Présentation

Pixar Animation Studios est un studio américain d’animation fondé officiellement en 1986, mais dont les origines remontent à la division informatique de Lucasfilm créée à la fin des années 1970.

Son histoire se construit à la rencontre de deux ambitions longtemps considérées comme difficiles à réunir : développer des technologies numériques capables de transformer la fabrication des images et utiliser ces outils pour raconter des histoires profondément centrées sur les personnages.

Des figures comme Ed Catmull, Alvy Ray Smith, John Lasseter et Steve Jobs jouent un rôle déterminant dans cette transformation.

Pixar commence comme une entreprise technologique développant notamment le Pixar Image Computer, des logiciels graphiques et des outils de rendu.

Ses courts métrages démontrent cependant rapidement que l’image de synthèse peut servir autre chose que la démonstration technique.

Luxo Jr., réalisé par John Lasseter en 1986, parvient à donner une personnalité et des émotions à deux simples lampes de bureau.

Deux ans plus tard, Tin Toy devient le premier film réalisé en images de synthèse à recevoir un Oscar.

Après plusieurs années de recherche, de courts métrages et de publicités, Pixar s’associe à Disney pour réaliser un projet sans précédent.

En 1995, Toy Story devient le premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse.

Le film transforme à la fois Pixar et l’industrie de l’animation.

Le studio développe ensuite une succession remarquable de créations originales et de franchises : Toy Story, A Bug’s Life, Monsters, Inc., Finding Nemo, The Incredibles, Cars, Ratatouille, WALL-E, Up, Brave, Inside Out, Coco, Soul, Luca, Turning Red ou encore Elemental.

Son influence ne se limite pas aux films.

Pixar développe également des technologies devenues importantes pour toute l’industrie, notamment RenderMan et Universal Scene Description, tout en faisant évoluer ses propres systèmes internes de production.

En 2006, après une longue relation de production et de distribution avec Disney, The Walt Disney Company acquiert Pixar.

Le studio conserve son identité, son campus d’Emeryville et une importante autonomie créative tout en rejoignant l’ensemble Disney.

En 2026, quarante ans après sa création officielle, Pixar reste l’un des studios d’animation les plus influents au monde.

Histoire

1979 — Les racines chez Lucasfilm

L’histoire de Pixar commence avant l’existence du nom Pixar.

En 1979, George Lucas recrute l’informaticien Ed Catmull pour diriger la Computer Division de Lucasfilm.

Catmull travaille depuis plusieurs années sur l’un de ses grands objectifs : parvenir à utiliser efficacement l’informatique pour créer des images destinées au cinéma.

La division doit développer plusieurs technologies nouvelles pour l’industrie, notamment le montage numérique, le son numérique, l’impression laser sur pellicule et les images générées par ordinateur.

Alvy Ray Smith rejoint ensuite l’équipe et dirige la recherche en informatique graphique.

Ce groupe rassemble progressivement ingénieurs, chercheurs et artistes convaincus que les ordinateurs peuvent devenir de véritables outils de création cinématographique.

Les premières images numériques

Au début des années 1980, l’équipe participe à plusieurs expérimentations importantes.

Elle réalise notamment la séquence dite Genesis Effect pour Star Trek II: The Wrath of Khan.

Cette séquence représente une planète se transformant grâce à une animation entièrement générée par ordinateur.

Le groupe contribue également à des travaux pour Young Sherlock Holmes, dont le chevalier de vitrail animé constitue une étape importante dans l’intégration d’un personnage numérique à une prise de vues réelle.

Ces expériences démontrent progressivement que l’informatique peut dépasser les graphiques abstraits pour entrer directement dans le langage du cinéma.

John Lasseter et l’animation de personnages

Au début des années 1980, John Lasseter, ancien animateur de Disney, commence à collaborer avec le groupe.

Son arrivée apporte une dimension essentielle.

Les ingénieurs savent produire des images numériques impressionnantes, mais Lasseter cherche à utiliser cette technologie pour créer de véritables personnages.

En 1984, l’équipe présente The Adventures of André & Wally B.

Le court métrage développe des personnages flexibles, des textures élaborées et des effets de mouvement encore rares dans l’image de synthèse.

Il représente l’une des premières démonstrations convaincantes de l’animation de personnages réalisée par l’équipe qui deviendra Pixar.

