Présentation
Ki-oon est une maison d’édition française spécialisée dans le manga, créée en 2004 par Ahmed Agne et Cécile Pournin.
Son histoire commence cependant quelques mois plus tôt.
Le projet prend forme en 2003, année durant laquelle les deux fondateurs préparent leur future activité éditoriale et créent la structure juridique AC Media.
Ki-oon elle-même retient néanmoins 2004 comme son année de naissance : c’est à cette date que paraît sa première série, Element Line de Mamiya Takizaki, et c’est sur cette base que la maison a célébré ses vingt ans en 2024.
Cette distinction est importante pour PANACHES CULTURE.
2003 correspond à la naissance du projet et de la société qui le porte ; 2004 à la création éditoriale effective de Ki-oon.
À ses débuts, la maison évolue dans un marché français du manga déjà en développement mais dominé par des éditeurs disposant de catalogues japonais importants.
Ahmed Agne et Cécile Pournin choisissent pourtant une approche différente.
Tous deux parlent japonais et se rendent directement au Japon pour rechercher des œuvres, rencontrer des auteurs et construire leurs relations éditoriales.
Leur intérêt initial se porte notamment sur des mangas de fantasy, science-fiction, suspense et seinen, à une période où une grande partie du marché français reste fortement structurée autour des grands shōnen déjà installés.
Cette orientation apparaît immédiatement avec Element Line.
La série n’est pas simplement achetée comme une licence déjà constituée auprès d’un grand éditeur japonais.
Ki-oon la développe directement avec son autrice, Mamiya Takizaki.
La même logique est appliquée à Duds Hunt de Tetsuya Tsutsui, publié en France dès octobre 2004.
Cette relation directe avec les créateurs devient progressivement l’une des particularités essentielles de la maison.
Ki-oon fonctionne en réalité selon deux grands modèles complémentaires.
Le premier est celui de l’édition française sous licence.
La maison acquiert auprès d’éditeurs et d’ayants droit japonais la possibilité de traduire et publier en français des mangas déjà édités au Japon.
C’est le cas de séries comme Übel Blatt, PandoraHearts, Bride Stories, A Silent Voice, My Hero Academia, Beastars, Jujutsu Kaisen, Les Carnets de l’apothicaire ou Frieren.
Dans ces situations, Ki-oon est l’éditeur français, et non l’éditeur japonais d’origine.
My Hero Academia, par exemple, est une œuvre de Kohei Horikoshi publiée au Japon par Shueisha.
Ki-oon en assure l’édition française à partir de 2016.
Les Carnets de l’apothicaire provient de l’environnement éditorial japonais de Square Enix pour l’adaptation manga publiée par Ki-oon.
Frieren est une œuvre publiée au Japon par Shogakukan.
Cette attribution précise est essentielle pour PANACHES CULTURE : publier une traduction française ne transforme pas Ki-oon en éditeur d’origine de l’œuvre.
Le second modèle est beaucoup plus inhabituel pour un éditeur français de manga.
Ki-oon développe elle-même des créations originales directement avec leurs auteurs.
Cette politique est présente dès les débuts avec Element Line et Duds Hunt, mais prend progressivement une importance beaucoup plus forte.
Tetsuya Tsutsui devient l’un des auteurs les plus emblématiques de cette démarche.
Après les premières collaborations, Ki-oon développe directement avec lui Prophecy, publié à partir de 2012.
Le thriller met en scène un mystérieux justicier masqué utilisant les réseaux sociaux pour annoncer ses futures actions.
L’œuvre est conçue avec Ki-oon avant d’être ensuite publiée dans d’autres pays, y compris au Japon.
En 2015, Tsutsui poursuit cette collaboration avec Poison City, consacré à la censure et à la liberté d’expression.
La situation inverse alors le modèle traditionnel de licence.
Au lieu qu’une œuvre soit d’abord créée pour un éditeur japonais puis achetée par un éditeur français, Ki-oon devient elle-même l’éditeur à l’origine du projet, avant que celui-ci puisse être licencié à l’étranger.
Cette stratégie conduit la maison à créer un bureau à Tokyo.
Il lui permet de travailler directement avec des mangakas japonais, de suivre les projets localement et de développer de nouvelles séries selon un fonctionnement plus proche de celui d’une rédaction japonaise.
