Présentation

Walt Disney Productions est le nom porté pendant plus d’un demi-siècle par la société fondée par Walt Disney et Roy O. Disney.

Ses origines remontent à 1923, lorsque les deux frères lancent à Hollywood leur activité autour des Alice Comedies. L’entreprise fonctionne d’abord sous différentes appellations, notamment Disney Brothers Cartoon Studio puis Walt Disney Studio.

Le 16 décembre 1929, l’activité est officiellement incorporée et Walt Disney Productions devient la principale société regroupant les actifs jusque-là détenus par le partenariat entre Walt et Roy.

Ce nom accompagne Disney pendant une période extraordinaire de transformation.

À l’origine essentiellement tourné vers l’animation, le studio devient progressivement un producteur de cinéma beaucoup plus large.

Il développe les grands classiques animés qui feront la réputation de Disney, mais aussi des documentaires, des films mêlant animation et prises de vues réelles, puis un important catalogue de films entièrement tournés avec des acteurs.

Treasure Island, sorti en 1950, marque notamment le véritable lancement du long métrage Disney entièrement en prises de vues réelles.

Suivent des productions comme 20,000 Leagues Under the Sea, Old Yeller, Darby O’Gill and the Little People, Swiss Family Robinson, The Parent Trap, Mary Poppins, The Love Bug, Bedknobs and Broomsticks, Escape to Witch Mountain, Freaky Friday, The Black Hole ou encore TRON.

Walt Disney Productions ne se limite cependant plus au cinéma.

Sous ce nom, l’entreprise développe également la télévision, ouvre Disneyland en 1955, lance Walt Disney World en 1971, développe EPCOT et accompagne l’expansion internationale de la marque.

Après la mort de Walt Disney en 1966 puis celle de Roy Disney en 1971, la société poursuit son évolution tout en cherchant une nouvelle direction.

Au début des années 1980, elle traverse une période d’incertitude avant l’arrivée en 1984 de Michael Eisner et Frank Wells.

Le lancement de Touchstone Pictures permet alors à Disney de produire des films destinés à un public plus adulte sans modifier le positionnement familial de la marque Disney.

Le 6 février 1986, Walt Disney Productions adopte officiellement le nom The Walt Disney Company.

Cette date ne marque donc pas la disparition de l’entreprise, mais la fin du nom historique Walt Disney Productions.

Histoire

1923 — Les origines de l’entreprise Disney

Avant Walt Disney Productions existe l’entreprise créée par Walt et Roy Disney en Californie.

Walt arrive à Hollywood en 1923 après l’échec de Laugh-O-gram Films à Kansas City.

Il possède un projet mêlant une jeune actrice réelle à un monde dessiné : Alice’s Wonderland.

La distributrice Margaret Winkler accepte de commander une série utilisant ce principe.

Le 16 octobre 1923, le contrat des Alice Comedies est signé.

Cette date est traditionnellement considérée comme la naissance de l’entreprise Disney.

Walt et Roy travaillent d’abord sous le nom de Disney Brothers Cartoon Studio, avant que l’entreprise adopte progressivement l’appellation Walt Disney Studio.

Mickey transforme le studio

Après les Alice Comedies puis Oswald the Lucky Rabbit, Walt perd en 1928 le contrôle d’Oswald au profit de son distributeur.

Avec Ub Iwerks, il développe alors Mickey Mouse.

Le succès de Steamboat Willie, présenté le 18 novembre 1928 avec une synchronisation sonore particulièrement efficace, transforme immédiatement la situation du studio.

Mickey devient rapidement une vedette internationale.

Donald Duck, Goofy, Pluto et de nombreux autres personnages suivront.

La réussite donne aux frères Disney les moyens de structurer leur entreprise sur des bases beaucoup plus solides.

1929 — Naissance de Walt Disney Productions

Le 16 décembre 1929, l’entreprise est réorganisée juridiquement.

Plusieurs sociétés sont constituées afin de remplacer le partenariat initial entre Walt et Roy Disney.

Parmi elles figure Walt Disney Productions, Ltd.

Cette structure reprend les principaux actifs de production et devient progressivement le nom corporate par lequel l’entreprise Disney est connue.

C’est donc 1929 qui correspond à la naissance précise de l’entité Walt Disney Productions, même si son histoire institutionnelle remonte à 1923.

Les années 1930 — L’animation comme moteur

Durant les années 1930, Walt Disney Productions reste avant tout un studio d’animation.

Mickey Mouse poursuit son ascension tandis que les Silly Symphonies servent de laboratoire technique et artistique.