1986 — Pixar devient une entreprise indépendante

Au milieu des années 1980, George Lucas décide de vendre la division informatique.

Steve Jobs, qui vient de quitter Apple, rachète le groupe.

Le 3 février 1986, Pixar devient officiellement une société indépendante.

Environ quarante personnes travaillent alors dans l’entreprise.

Jobs devient l’un des principaux financiers et dirigeants de la nouvelle société tandis qu’Ed Catmull poursuit le développement de ses activités technologiques et créatives.

À cette époque, Pixar n’est pas encore principalement un studio de cinéma.

La société cherche notamment à commercialiser le Pixar Image Computer, une machine spécialisée dans le traitement d’images numériques.

1986 — Luxo Jr.

La même année, John Lasseter réalise Luxo Jr.

Le court métrage met en scène deux lampes de bureau, l’une grande et l’autre petite, interagissant autour d’une balle.

Sans visage ni paroles, les deux objets possèdent pourtant des personnalités immédiatement compréhensibles.

Cette simplicité constitue précisément la force du film.

Pixar démontre que l’ordinateur peut créer une émotion à partir du mouvement et de la mise en scène.

La petite lampe deviendra ensuite le symbole du studio et prendra la place du « I » dans le logo Pixar.

Une première collaboration avec Disney

Dès 1986, Pixar commence également à travailler avec Disney sur le Computer Animation Production System, généralement appelé CAPS.

Ce système informatique doit moderniser certaines étapes de la fabrication des films d’animation traditionnelle, notamment la coloration et la composition des images.

Disney devient ainsi l’un des premiers clients importants de Pixar après sa création.

Cette coopération technologique précède de plusieurs années la collaboration cinématographique qui donnera naissance à Toy Story.

1987-1988 — RenderMan et Tin Toy

Pixar poursuit ses recherches avec Red’s Dream puis Tin Toy.

Parallèlement, l’entreprise développe ses propres outils.

Son système d’animation interne prend forme tandis que le moteur de rendu RenderMan devient progressivement l’une de ses technologies les plus importantes.

En 1988, Tin Toy raconte la rencontre entre un jouet et un bébé particulièrement intimidant.

Le film remporte ensuite l’Oscar du meilleur court métrage d’animation.

Il devient le premier film réalisé en images de synthèse à obtenir un Oscar.

Cette récompense renforce considérablement la crédibilité artistique de Pixar.

1989 — RenderMan devient commercial

En 1989, Pixar commercialise la première version de RenderMan.

Le logiciel permet de calculer les images à partir des informations décrivant les objets, matériaux, lumières et caméras d’une scène numérique.

RenderMan dépassera rapidement le cadre des productions Pixar.

Il sera utilisé sur de nombreux films d’animation et d’effets visuels dans l’ensemble de l’industrie.

La même année, Pixar commence également à réaliser des publicités.

Ce travail commercial permet au studio de financer une partie de ses activités tout en donnant à ses artistes l’occasion de perfectionner rapidement leurs méthodes de production.

Andrew Stanton et Pete Docter

Au début des années 1990, Pixar recrute plusieurs créateurs qui joueront ensuite un rôle majeur dans son histoire.

Andrew Stanton et Pete Docter rejoignent notamment le studio.

Ils commencent par travailler sur des publicités et des projets courts.

Ces productions permettent aux jeunes équipes de développer leur capacité à construire une idée, raconter rapidement une histoire et travailler dans des délais réels de production.

Une grande partie de l’équipe créative des futurs longs métrages Pixar commence ainsi à se constituer.

1991 — L’accord avec Disney

En 1991, Disney et Pixar annoncent un accord pour réaliser et distribuer au moins un long métrage animé par ordinateur.

Le projet deviendra Toy Story.

L’ambition est immense.

Aucun studio n’a encore produit un long métrage entièrement animé en images de synthèse.

La technologie doit donc progresser en même temps que le film lui-même.

Mais Pixar comprend rapidement qu’une prouesse technique ne suffira pas.

Le film doit avant tout fonctionner comme une histoire.

Woody et Buzz

Le développement de Toy Story passe par de nombreuses transformations.

Les équipes imaginent un monde dans lequel les jouets prennent vie lorsque les humains ne les regardent pas.