Des œuvres comme Tsugumi Project d’ippatu, Léviathan de Shiro Kuroi ou différentes autres créations originales naissent de cette politique.
Certaines sont ensuite acquises par des éditeurs japonais et publiées au Japon.
Cette circulation constitue une particularité importante : Ki-oon n’est plus uniquement un intermédiaire permettant au manga japonais d’arriver en France.
La maison peut aussi devenir le point de départ éditorial d’un manga créé avec un auteur japonais puis exporté vers son propre pays d’origine.
En parallèle, Ki-oon construit progressivement un catalogue de licences suffisamment large pour couvrir de nombreux publics.
La fantasy sombre de Übel Blatt, publiée en France à partir de 2007, devient l’un de ses premiers titres particulièrement identifiables.
Jusqu’à ce que la mort nous sépare rejoint le catalogue en 2008.
PandoraHearts arrive en 2010.
Bride Stories de Kaoru Mori est publié à partir de 2011.
La maison développe ainsi une réputation autour d’œuvres dont la qualité graphique, la construction d’univers ou le positionnement éditorial permettent d’exister durablement au-delà de leur lancement.
Au milieu des années 2010, Ki-oon change cependant d’échelle.
A Silent Voice de Yoshitoki Oima arrive en France en 2015.
La série aborde le harcèlement scolaire, le handicap, la culpabilité et la reconstruction personnelle dans un format très différent des grandes sagas d’action.
Puis, en 2016, Ki-oon obtient la licence française de My Hero Academia de Kohei Horikoshi.
Les deux premiers tomes sortent simultanément le 14 avril.
La série devient rapidement l’un des grands succès de la maison et place Ki-oon beaucoup plus directement au cœur du marché du shōnen grand public.
Ce succès ne conduit pourtant pas l’éditeur à abandonner les titres plus ciblés.
La même année, Ki-oon publie Outlaw Players de Shonen, présenté comme sa première création française.
La série est développée directement avec l’auteur et bénéficie même d’une bande-annonce animée produite avec le studio japonais GONZO.
Cette étape montre que la politique de création originale ne se limite plus aux auteurs japonais.
Ki-oon cherche aussi à accompagner des créateurs français capables de travailler dans un langage graphique directement influencé par le manga.
En 2018, cette politique devient encore plus visible.
La maison annonce plusieurs créations développées directement par ses équipes : Noise, Momo et le messager du Soleil, Beyond the Clouds, Lost Children et Sous un ciel nouveau.
Elle accompagne ces nouveautés avec le Ki-oon Mag, magazine gratuit inspiré du principe japonais de prépublication et proposant les premiers chapitres de plusieurs créations maison.
Le projet ne vise pas à remplacer les magazines japonais.
Il sert plutôt à présenter simultanément plusieurs œuvres originales, à montrer leur processus de création et à établir un lien direct avec les lecteurs avant leur publication en volumes.
Ki-oon répétera ensuite cette formule.
En parallèle, les grandes licences continuent de renforcer le catalogue.
Beastars de Paru Itagaki paraît en France à partir de 2019.
En février 2020, Ki-oon publie le premier tome de Jujutsu Kaisen de Gege Akutami.
Le manga, issu de Weekly Shonen Jump et publié au Japon par Shueisha, devient l’un des nouveaux grands succès internationaux de la décennie.
Sa progression en France, renforcée par l’adaptation animée, en fait à son tour l’une des principales séries du catalogue Ki-oon.
En 2021, la maison lance Les Carnets de l’apothicaire, adaptation manga de l’œuvre de Natsu Hyuuga dessinée par Nekokurage sur un scénario adapté par Itsuki Nanao.
La série trouve progressivement un public particulièrement large grâce à son mélange d’enquête, de médecine, de politique de cour et de portrait de personnage.
En 2022, Frieren de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe rejoint à son tour le catalogue français de Ki-oon.
Ces titres participent à une évolution du catalogue.
Ki-oon n’est plus seulement associée aux thrillers, à la fantasy sombre ou aux séries shōnen.
Elle publie également récits historiques, œuvres contemplatives, fantasy, romance, drame, manga jeunesse, seinen, shōjo et adaptations littéraires.
