Présentation

Kana est une maison d’édition francophone spécialisée dans le manga et la bande dessinée asiatique, créée en 1996 à Bruxelles par Yves Schlirf. Juridiquement, Kana est aujourd’hui une marque éditoriale de Dargaud-Lombard, société belge appartenant au groupe Média-Participations.

Son histoire commence de manière assez originale. Avant de devenir l’un des grands noms du manga en français, Kana publie d’abord deux bandes dessinées coréennes de Hyun Se Lee, Angel Dick et Armagedon. Dès 1997, la maison se recentre cependant sur le manga japonais avec Saint Seiya, Yû Yû Hakusho et surtout Détective Conan, dont le premier tome français paraît en avril 1997.

Cette première génération installe progressivement les fondations du catalogue. Kana accueille ensuite Hunter x Hunter, Slam Dunk, Monster, Yu-Gi-Oh!, puis connaît un changement d’échelle majeur avec Naruto, publié en France à partir de mars 2002. La série de Masashi Kishimoto devient l’un des titres emblématiques de la maison et accompagne toute une génération de lecteurs.

Le catalogue ne reste pourtant pas enfermé dans le shōnen d’aventure. Monster et les œuvres de Naoki Urasawa, les mangas de Jirô Taniguchi, Death Note, Black Butler, Bonne nuit Punpun, Blue Spring Ride ou Assassination Classroom installent progressivement des sensibilités très différentes. Kana structure ainsi son offre autour de collections comme Shonen Kana, Shojo Kana, Dark Kana, Big Kana, Made In, Life ou Sensei, avec l’objectif de couvrir plusieurs générations et plusieurs manières de lire le manga.

Cette diversité constitue aujourd’hui l’une des principales forces de la maison. Kana peut faire vivre dans le même catalogue une longue série populaire comme Détective Conan, un monument du shōnen comme Naruto, un thriller comme Death Note, une œuvre d’auteur comme Bonne nuit Punpun ou Tokyo, ces jours-ci, et de nouvelles séries comme Kagurabachi. Les rééditions jouent aussi un rôle important : éditions Deluxe, Star Edition, Final Edition ou nouvelles traductions permettent de remettre régulièrement les grandes séries historiques à disposition.

En 2026, année de ses 30 ans, Kana reste implanté à Bruxelles et publie pour la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Le catalogue continue de s’appuyer sur les grandes licences japonaises tout en développant de nouvelles initiatives, notamment Manga Issho, magazine européen de prépublication lancé avec Altraverse, Planeta Cómic et Star Comics pour accueillir des créations originales européennes.

Histoire

1996-1997 — Des débuts coréens au manga japonais

Kana naît en 1996 à l’initiative d’Yves Schlirf, libraire bruxellois convaincu très tôt du potentiel de la bande dessinée asiatique.

Les premières publications sont pourtant coréennes : Angel Dick et Armagedon de Hyun Se Lee. L’expérience reste courte, mais elle montre déjà la volonté de regarder au-delà du marché franco-belge traditionnel.

À partir de 1997, Kana se tourne nettement vers le Japon. Saint Seiya, Yû Yû Hakusho et Détective Conan figurent parmi les premiers mangas importants du catalogue. Ce dernier devient particulièrement durable : près de trente ans plus tard, la série de Gosho Aoyama est toujours publiée par Kana en français.

Fin des années 1990-2002 — Construire un catalogue qui dépasse un seul genre

Kana développe rapidement plusieurs piliers.

Hunter x Hunter de Yoshihiro Togashi, Slam Dunk de Takehiko Inoue ou Yu-Gi-Oh! renforcent le secteur shōnen, tandis que Monster de Naoki Urasawa contribue à installer un lectorat adulte.

La maison ouvre également son catalogue à d’autres sensibilités, notamment au shōjo et aux œuvres plus proches du roman graphique.

En 2002, l’arrivée de Naruto change cependant profondément l’échelle de Kana. Le premier tome paraît le 9 mars. La série devient l’une des grandes portes d’entrée du manga pour les lecteurs francophones des années 2000 et restera durablement associée à l’identité de l’éditeur.

2007-2013 — Death Note et une diversification plus visible

En janvier 2007, Kana publie le premier tome de Death Note de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata.

Le succès du thriller montre qu’un titre sombre, psychologique et fondé davantage sur le duel intellectuel que sur le combat peut toucher un très large public. Il devient l’un des grands titres de Dark Kana et fera ensuite l’objet de plusieurs nouvelles éditions.

Cette période voit également Kana accueillir des séries très différentes comme Black Butler, publié à partir de 2009, ainsi que de nombreuses œuvres seinen, shōjo et mangas d’auteur.

La collection Made In joue notamment un rôle particulier en proposant des œuvres qui s’éloignent des catégories commerciales les plus évidentes : récits de Jirô Taniguchi, bandes dessinées coréennes ou chinoises, autobiographies et romans graphiques peuvent y trouver leur place.

En 2013, Assassination Classroom rejoint le catalogue et devient à son tour l’un des grands succès shōnen de la maison.

Années 2010-2020 — Faire vivre les classiques tout en renouvelant le catalogue

Kana entre progressivement dans une période où plusieurs générations de lecteurs coexistent.