Deux personnages finissent par structurer le récit : Woody, cowboy persuadé d’être le jouet préféré d’Andy, et Buzz Lightyear, nouveau jouet spatial convaincu d’être un véritable ranger de l’espace.

Leur rivalité devient progressivement une histoire d’amitié.

Cette importance accordée à la relation entre les personnages définit une grande partie de la méthode narrative future de Pixar.

1995 — Toy Story

Le 22 novembre 1995, Toy Story sort aux États-Unis.

Il s’agit du premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse.

La réussite technique est spectaculaire, mais le film est également salué pour ses personnages, son humour et son scénario.

Toy Story devient un succès mondial.

Il rapporte plus de 360 millions de dollars au box-office et installe immédiatement Pixar parmi les studios majeurs de l’animation.

John Lasseter reçoit un Oscar spécial pour son rôle dans la création du premier long métrage entièrement animé par ordinateur.

1995 — Pixar entre en Bourse

Quelques jours seulement après la sortie de Toy Story, Pixar réalise son introduction en Bourse.

L’opération a lieu le 28 novembre 1995.

Le succès financier est considérable.

Pixar passe ainsi d’une entreprise technologique régulièrement menacée par les difficultés financières à un studio disposant des moyens nécessaires pour envisager un véritable programme de longs métrages.

Steve Jobs, qui avait financé la société pendant plusieurs années, voit alors son investissement prendre une dimension complètement nouvelle.

1997 — Un nouvel accord avec Disney

Après le succès de Toy Story, Pixar et Disney renforcent leur partenariat.

En 1997, les deux entreprises concluent un nouvel accord portant sur plusieurs longs métrages réalisés sur une dizaine d’années.

Pixar produit les films tandis que Disney assure notamment leur financement et leur distribution selon les modalités de l’accord.

Cette association va donner naissance à une succession de succès qui transforme profondément l’animation américaine.

1998 — A Bug’s Life

A Bug’s Life sort en 1998.

Le film transporte l’action dans une colonie de fourmis menacée par des sauterelles.

Il permet à Pixar d’affronter des difficultés techniques très différentes de celles de Toy Story, notamment la représentation de vastes environnements naturels et de grandes quantités de personnages.

Le film confirme surtout que le succès du studio ne dépend pas uniquement de Woody et Buzz.

Pixar peut créer de nouveaux univers capables de trouver leur propre public.

1999 — Toy Story 2

Toy Story 2 sort en 1999.

Initialement pensé pour une diffusion directement en vidéo, le projet prend de l’ampleur et devient finalement un véritable long métrage destiné aux salles.

Le film développe la peur de Woody d’être abandonné lorsque son propriétaire grandira.

Cette réflexion sur le temps et la séparation enrichit considérablement l’univers du premier film.

Toy Story 2 devient un important succès critique et commercial.

Emeryville

À la fin des années 1990, Pixar commence la construction d’un nouveau campus à Emeryville, en Californie.

Le studio s’y installe au début des années 2000.

L’architecture du campus est pensée pour favoriser les rencontres entre artistes, techniciens, réalisateurs et autres équipes.

Le bâtiment principal devient progressivement l’un des symboles de la culture interne Pixar.

Le studio conserve encore aujourd’hui son implantation à Emeryville.

2001 — Monsters, Inc.

En 2001, Monsters, Inc. explore un monde dans lequel les monstres utilisent les cris des enfants comme source d’énergie.

Le film présente notamment Sulley et Mike Wazowski.

Techniquement, la fourrure de Sulley représente un défi important pour les équipes.

Narrativement, Pixar continue à partir d’un concept fantastique pour raconter une relation émotionnelle simple, ici entre Sulley et la jeune Boo.

Le succès du film confirme la capacité du studio à construire rapidement de nouvelles propriétés.

2003 — Finding Nemo

En 2003, Finding Nemo transporte Pixar dans un environnement marin.

Réalisé par Andrew Stanton, le film raconte la traversée de l’océan par Marlin, poisson-clown particulièrement protecteur, à la recherche de son fils Nemo.

Les artistes doivent développer de nouvelles méthodes pour représenter l’eau, les mouvements sous-marins, la lumière et la diversité des environnements océaniques.

Le film rencontre un immense succès et remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.

Nemo, Dory et plusieurs personnages secondaires deviennent rapidement emblématiques.