Le catalogue actuel comprend notamment Les Carnets de l’apothicaire, Jujutsu Kaisen, My Hero Academia, Frieren, Bride Stories, Golden Kamui, PandoraHearts, A Silent Voice, Beastars, Akane-banashi ainsi que de nombreuses séries plus spécialisées.
Cette diversité ne signifie pas que Ki-oon publie indistinctement tout type de manga.
La maison conserve une politique de sélection relativement resserrée comparée à certains catalogues industriels très vastes.
Ahmed Agne indiquait encore au début des années 2020 que la production annuelle était maintenue autour de 110 à 115 titres, avec une volonté de renforcer plutôt les équipes éditoriales, notamment au Japon, que de multiplier mécaniquement les sorties.
Cette maîtrise du volume fait partie du modèle développé par la maison.
Ki-oon travaille aussi beaucoup sur la présentation matérielle et promotionnelle de ses œuvres.
Éditions collector, coffrets, rééditions, perfect editions, shikishi, expositions, invitations d’auteurs, bandes-annonces et opérations en librairie accompagnent régulièrement le catalogue.
Pour son dixième anniversaire en 2014, la maison commande par exemple des illustrations originales à plusieurs auteurs de son catalogue.
Pour ses vingt ans en 2024, elle organise de nouvelles opérations autour de séries comme My Hero Academia, Jujutsu Kaisen, Frieren, Les Carnets de l’apothicaire, Akane-banashi ou Les Chefs-d’œuvre de Lovecraft.
Cette attention à l’objet imprimé reste importante même lorsque le marché du manga se numérise.
En 2026, Ki-oon demeure une marque éditoriale active exploitée par AC Media.
La société juridique porte également d’autres marques, notamment Lumen et Mana Books.
Ces entités ne doivent pas être confondues.
Ki-oon est la marque éditoriale manga. Lumen et Mana Books possèdent leurs propres lignes et leurs propres catalogues.
Ahmed Agne et Cécile Pournin restent liés à la direction de la structure qu’ils ont fondée.
Plus de vingt ans après Element Line, Ki-oon occupe donc une position singulière dans l’édition française du manga : une maison née comme spécialiste indépendant de niche, devenue éditrice française de plusieurs franchises mondiales tout en conservant une activité de création originale capable de fonctionner dans le sens inverse du marché traditionnel, de la France vers le Japon.
Histoire
2003 : Ahmed Agne et Cécile Pournin préparent Ki-oon
Le projet Ki-oon prend forme en mars 2003 autour d’Ahmed Agne et Cécile Pournin.
Tous deux sont lecteurs de manga et parlent japonais.
Ils souhaitent créer une maison capable d’aller chercher elle-même ses œuvres au Japon plutôt que de dépendre uniquement des licences les plus visibles proposées sur le marché international.
La structure juridique AC Media est créée durant la même année.
Les deux fondateurs se rendent notamment au Japon et explorent le milieu des dōjinshi, publications autoéditées qui permettent de découvrir des créateurs en dehors des circuits classiques des grandes maisons.
Cette recherche les conduit vers les premiers auteurs du futur catalogue.
2004 : Element Line donne naissance à Ki-oon
Ki-oon retient 2004 comme année officielle de création.
Sa première série est Element Line de Mamiya Takizaki.
Le projet illustre immédiatement la démarche particulière des fondateurs.
Ki-oon ne se contente pas d’acquérir une licence française classique.
La série est développée directement avec son autrice.
Cette relation éditoriale rapproche davantage Ki-oon d’un éditeur créateur de projet que d’un simple acheteur de droits étrangers.
2004 : Duds Hunt inaugure une longue relation avec Tetsuya Tsutsui
Le 14 octobre 2004, Ki-oon publie Duds Hunt de Tetsuya Tsutsui.
Le thriller met en place une relation durable entre l’auteur japonais et la jeune maison française.
Ki-oon publiera ensuite plusieurs de ses œuvres, notamment Reset, Manhole, Prophecy, Poison City, Noise et Neeting Life.
Tsutsui devient l’un des meilleurs exemples de la politique éditoriale de Ki-oon : un auteur que la maison ne se contente pas d’importer, mais avec lequel elle développe directement plusieurs projets.
2007 : Übel Blatt renforce l’identité fantasy
En 2007, Ki-oon publie en France Übel Blatt d’Etorouji Shiono.
