition de la société Soleil

Le cas de Soleil est particulièrement intéressant pour la gestion des entités dans PANACHES CULTURE.

La société fondée en 1989 n’existe plus juridiquement sous la même forme depuis 2017.

Pourtant, la maison éditoriale continue.

Les nouveaux albums portent toujours la marque Soleil.

Le Groupe Delcourt possède toujours une page institutionnelle consacrée spécifiquement aux Éditions Soleil.

Le site officiel continue de fonctionner comme catalogue Soleil.

Il faut donc distinguer personnalité juridique et identité éditoriale.

Pour rattacher une œuvre, la question pertinente n’est pas seulement de savoir quelle société possède aujourd’hui la marque, mais sous quelle maison elle est effectivement publiée.

À savoir

  • Éditions Soleil est créée en 1989 à Toulon par Mourad Boudjellal, après l’ouverture de sa librairie Bédulle en 1982.
  • La maison se fait d’abord connaître par des rééditions de classiques comme Rahan, Blek le Roc ou Tarzan avant de développer massivement la création originale.
  • Lanfeust de Troy, scénarisé par Christophe Arleston et dessiné par Didier Tarquin, débute chez Soleil en 1994 et devient l’une des séries déterminantes de l’histoire de la maison.
  • L’univers de Troy s’étend ensuite notamment avec Trolls de Troy, Gnomes de Troy, Lanfeust des Étoiles et Lanfeust Odyssey.
  • Lanfeust Mag est lancé en mai 1998 et sert notamment à prépublier plusieurs productions de l’éditeur.
  • Delcourt et Soleil créent ensemble Delsol Diffusion en 2003, plusieurs années avant leur rapprochement capitalistique.
  • L’activité manga se développe au début des années 2000 et devient Soleil Manga, avec un catalogue comprenant notamment Dorohedoro et plusieurs adaptations de The Legend of Zelda.
  • La collection Métamorphose est lancée en 2008, tandis que Noctambule apparaît en 2009 pour accueillir d’autres formes de récits et d’ouvrages graphiques.
  • Les Éditions Delcourt acquièrent Soleil en 2011, tout en conservant la marque et son identité éditoriale.
  • Les Terres d’Arran, développées à partir d’Elfes, s’étendent avec Nains, Orcs et Gobelins, Mages et Guerres d’Arran avant de s’intégrer au Monde d’Aquilon avec les Terres d’Ogon et d’Ynuma.
  • En 2017, les entités juridiques Soleil et Delcourt fusionnent ; Soleil continue néanmoins comme marque éditoriale active du Groupe Delcourt, raison pour laquelle la fiche ne comporte pas d’année de fermeture.
  • Depuis janvier 2025, le Groupe Delcourt appartient à Editis ; en 2026, Soleil conserve un catalogue distinct structuré en BD, manga, comics et jeunesse.