2004 — The Incredibles

Avec The Incredibles, Pixar confie pour la première fois la réalisation d’un long métrage à un cinéaste venu de l’extérieur du studio : Brad Bird.

Le film suit une famille de super-héros contrainte de vivre dans la normalité.

Son action spectaculaire s’accompagne d’une réflexion sur la famille, les responsabilités et l’identité.

Le film permet également à Pixar de progresser dans l’animation de personnages humains, de vêtements et de séquences d’action particulièrement complexes.

Des tensions avec Disney

Malgré les succès communs, les relations entre Pixar et Disney deviennent progressivement plus difficiles au début des années 2000.

Les deux sociétés discutent de la manière dont doivent être répartis les bénéfices, les droits et le contrôle des futurs films.

Steve Jobs envisage alors la possibilité pour Pixar de trouver un autre distributeur.

La situation change cependant profondément lorsque Bob Iger prend la direction de The Walt Disney Company en 2005.

Une nouvelle phase de négociations commence.

2006 — Cars

En 2006, Pixar sort Cars, réalisé par John Lasseter.

Le film imagine un monde entièrement peuplé de véhicules et suit la voiture de course Lightning McQueen.

Son succès dépasse rapidement le seul cinéma.

Cars devient l’une des propriétés les plus importantes de Pixar en matière de produits dérivés, attractions et extensions de franchise.

La même année marque surtout une transformation majeure de l’avenir du studio.

2006 — Disney acquiert Pixar

Le 24 janvier 2006, Disney annonce son intention d’acquérir Pixar pour environ 7,4 milliards de dollars en actions.

L’opération est finalisée le 5 mai 2006.

Pixar devient alors une société appartenant à The Walt Disney Company.

L’accord préserve cependant son identité et son implantation à Emeryville.

Ed Catmull prend la présidence de Pixar et de Walt Disney Animation Studios, tandis que John Lasseter devient Chief Creative Officer des deux studios d’animation.

Steve Jobs, alors principal actionnaire de Pixar, rejoint le conseil d’administration de Disney et devient l’un des plus importants actionnaires individuels du groupe.

Deux studios distincts

L’acquisition ne conduit pas à fusionner Pixar et Walt Disney Animation Studios en une seule entité créative.

Les deux studios conservent leurs équipes, leurs cultures et leurs productions distinctes.

Cette distinction joue un rôle important dans l’identité de Pixar.

Le studio peut profiter de la puissance de distribution et de l’écosystème Disney tout en conservant son propre fonctionnement créatif.

Le nom Disney·Pixar devient néanmoins étroitement associé aux sorties du studio.

2007 — Ratatouille

En 2007, Ratatouille, réalisé par Brad Bird, raconte l’histoire de Rémy, un rat passionné par la cuisine qui rêve de devenir chef à Paris.

L’idée paraît volontairement improbable.

Le film en fait pourtant une histoire sur la création, le talent et la possibilité de dépasser les attentes liées à ses origines.

Ratatouille remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.

Il devient également l’un des exemples les plus emblématiques de la capacité de Pixar à construire un film autour d’un concept inhabituel.

2008 — WALL-E

En 2008, WALL-E, réalisé par Andrew Stanton, pousse encore plus loin l’expérimentation.

Une grande partie du début du film repose sur très peu de dialogues.

Le petit robot chargé de nettoyer une Terre abandonnée exprime ses émotions principalement par ses mouvements, ses sons et son comportement.

Le film mêle romance, science-fiction et réflexion environnementale.

WALL-E remporte l’Oscar du meilleur film d’animation et s’impose comme l’une des œuvres les plus singulières du studio.

2009 — Up

En 2009, Up devient le premier film d’animation à ouvrir le Festival de Cannes.

Le film suit Carl Fredricksen, vieil homme qui attache des milliers de ballons à sa maison pour rejoindre l’Amérique du Sud, accompagné malgré lui du jeune Russell.

Sa célèbre séquence d’ouverture raconte en quelques minutes toute une vie commune entre Carl et Ellie.

Up devient également l’un des rares films d’animation nommés pour l’Oscar du meilleur film.

2010 — Toy Story 3

Toy Story 3 sort en 2010, quinze ans après le premier épisode.

Andy s’apprête désormais à quitter la maison pour l’université.

Les jouets doivent accepter la fin d’une époque et envisager leur propre avenir.