La dark fantasy occupe déjà une place importante dans les goûts éditoriaux de la maison.
Avec son univers violent, ses conflits politiques et son long récit de vengeance, Übel Blatt devient l’un des titres particulièrement identifiables des premières années du catalogue.
La série contribue à installer Ki-oon auprès d’un lectorat recherchant des mangas d’imaginaire plus sombres.
2008 : Jusqu’à ce que la mort nous sépare
En 2008, Ki-oon lance la publication française de Jusqu’à ce que la mort nous sépare, écrit par Hiroshi Takashige et dessiné par DOUBLE-S.
Le thriller d’action mêle anticipation technologique, combat et protection d’une jeune fille capable de percevoir l’avenir.
Avec 26 volumes, la série accompagne durablement la croissance du catalogue.
Elle montre également que Ki-oon commence à pouvoir soutenir des séries longues et régulières, au-delà des premiers one-shots et cycles plus courts.
2010 : PandoraHearts développe une communauté durable
En 2010, PandoraHearts de Jun Mochizuki arrive en France.
Son univers mêle fantasy, références à Alice au pays des merveilles, mystère et esthétique gothique.
La série construit progressivement une importante communauté de lecteurs français.
Ki-oon indique qu’elle atteint plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus en France.
La relation avec Jun Mochizuki se poursuivra ensuite avec Les Mémoires de Vanitas et de nouvelles éditions patrimoniales de PandoraHearts.
2011 : Bride Stories confirme l’ouverture du catalogue
En 2011, Ki-oon publie le premier tome de Bride Stories de Kaoru Mori.
L’œuvre se déroule en Asie centrale au XIXe siècle et accorde une attention particulière aux traditions, costumes, relations familiales et modes de vie.
Son rythme et son approche graphique se situent très loin de l’action des grands shōnen ou de la dark fantasy des débuts de Ki-oon.
Cette publication montre que la maison élargit progressivement son identité au-delà des genres qui l’avaient fait connaître.
2012 : Prophecy inverse le modèle traditionnel de licence
En 2012, Ki-oon publie Prophecy de Tetsuya Tsutsui.
Cette fois, l’œuvre est développée directement avec les éditions Ki-oon.
Le projet constitue une étape importante.
Un éditeur français travaille avec un auteur japonais à la création d’un manga original, puis cette œuvre est capable d’être licenciée à son tour dans d’autres territoires.
Ki-oon n’agit plus uniquement comme porte d’entrée française pour une production japonaise existante.
Elle devient productrice éditoriale d’un manga pouvant ensuite circuler internationalement.
2014 : dix ans et affirmation d’un catalogue propre
En 2014, Ki-oon célèbre son dixième anniversaire.
La maison organise notamment une série de shikishi originaux réalisés par plusieurs auteurs emblématiques de son catalogue pour le public français.
Cette année voit également l’arrivée de Erased de Kei Sanbe.
Le thriller autour du temps, du meurtre et de l’enfance trouve rapidement un public important et sera ensuite renforcé par son adaptation animée.
Le dixième anniversaire marque ainsi le passage d’une jeune maison spécialisée à un éditeur possédant déjà un véritable fonds.
2015 : A Silent Voice et Poison City élargissent les registres
En 2015, Ki-oon publie A Silent Voice de Yoshitoki Oima.
La série aborde le harcèlement, le handicap auditif, l’isolement et la culpabilité.
Son succès montre qu’un manga au sujet contemporain et intimiste peut devenir un titre majeur du catalogue.
La même année, Tetsuya Tsutsui revient avec Poison City, nouvelle création développée autour de la censure et de la liberté d’expression.
Ces deux œuvres illustrent deux dimensions complémentaires de Ki-oon : sélectionner au Japon des titres capables de toucher un large public français et développer directement ses propres projets avec des auteurs.
2016 : My Hero Academia change l’échelle de la maison
Le 14 avril 2016, Ki-oon publie simultanément les deux premiers volumes de My Hero Academia de Kohei Horikoshi.
La série est alors l’un des nouveaux titres prometteurs de Weekly Shonen Jump.
Son succès français devient rapidement considérable.
My Hero Academia place Ki-oon parmi les éditeurs capables de porter en France l’une des grandes franchises shōnen de sa génération.