Les séries historiques restent disponibles ou reviennent sous de nouvelles formes : Death Note Black Edition, Slam Dunk Star Edition, nouvelles éditions de Saint Seiya, intégrales de Monster ou éditions renouvelées de Naruto.

Cette politique permet au catalogue de ne pas dépendre uniquement de la nouveauté. Une œuvre publiée vingt ans auparavant peut retrouver une place centrale grâce à une nouvelle traduction, une fabrication plus ambitieuse ou un format différent.

En parallèle, de nouveaux succès prennent le relais : Black Butler, Assassination Classroom, Fire Force, Blue Spring Ride, Bonne nuit Punpun ou d’autres séries élargissent encore le lectorat.

Kana développe ainsi progressivement une identité moins centrée sur une catégorie démographique particulière et davantage sur la coexistence de plusieurs cultures du manga.

2025-2026 — Création européenne et trente ans de catalogue

En 2025, Kana participe au lancement de Manga Issho, présenté comme un magazine européen de manga.

Le projet réunit quatre éditeurs : Kana pour la France et la Belgique, Altraverse en Allemagne, Planeta Cómic en Espagne et Star Comics en Italie. Chaque numéro rassemble des récits créés spécialement pour le magazine par des auteurs européens.

Cette initiative marque une évolution intéressante.

Kana reste avant tout l’éditeur francophone de mangas japonais, mais peut désormais participer directement à l’émergence de créations européennes inspirées par les codes du manga.

En 2026, la maison célèbre officiellement ses 30 ans. L’événement s’appuie à la fois sur ses séries historiques — Naruto, Détective Conan, Hunter x Hunter, Monster — et sur son catalogue contemporain. Une exposition, MANGATOPIA – 30 ans de manga signé Kana, est notamment programmée au Musée de la Bande Dessinée à Bruxelles.

Trois décennies après ses premiers titres, Kana fonctionne donc sur deux mouvements complémentaires : préserver un patrimoine devenu important pour l’histoire du manga francophone et continuer à chercher les séries qui parleront à la génération suivante.

Ce qui la distingue

Un éditeur historique du manga francophone né à Bruxelles

Kana appartient à la première génération de maisons ayant structuré durablement l’édition de manga en français.

Son histoire est profondément liée à Bruxelles, où se trouvent encore ses bureaux et la structure Dargaud-Lombard qui exploite la marque. Son marché, lui, dépasse largement la Belgique et couvre l’ensemble de la francophonie européenne.

Cette double identité explique pourquoi Kana peut être perçu comme un éditeur majeur en France tout en restant juridiquement et historiquement ancré en Belgique.

Avoir accompagné plusieurs générations plutôt qu’un seul phénomène

Le catalogue Kana ne repose pas sur une unique période de succès.

Détective Conan appartient aux débuts de la maison. Naruto marque les années 2000. Death Note et Black Butler accompagnent la génération suivante. Assassination Classroom, Fire Force ou des titres contemporains prennent ensuite le relais.

Cette continuité permet à la maison de conserver des lecteurs historiques tout en renouvelant régulièrement son public.

Faire cohabiter manga populaire et catalogue d’auteur

Kana peut publier des séries destinées à un très large public tout en maintenant une place pour des œuvres moins immédiatement commerciales.

Les collections Big Kana, Dark Kana ou Made In ont permis à des auteurs comme Naoki Urasawa, Jirô Taniguchi, Inio Asano ou Taiyô Matsumoto de cohabiter avec les grandes licences shōnen.

Le catalogue ne cherche donc pas uniquement le prochain phénomène de vente : il construit aussi progressivement un fonds patrimonial et d’auteur.

Rééditer plutôt que laisser disparaître les grandes séries

Une partie importante du travail actuel de Kana consiste à refaire circuler les œuvres qui ont construit son histoire.

Les Star Edition, Deluxe, Final Edition, intégrales et éditions renouvelées permettent de redonner de la visibilité à des mangas dont l’édition originale peut avoir plusieurs décennies.

Cette politique crée une continuité entre lecteurs historiques et nouveaux publics : les classiques restent disponibles sans être enfermés dans leur première édition.

À savoir

  • Kana est créé en 1996 par Yves Schlirf, libraire bruxellois passionné par la bande dessinée asiatique.
  • Les premières publications de la marque sont les manhwa coréens Angel Dick et Armagedon de Hyun Se Lee.
  • Dès 1997, Kana se tourne fortement vers le manga japonais avec notamment Saint Seiya, Yû Yû Hakusho et Détective Conan.
  • Naruto est publié en français par Kana à partir du 9 mars 2002 et devient l’un des titres les plus emblématiques de la maison.
  • Death Note arrive en janvier 2007, Black Butler en novembre 2009 et Assassination Classroom en octobre 2013.
  • Kana est juridiquement une marque éditoriale de Dargaud-Lombard, société belge appartenant au groupe Média-Participations.
  • En 2025, Kana participe à la création de Manga Issho, magazine européen réunissant des créations originales issues de plusieurs pays.
  • En 2026, Kana célèbre ses 30 ans, avec un catalogue toujours actif mêlant grandes séries historiques, nouvelles licences, œuvres d’auteur et rééditions patrimoniales.