Le film transforme le vieillissement réel du public de Toy Story en élément narratif.

Il remporte l’Oscar du meilleur film d’animation et devient un immense succès mondial.

2012 — Brave et une nouvelle génération d’outils

En 2012, Pixar sort Brave.

Le film suit Merida, princesse écossaise déterminée à choisir elle-même son destin.

Brave marque aussi une importante évolution technologique interne.

Pixar abandonne progressivement son ancien système d’animation Menv, utilisé depuis les années 1980, au profit d’une nouvelle plateforme appelée Presto.

Le studio renouvelle ainsi profondément ses outils tout en conservant sa philosophie d’association entre art et technologie.

2015 — Inside Out

En 2015, Inside Out propose de représenter directement les émotions d’une jeune fille nommée Riley.

Joy, Sadness, Fear, Anger et Disgust deviennent des personnages évoluant à l’intérieur de son esprit.

Réalisé par Pete Docter, le film utilise un concept complexe pour explorer l’enfance, les souvenirs et le rôle des différentes émotions.

Son succès critique et public confirme la capacité de Pixar à transformer des idées abstraites en récits accessibles.

Le film remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.

2017 — Coco

En 2017, Coco plonge dans la culture mexicaine et les traditions liées au Día de Muertos.

Le jeune Miguel rêve de devenir musicien malgré l’interdiction de la musique dans sa famille.

Son voyage dans le monde des morts permet au film d’aborder la mémoire, la famille et la transmission entre les générations.

Coco rencontre un immense succès, particulièrement au Mexique.

Il remporte notamment l’Oscar du meilleur film d’animation.

2018 — Un changement de direction créative

En 2018, Pete Docter devient officiellement Chief Creative Officer de Pixar.

Réalisateur de Monsters, Inc., Up et Inside Out, il participe au studio depuis 1990.

Sa nomination ouvre une nouvelle période dans l’organisation créative de Pixar.

Le studio cherche progressivement à développer une nouvelle génération de réalisateurs et à diversifier davantage les voix derrière ses productions.

2018 — Incredibles 2

La même année, Incredibles 2 ramène la famille Parr quatorze ans après le premier film.

Le succès commercial est énorme.

Le film dépasse 1,2 milliard de dollars au box-office mondial.

Il montre également la force du catalogue Pixar, désormais capable d’alterner créations originales et suites attendues depuis de nombreuses années.

2019 — Toy Story 4 et le départ d’Ed Catmull

Toy Story 4 sort en 2019.

Le film poursuit l’histoire de Woody après le départ d’Andy et introduit notamment Forky.

Il remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.

La même année, Ed Catmull quitte définitivement Pixar après plusieurs décennies passées à construire et diriger le studio.

Son départ marque la fin d’une génération directement issue des origines technologiques de Pixar.

SparkShorts

Pixar lance également SparkShorts, programme permettant à de nouvelles voix créatives de réaliser des courts métrages avec des équipes et des méthodes de production plus légères.

Des œuvres comme Purl, Kitbull, Float ou Out permettent au studio d’expérimenter de nouveaux styles et sujets.

Le programme joue aussi un rôle dans l’identification de futurs réalisateurs et responsables créatifs.

2020 — Onward et la pandémie

Onward sort en mars 2020, quelques jours avant que la pandémie de Covid-19 ne provoque la fermeture massive des salles de cinéma.

Pixar doit rapidement adapter son organisation.

Les équipes commencent à travailler à distance alors qu’il reste encore plusieurs semaines de production sur Soul.

Malgré ces conditions exceptionnelles, le film est terminé dans les délais.

2020 — Soul

Soul, réalisé par Pete Docter et coréalisé par Kemp Powers, sort finalement sur Disney+ en décembre 2020.

Le film suit Joe Gardner, professeur de musique et pianiste de jazz dont l’existence bascule au moment où il croit enfin atteindre son rêve.

Soul traite de vocation, de passion et du sens donné à une vie ordinaire.

Il remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.

2021-2022 — Luca, Turning Red et Disney+

La période suivante voit plusieurs films Pixar sortir directement sur Disney+ dans de nombreux territoires.

Luca paraît en 2021.

Turning Red, réalisé par Domee Shi, arrive en 2022.

Ces productions développent des univers plus intimistes et très liés à l’enfance, à l’amitié, aux familles et aux expériences personnelles de leurs réalisateurs.