La série s’accompagne d’une importante politique promotionnelle, d’événements et d’éditions spéciales.
Elle devient pendant plusieurs années l’un des principaux moteurs commerciaux de la maison.
2016 : Outlaw Players devient la première création française
La même année, Ki-oon publie Outlaw Players de Shonen.
La maison présente le projet comme sa première création française.
Le premier tome paraît le 7 juillet 2016.
Pour accompagner son lancement, Ki-oon collabore avec le studio japonais GONZO afin de produire une bande-annonce animée.
Le projet montre que la politique de création maison peut désormais s’étendre à des auteurs français et ne dépend plus uniquement de collaborations avec des mangakas japonais.
2018 : les créations originales deviennent un véritable axe éditorial
En 2018, Ki-oon annonce un développement beaucoup plus important de ses créations originales.
Noise, Momo et le messager du Soleil, Beyond the Clouds, Lost Children et Sous un ciel nouveau sont présentés comme des projets développés directement par la maison.
Pour les faire découvrir, Ki-oon lance un Ki-oon Mag gratuit.
Inspiré du fonctionnement des magazines de prépublication japonais, il réunit les premiers chapitres des différentes séries, des reportages et des informations sur leur réalisation.
L’objectif est clair : construire une véritable activité de création et non quelques expériences isolées.
2019 : Beastars et Tsugumi Project
En 2019, le catalogue s’enrichit de Beastars de Paru Itagaki.
La série utilise une société d’animaux anthropomorphes pour aborder instinct, violence, désir, différence et rapports sociaux.
La même année paraît Tsugumi Project d’ippatu.
Contrairement à Beastars, Tsugumi Project est une création Ki-oon.
Son copyright associe directement l’auteur à la maison française.
La coexistence des deux titres illustre parfaitement le double fonctionnement de l’éditeur : licence française d’un manga japonais existant et développement d’une création originale avec un auteur japonais.
2020 : Jujutsu Kaisen devient un nouveau pilier
Le 6 février 2020, Ki-oon publie le premier tome de Jujutsu Kaisen de Gege Akutami.
L’œuvre est publiée au Japon par Shueisha dans Weekly Shonen Jump.
Son adaptation animée accélère ensuite très fortement sa diffusion internationale.
En France, Jujutsu Kaisen devient l’un des grands succès de Ki-oon et prend progressivement le relais d’une partie de la dynamique créée par My Hero Academia.
La maison possède alors simultanément plusieurs franchises capables d’occuper les premières places des ventes manga françaises.
2021 : Les Carnets de l’apothicaire trouvent leur public
En janvier 2021, Ki-oon publie le premier tome des Carnets de l’apothicaire.
L’œuvre adapte les romans de Natsu Hyuuga à travers la version manga dessinée par Nekokurage et adaptée par Itsuki Nanao.
Son héroïne Mao Mao et son univers de cour impériale construisent progressivement une forte communauté de lecteurs.
Le succès s’amplifie encore avec l’adaptation animée.
La série devient l’un des titres majeurs du catalogue contemporain de Ki-oon.
2021 : poursuivre la création directe avec les auteurs japonais
La politique de création originale continue parallèlement.
Un nouveau Ki-oon Mag présente notamment Outsiders, L’Éden des sorcières, Léviathan et Coco – L’Île magique.
La maison confirme qu’elle souhaite travailler directement avec des auteurs japonais dans des registres très différents : shōjo, fantasy, science-fiction, jeunesse ou récit post-apocalyptique.
L’existence du bureau japonais facilite cette relation au quotidien.
2022 : Frieren rejoint le catalogue
Le 3 mars 2022, Ki-oon publie les premiers volumes de Frieren de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe.
La série, éditée au Japon par Shogakukan, propose une fantasy centrée sur la mémoire, le passage du temps et ce qui reste après la fin de la quête héroïque traditionnelle.
Son adaptation animée contribue ensuite à en faire l’un des grands succès internationaux récents du manga.
Frieren devient également l’un des titres emblématiques du catalogue Ki-oon des années 2020.
2024 : vingt ans entre licences et créations originales
En 2024, Ki-oon célèbre officiellement ses vingt ans.
La maison met en avant un catalogue où coexistent Bride Stories, A Silent Voice, My Hero Academia, Les Chefs-d’œuvre de Lovecraft, Beastars, Les Carnets de l’apothicaire, Frieren et de nombreux autres titres.
