Présentation
The Witcher 3: Wild Hunt possède un monde immense, mais sa taille explique moins sa réussite que les histoires qu’il parvient à faire vivre à l’intérieur.
Un contrat peut commencer par une demande très simple : identifier une créature et l’éliminer. Pourtant, le commanditaire cache parfois quelque chose, la victime n’était pas forcément innocente ou le monstre possède une histoire suffisamment complexe pour rendre la solution évidente beaucoup moins confortable.
Cette écriture donne une fonction réelle aux différentes régions. Velen porte les traces de la guerre dans ses villages et ses marécages. Novigrad développe des tensions politiques, religieuses et urbaines. Skellige change encore de ton avec ses îles et ses traditions claniques.
Le monde ouvert ne sert donc pas uniquement à séparer les quêtes par plusieurs kilomètres. Les territoires donnent un contexte aux personnes que Geralt rencontre.
Son métier de sorceleur structure naturellement une partie du gameplay. Les sens de sorceleur permettent de rechercher des indices, tandis que le bestiaire, les huiles, potions, bombes et Signes donnent une place à la préparation.
Comprendre ce que l’on chasse peut parfois compter autant que manier correctement une épée.
Le combat reste pourtant plus fonctionnel qu’exceptionnel. The Witcher 3 trouve sa véritable force ailleurs : dans les situations où les connaissances professionnelles de Geralt deviennent insuffisantes parce que le problème n’est finalement plus le monstre.
Les décisions jouent alors un rôle essentiel. Elles sont rarement présentées comme une opposition claire entre bonne et mauvaise réponse, et leurs conséquences peuvent apparaître bien après le moment où le joueur pensait avoir résolu le problème.
Ce qu'il faut retenir
- Geralt recherche Ciri, sa fille adoptive, traquée par la Chasse Sauvage.
- Le monde ouvert est profondément lié à la narration, chaque grande région possédant ses propres conflits et atmosphères.
- Les quêtes secondaires constituent l’une des principales forces du jeu, avec des histoires capables de dépasser largement leur point de départ.
- Les décisions proposent rarement une solution moralement évidente, et certaines conséquences n’apparaissent que beaucoup plus tard.
- Le métier de sorceleur structure l’exploration et le combat, à travers enquêtes, bestiaire, alchimie et préparation.
- Hearts of Stone et Blood and Wine prolongent largement l’aventure, avec deux histoires et tonalités très différentes.
Avis PANACHES
La principale réussite de The Witcher 3 n’est probablement pas sa gigantesque quête principale.
Ce sont toutes les histoires qui auraient pu être secondaires et qui refusent de le rester.
Un contrat de monstre peut finir par parler de pauvreté, de vengeance ou de superstition. Une personne rencontrée pendant quelques minutes peut revenir plusieurs dizaines d’heures plus tard. Une décision prise sans lui accorder énormément d’importance peut produire une conséquence dont le joueur avait presque oublié l’origine.
Cette continuité donne au monde une impression de vie que la taille seule n’aurait jamais pu produire.
Velen en est probablement l’un des meilleurs exemples. La guerre n’existe pas seulement dans les conversations politiques. Elle apparaît dans les villages détruits, les routes dangereuses, les réfugiés et ceux qui essaient simplement de profiter du chaos.
Geralt lui-même fonctionne parfaitement dans cet environnement.
Il sait reconnaître les monstres.
Les humains lui posent davantage de problèmes.
Cette différence donne tout son intérêt aux meilleurs choix du jeu. Une créature possède souvent des comportements que l’on peut étudier. Une personne peut mentir, avoir raison pour de mauvaises raisons ou commettre quelque chose de terrible en pensant sincèrement ne pas avoir d’autre choix.
The Witcher 3 évite donc souvent de transformer Geralt en héros chargé de réparer méthodiquement le monde.
Il reste un professionnel qui accepte un contrat puis découvre régulièrement que le véritable problème commence exactement au moment où le monstre cesse d’en être un.
Tout n’a pas vieilli avec la même élégance. Les sens de sorceleur deviennent répétitifs, la carte peut être encombrée et certains points d’intérêt donnent davantage l’impression de remplir l’espace que de raconter quelque chose.
Le combat reste lui aussi correct plutôt qu’extraordinaire.
Mais ces faiblesses révèlent presque par contraste la qualité essentielle du jeu : on continue rarement une quête uniquement pour obtenir davantage d’expérience ou une meilleure épée. On veut savoir comment l’histoire va finir.
Les extensions renforcent encore cette force. Hearts of Stone resserre son récit autour des promesses et de leurs conséquences, tandis que Blood and Wine ouvre Toussaint, région lumineuse et chevaleresque dont la beauté ne fait jamais complètement disparaître la noirceur de cet univers.
Plusieurs années après sa sortie, The Witcher 3 reste donc remarquable moins parce qu’il proposait énormément de contenu que parce qu’il parvenait régulièrement à donner une raison de s’en souvenir.
Un grand monde ouvert peut impressionner par sa taille. Celui de The Witcher 3 marque surtout parce que beaucoup de ses lieux ressemblent encore à des endroits où quelque chose nous est réellement arrivé.
À savoir
- The Witcher 3: Wild Hunt est sorti le 19 mai 2015 sur PC, PlayStation 4 et Xbox One.
- Le jeu est développé par CD Projekt RED.
- L’univers est basé sur le monde créé par l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski, tout en racontant une histoire développée spécifiquement pour la série vidéoludique.
- Le jeu utilise REDengine 3.
- Deux grandes extensions ont considérablement prolongé l’aventure : Hearts of Stone et Blood and Wine.
- The Witcher 3 a ensuite connu plusieurs nouvelles éditions et adaptations sur d’autres générations de plateformes.