La stratégie de diffusion provoque cependant aussi des interrogations sur la place de Pixar en salles.

Lightyear

En 2022, Pixar revient au cinéma avec Lightyear.

Le film réinterprète Buzz Lightyear non comme le jouet de Toy Story, mais comme le héros de science-fiction ayant inspiré ce jouet dans l’univers de la franchise.

Cette approche volontairement différente divise davantage le public que plusieurs productions précédentes.

Elle illustre néanmoins la volonté du studio d’explorer ses propriétés connues sous des angles nouveaux.

2023 — Elemental

En 2023, Elemental, réalisé par Peter Sohn, présente une ville où cohabitent des habitants associés au feu, à l’eau, à l’air et à la terre.

Le film repose notamment sur la relation entre Ember et Wade.

Après un démarrage relativement discret au box-office, il bénéficie d’une forte progression au fil des semaines.

Le projet possède également une dimension personnelle importante pour Peter Sohn, inspiré en partie par l’expérience migratoire de sa famille.

OpenUSD et la technologie Pixar

La technologie reste parallèlement un élément central de l’identité du studio.

Pixar développe notamment Universal Scene Description, généralement abrégé en USD ou OpenUSD.

Cette technologie permet à différents logiciels et équipes de partager plus efficacement des données décrivant des scènes 3D complexes.

En 2023, Pixar rejoint Adobe, Apple, Autodesk et NVIDIA pour créer l’Alliance for OpenUSD, destinée à favoriser la standardisation et le développement de cette technologie.

En 2024, l’Academy distingue le travail ayant permis sa création par un Science and Engineering Award.

2024 — Inside Out 2

En 2024, Pixar retourne dans l’esprit de Riley avec Inside Out 2.

L’adolescence introduit de nouvelles émotions, notamment Anxiety.

Le film devient un phénomène mondial.

Il dépasse très largement le milliard de dollars de recettes et devient alors le plus grand succès commercial de l’histoire de Pixar.

Son triomphe confirme également la puissance des grandes propriétés historiques du studio.

Les séries Pixar

Pixar élargit progressivement son activité à des formats plus longs destinés à Disney+.

En décembre 2024, Dream Productions développe l’univers d’Inside Out sous forme de série limitée.

En 2025, Win or Lose devient la première série originale longue de Pixar.

Elle suit différents membres d’une équipe de softball pendant la semaine précédant un match important, chaque épisode adoptant un point de vue différent.

Le studio explore ainsi davantage la narration sérielle en parallèle de ses longs métrages.

2025 — Elio

En 2025, Pixar sort Elio.

Le film suit un jeune garçon passionné par l’espace qui rêve d’être enlevé par des extraterrestres et se retrouve accidentellement présenté comme représentant de la Terre auprès d’une communauté intergalactique.

Réalisé par Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina, le film permet au studio de revenir à un univers original de science-fiction après plusieurs années où créations nouvelles et franchises se sont alternées.

RenderMan 27

En 2025, Pixar poursuit également le développement de RenderMan avec la version 27.

Cette nouvelle génération donne notamment une place beaucoup plus importante au moteur XPU, capable d’exploiter conjointement processeurs et cartes graphiques pour le rendu final.

Près de quatre décennies après ses premières versions, RenderMan reste ainsi un outil actif de production et de recherche.

La technologie demeure profondément liée à la culture du studio.

2026 — Hoppers

En mars 2026, Pixar sort Hoppers, réalisé par Daniel Chong.

Le film suit Mabel, une jeune passionnée d’animaux qui utilise une technologie permettant de transférer sa conscience dans un castor robotique afin de communiquer avec la faune.

Le projet combine comédie, technologie et observation du monde animal.

Il illustre la volonté de Pixar de continuer à développer des univers originaux parallèlement à ses franchises historiques.

2026 — Toy Story 5

Le 19 juin 2026, Pixar revient à la franchise qui a lancé son histoire avec Toy Story 5.

Réalisé par Andrew Stanton avec Kenna Harris, le film confronte les jouets à une nouvelle question : quelle place leur reste-t-il lorsque les enfants consacrent une part croissante de leur attention aux écrans ?

Woody, Buzz, Jessie et leurs compagnons se retrouvent ainsi face à Lilypad, une tablette devenue un nouveau centre d’intérêt pour Bonnie.