Elle insiste également sur son activité de création originale.
Prophecy, Poison City, Léviathan et Tsugumi Project figurent parmi les œuvres développées directement avec des auteurs japonais avant d’être vendues dans plusieurs pays, y compris au Japon.
Cette circulation internationale devient l’un des symboles les plus particuliers de Ki-oon.
Ki-oon aujourd’hui
En 2026, Ki-oon reste une maison française active spécialisée dans le manga.
Son catalogue associe grands succès installés, nouvelles licences, fonds éditorial et créations originales.
La maison continue notamment de publier les prolongements de séries importantes comme Jujutsu Kaisen, tout en recherchant de nouveaux titres capables de prendre le relais des grandes franchises terminées ou arrivant à leur conclusion.
La structure juridique qui exploite Ki-oon est AC Media.
Ahmed Agne et Cécile Pournin demeurent dirigeants de cette société.
AC Media exploite également d’autres marques éditoriales, notamment Lumen et Mana Books.
Ces catalogues restent distincts.
Pour PANACHES CULTURE, l’entité pertinente lorsqu’un manga porte la marque Ki-oon est donc bien Ki-oon, et non l’ensemble des marques commerciales exploitées par AC Media.
Ce qui la distingue
Être née avec une relation directe au Japon plutôt que comme simple acheteur de licences
Ahmed Agne et Cécile Pournin parlent japonais et construisent dès les débuts de la maison une relation directe avec les créateurs et le marché japonais.
Cette compétence influence profondément la manière dont Ki-oon se développe.
La maison peut rechercher des œuvres moins évidentes, discuter directement avec les interlocuteurs japonais et construire progressivement une réputation auprès des ayants droit.
Cette proximité deviendra ensuite encore plus importante avec l’ouverture d’un bureau à Tokyo.
Associer acquisition de licences et véritable création éditoriale
La majorité des éditeurs français de manga travaillent naturellement avec des licences japonaises.
Ki-oon pratique elle aussi ce modèle avec de nombreuses séries majeures.
Mais elle développe parallèlement une activité où le projet naît directement chez elle.
Prophecy, Poison City, Tsugumi Project ou Léviathan ne sont pas simplement des mangas japonais achetés pour la France.
Ki-oon participe à leur développement éditorial dès leur origine.
Cette distinction modifie profondément son rôle.
La maison devient parfois éditeur d’origine, y compris pour des œuvres créées par des auteurs japonais.
Pouvoir exporter vers le Japon des mangas développés depuis la France
La conséquence la plus originale de cette politique apparaît lorsque les créations Ki-oon sont ensuite acquises par des éditeurs japonais.
Le trajet traditionnel du manga est alors inversé.
Une œuvre peut être développée par une maison française avec un auteur japonais, publiée d’abord dans l’environnement Ki-oon, puis licenciée sur le marché japonais.
Cette capacité fait de Ki-oon un cas particulier dans l’histoire récente de l’édition manga française.
Construire un catalogue resserré plutôt que multiplier mécaniquement les sorties
Ki-oon a longtemps privilégié un nombre de nouveautés relativement maîtrisé.
La maison ne cherche pas uniquement à augmenter le volume annuel de publications.
Elle travaille sur la durée de vie du fonds, la visibilité de chaque série et l’accompagnement marketing de ses titres.
Cette stratégie permet à des œuvres très différentes de continuer à exister plusieurs années après leur lancement.
Elle réduit également la dépendance à une seule catégorie de nouveautés.
Passer de la niche aux grandes franchises sans abandonner les titres plus singuliers
Les premiers succès de Ki-oon se construisent notamment autour de fantasy, thrillers et seinen.
L’arrivée de My Hero Academia, puis de Jujutsu Kaisen, place ensuite la maison au cœur du marché shōnen grand public.
Mais cette évolution ne supprime pas Bride Stories, A Silent Voice, les créations originales, les mangas jeunesse ou les projets graphiquement plus atypiques.
Cette coexistence évite de réduire Ki-oon à l’éditeur de deux ou trois blockbusters.
Travailler fortement l’objet livre et la relation avec les lecteurs
Ki-oon accompagne régulièrement ses mangas de collectors, coffrets, perfect editions, shikishi, bandes-annonces, expositions, événements et opérations en librairie.
Cette politique ne remplace pas le contenu éditorial.
Elle sert à rendre les séries identifiables et à construire une relation durable avec leur public.
Les anniversaires de 2014 et 2024 illustrent particulièrement cette approche avec des créations graphiques originales et des opérations consacrées à plusieurs œuvres du catalogue.
Utiliser le principe de prépublication comme outil de lancement en France
Avec le Ki-oon Mag, la maison reprend certains principes du magazine de prépublication japonais.
Plusieurs créations sont présentées simultanément grâce à leurs premiers chapitres.
Le lecteur peut découvrir les univers avant leur sortie en volumes.
Le magazine contient également des informations sur leur création.
Ki-oon ne cherche pas à recréer durablement un hebdomadaire japonais en France, mais utilise cette forme comme un outil éditorial adapté à ses propres créations.
Faire clairement la différence entre éditeur français et éditeur d’origine
Le catalogue de Ki-oon rassemble des œuvres provenant de Shueisha, Shogakukan, Square Enix, Kodansha, Kadokawa, Akita Shoten et d’autres ayants droit japonais.
Ki-oon peut être l’éditeur français d’une série sans en être l’éditeur d’origine.
Cette distinction est fondamentale.
My Hero Academia et Jujutsu Kaisen relèvent originellement de Shueisha. Frieren relève de Shogakukan. A Silent Voice relève de Kodansha.
À l’inverse, pour certaines créations portant directement un copyright Ki-oon, la maison française possède un rôle éditorial original beaucoup plus important.
Rester Ki-oon au sein d’une structure juridique qui porte d’autres marques
La marque Ki-oon est exploitée par AC Media.
La même société porte également d’autres activités éditoriales comme Lumen ou Mana Books.
Cela ne signifie pas que leurs catalogues doivent être fusionnés.
Un manga publié par Ki-oon reste une publication Ki-oon.
Un ouvrage publié par Mana Books ou Lumen relève de ces marques respectives.
Pour PANACHES CULTURE, la marque réellement présente sur l’édition reste donc le niveau pertinent pour rattacher les œuvres.
À savoir
- Le projet Ki-oon prend forme en 2003 autour d’Ahmed Agne et Cécile Pournin, mais la maison retient 2004 comme année de création éditoriale, avec la publication d’Element Line.
- La structure juridique AC Media est créée en 2003 ; Ki-oon en est une marque éditoriale spécialisée dans le manga.
- Les fondateurs Ahmed Agne et Cécile Pournin parlent japonais, ce qui permet dès les débuts de développer des relations directes avec les auteurs et partenaires japonais.
- Element Line de Mamiya Takizaki est la première série de Ki-oon ; Duds Hunt de Tetsuya Tsutsui est publié dès octobre 2004 et inaugure une longue collaboration avec l’auteur.
- Übel Blatt arrive en France chez Ki-oon en 2007, PandoraHearts en 2010, Bride Stories en 2011 et A Silent Voice en 2015.
- Prophecy, publié à partir de 2012, est une création originale développée directement par Ki-oon avec Tetsuya Tsutsui ; la maison poursuit ensuite cette logique avec Poison City, Tsugumi Project, Léviathan et d’autres projets.
- My Hero Academia est publié en France par Ki-oon à partir du 14 avril 2016 ; l’œuvre reste originellement une création de Kohei Horikoshi éditée au Japon par Shueisha.
- Outlaw Players de Shonen paraît en juillet 2016 et est présenté par Ki-oon comme sa première création française.
- En 2018, Ki-oon renforce fortement sa politique de créations originales et lance le Ki-oon Mag, magazine gratuit de découverte inspiré de la prépublication japonaise.
- Jujutsu Kaisen est publié en France à partir du 6 février 2020, Les Carnets de l’apothicaire à partir de janvier 2021 et Frieren à partir de mars 2022.
- Ki-oon possède un bureau à Tokyo qui participe notamment au développement direct de créations originales avec des auteurs japonais ; plusieurs de ces œuvres ont ensuite été licenciées et publiées au Japon.
- En 2026, Ki-oon reste une maison française active dirigée dans l’environnement AC Media par ses fondateurs, avec un catalogue combinant licences japonaises majeures, fonds éditorial et créations originales.