Le film connaît un lancement particulièrement important puis dépasse 1,1 milliard de dollars de recettes mondiales.

Plus de trente ans après le premier Toy Story, la franchise démontre ainsi qu’elle reste l’un des piliers majeurs de Pixar.

2026 — Quarante ans de Pixar

L’année 2026 marque également les 40 ans de Pixar en tant qu’entreprise indépendante.

Le studio a parcouru un chemin exceptionnel depuis les quelque quarante employés de 1986.

Il est passé de la commercialisation d’ordinateurs spécialisés et de logiciels graphiques à la création de certains des films d’animation les plus célèbres de l’histoire.

Sa culture conserve néanmoins le même principe fondamental : faire travailler ensemble artistes et techniciens plutôt que considérer technologie et narration comme deux activités séparées.

Une direction renouvelée

En 2026, Jim Morris occupe la fonction de président de Pixar Animation Studios.

Pete Docter demeure Chief Creative Officer.

Autour d’eux, plusieurs réalisateurs et responsables issus de différentes générations participent au développement créatif du studio, parmi lesquels Andrew Stanton, Domee Shi et Peter Sohn.

Pixar prépare ainsi son avenir en combinant ses franchises historiques, de nouvelles créations et l’évolution continue de ses technologies.

Ce qui le distingue

La rencontre entre art et technologie

Pixar est né d’un groupe de chercheurs et ingénieurs avant de devenir un studio de cinéma.

Cette origine reste fondamentale.

Le studio ne considère pas la technologie comme un simple outil acheté à l’extérieur, mais comme un domaine de création en lui-même.

RenderMan, les systèmes d’animation internes et OpenUSD témoignent de cette culture.

Mais l’objectif reste toujours de mettre ces innovations au service des artistes et du récit.

Toy Story et une rupture historique

Toy Story ne constitue pas seulement le premier succès de Pixar.

Il représente une étape majeure de l’histoire du cinéma d’animation.

En démontrant qu’un long métrage entièrement produit en images de synthèse pouvait fonctionner à la fois techniquement, artistiquement et commercialement, Pixar contribue à transformer l’ensemble de l’industrie.

La généralisation de l’animation 3D au cours des décennies suivantes doit beaucoup à cette réussite.

Des idées simples derrière des mondes extraordinaires

Les films Pixar reposent souvent sur des concepts immédiatement compréhensibles.

Que font les jouets lorsque les humains quittent une pièce ?

Et si les monstres faisaient peur aux enfants pour produire de l’énergie ?

Que se passe-t-il dans notre esprit lorsque nous ressentons une émotion ?

Que devient un robot laissé seul sur Terre ?

Ces idées servent ensuite de point de départ à des histoires centrées sur des relations humaines universelles : amitié, famille, peur de perdre quelqu’un, vieillissement, vocation, mémoire ou transmission.

Des personnages imparfaits

Pixar privilégie rarement les héros déjà accomplis.

Woody est jaloux de Buzz.

Marlin doit apprendre à laisser grandir Nemo.

Mr. Incredible reste prisonnier de sa nostalgie.

Lightning McQueen pense d’abord uniquement à la victoire.

Joy refuse la tristesse.

Miguel doit comprendre l’histoire de sa famille.

Cette imperfection donne aux personnages un véritable parcours intérieur et permet aux récits de fonctionner au-delà de leur univers fantastique.

Une culture du court métrage

Les courts métrages jouent un rôle essentiel dans l’histoire de Pixar.

Luxo Jr., Tin Toy, Geri’s Game, For the Birds, Piper ou Bao permettent d’expérimenter des technologies, des styles visuels et de nouvelles formes narratives.

Ils servent également de terrain d’apprentissage pour de nouveaux réalisateurs.

Cette tradition précède même Toy Story et demeure l’un des éléments les plus caractéristiques du studio.

Des outils utilisés au-delà de Pixar

L’influence technique de Pixar dépasse largement ses propres films.

RenderMan est utilisé depuis des décennies dans l’animation et les effets visuels.

OpenUSD est devenu une technologie importante pour l’échange et l’organisation de scènes 3D complexes.

Le studio participe ainsi directement au développement d’outils qui peuvent être utilisés par d’autres créateurs et entreprises.

Une identité préservée au sein de Disney

Depuis 2006, Pixar appartient à The Walt Disney Company.

Le studio conserve néanmoins une identité distincte de Walt Disney Animation Studios.

Il possède son propre campus, ses propres équipes, sa direction créative et son histoire.

Cette distinction permet à Disney de disposer de deux grands studios d’animation capables de développer des approches différentes plutôt que de les réunir sous une seule structure créative.

À savoir

  • Pixar Animation Studios est officiellement fondé le 3 février 1986.
  • Ses origines remontent à 1979, lorsque George Lucas recrute Ed Catmull pour diriger la Computer Division de Lucasfilm.
  • Alvy Ray Smith rejoint ensuite la division et joue un rôle important dans le développement de l’informatique graphique.
  • La future équipe Pixar participe à la séquence Genesis Effect de Star Trek II: The Wrath of Khan.
  • John Lasseter rejoint l’équipe avant la création officielle de Pixar et contribue à développer l’animation de personnages en images de synthèse.
  • Steve Jobs rachète la Computer Division de Lucasfilm en 1986 et la transforme en société indépendante.
  • Pixar compte alors environ 40 employés.
  • Luxo Jr. sort en 1986 et la petite lampe devient ensuite l’emblème du studio.
  • Pixar collabore dès 1986 avec Disney sur le système numérique CAPS.
  • Tin Toy devient le premier film en images de synthèse à recevoir un Oscar.
  • La première version commerciale de RenderMan est lancée en 1989.
  • Andrew Stanton et Pete Docter rejoignent Pixar au début des années 1990.
  • Disney et Pixar concluent en 1991 un accord pour développer un long métrage en images de synthèse.
  • Toy Story sort le 22 novembre 1995.
  • Il s’agit du premier long métrage entièrement animé en images de synthèse.
  • Pixar réalise son introduction en Bourse le 28 novembre 1995.
  • A Bug’s Life sort en 1998.
  • Toy Story 2 sort en 1999.
  • Pixar s’installe sur son campus d’Emeryville, Californie, au début des années 2000.
  • Monsters, Inc. sort en 2001.
  • Finding Nemo sort en 2003 et remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.
  • The Incredibles sort en 2004.
  • Cars sort en 2006 et devient une franchise majeure au-delà du cinéma.
  • Disney annonce en janvier 2006 l’acquisition de Pixar pour environ 7,4 milliards de dollars en actions.
  • L’acquisition est finalisée le 5 mai 2006.
  • Pixar et Walt Disney Animation Studios restent deux studios créativement distincts.
  • Ratatouille sort en 2007.
  • WALL-E sort en 2008.
  • Up devient en 2009 le premier film d’animation à ouvrir le Festival de Cannes.
  • Toy Story 3 sort en 2010 et remporte l’Oscar du meilleur film d’animation.
  • Brave inaugure en 2012 l’utilisation du nouveau système d’animation interne Presto.
  • Inside Out sort en 2015.
  • Coco sort en 2017 et connaît notamment un immense succès au Mexique.
  • Pete Docter devient Chief Creative Officer de Pixar en 2018.
  • Incredibles 2 dépasse 1,2 milliard de dollars de recettes mondiales.
  • Ed Catmull quitte Pixar en 2019.
  • Le programme SparkShorts offre un espace d’expérimentation à de nouvelles voix créatives.
  • Soul est finalisé à distance pendant la pandémie de 2020 et sort sur Disney+.
  • Luca sort en 2021 et Turning Red en 2022.
  • Pixar fait partie des membres fondateurs de l’Alliance for OpenUSD créée en 2023.
  • Inside Out 2 devient en 2024 le plus grand succès commercial de Pixar à cette date.
  • Win or Lose, sorti en 2025, est la première série originale longue du studio.
  • Elio sort en 2025.
  • RenderMan 27 introduit une nouvelle étape importante dans le développement du moteur XPU.
  • Hoppers sort en mars 2026.
  • Toy Story 5 sort le 19 juin 2026 et dépasse 1,1 milliard de dollars au box-office mondial.
  • Pixar célèbre ses 40 ans en 2026.
  • En 2026, Jim Morris est président de Pixar Animation Studios et Pete Docter en est le Chief Creative Officer.
  • Pixar reste une composante de The Walt Disney Company, tout en conservant sa propre identité créative et son campus d’Emeryville.