Disney expérimente le Technicolor, développe davantage l’animation de personnalité et investit dans la formation de ses artistes.

Le studio améliore également des techniques comme la caméra multiplane, utilisée pour donner davantage de profondeur aux décors.

Mais Walt Disney vise bientôt un objectif beaucoup plus ambitieux : produire un véritable long métrage animé.

1937 — Snow White and the Seven Dwarfs

Snow White and the Seven Dwarfs est présenté en décembre 1937.

Le projet constitue un risque financier immense.

Une grande partie d’Hollywood doute alors qu’un public puisse rester captivé par plus d’une heure d’animation.

Le succès est pourtant spectaculaire.

La réussite du film transforme Walt Disney Productions.

L’entreprise peut désormais envisager l’animation à une échelle comparable au cinéma traditionnel et utiliser ses nouveaux moyens pour construire un grand complexe de production à Burbank.

Burbank et une nouvelle ambition industrielle

Les bénéfices de Snow White permettent de financer la construction du nouveau studio de Burbank, inauguré au début des années 1940.

Disney ne fonctionne plus comme le petit atelier des années 1920.

Des centaines d’artistes, techniciens et employés participent désormais à des productions particulièrement complexes.

Pinocchio, Fantasia, Dumbo et Bambi illustrent l’ambition artistique de cette période.

Mais leur coût, associé à la fermeture ou à la réduction de plusieurs marchés internationaux pendant la guerre, fragilise financièrement l’entreprise.

La Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale transforme profondément Walt Disney Productions.

Le studio réalise de nombreux films pédagogiques, militaires et de propagande pour le gouvernement américain.

Ses longs métrages deviennent temporairement moins ambitieux ou prennent la forme de compilations composées de plusieurs segments.

Cette période produit notamment Saludos Amigos, The Three Caballeros, Make Mine Music, Fun and Fancy Free ou Melody Time.

Disney doit diversifier ses activités pour retrouver une stabilité durable.

Les True-Life Adventures

Après la guerre, Walt Disney s’intéresse fortement au documentaire animalier.

Les True-Life Adventures utilisent des images de nature pour construire des récits accessibles au grand public.

La série obtient plusieurs récompenses et permet à l’entreprise d’explorer un nouveau secteur du cinéma.

Cette diversification participe à la transformation de Walt Disney Productions en une société de divertissement beaucoup plus large qu’un simple studio de dessins animés.

1950 — Treasure Island et le cinéma live

Un tournant majeur arrive avec Treasure Island, sorti en 1950.

Disney avait déjà mêlé acteurs et animation dans des œuvres comme The Reluctant Dragon, Song of the South ou So Dear to My Heart.

Mais Treasure Island devient son premier long métrage entièrement en prises de vues réelles.

Le film est tourné en Angleterre, notamment parce que Disney dispose après la guerre de fonds britanniques qu’il ne peut facilement transférer vers les États-Unis.

Cette contrainte contribue paradoxalement à ouvrir une nouvelle activité majeure pour l’entreprise.

Un véritable catalogue live action

Le succès de Treasure Island encourage Disney à développer d’autres films avec acteurs.

Plusieurs productions sont d’abord réalisées au Royaume-Uni.

Le studio étend ensuite fortement cette activité depuis les États-Unis.

Les longs métrages live deviennent un complément essentiel à l’animation.

Ils peuvent être fabriqués plus rapidement que les grands films dessinés, ce qui aide également l’entreprise à maintenir un flux plus régulier de productions.

1954 — 20,000 Leagues Under the Sea

En 1954, Walt Disney Productions sort 20,000 Leagues Under the Sea, adapté de Jules Verne.

Le projet constitue l’une des productions live les plus ambitieuses entreprises par Walt.

Kirk Douglas, James Mason, Paul Lukas et Peter Lorre figurent notamment au casting.

Le Nautilus, les séquences sous-marines et l’affrontement avec le calmar géant demandent un travail considérable sur les décors et effets spéciaux.

Le film remporte deux Oscars, notamment pour ses effets spéciaux.

Il confirme que Disney peut désormais rivaliser avec de grandes productions hollywoodiennes en prises de vues réelles.

1954 — La télévision devient essentielle

Walt Disney comprend également très tôt le potentiel de la télévision.

En 1954, le programme Disneyland débute sur ABC.

L’émission mélange présentation de films, documentaires, aventures, animation et promotion du futur parc Disneyland.

La télévision offre à Disney un moyen direct de toucher régulièrement des millions de foyers.

Elle joue également un rôle majeur dans le financement et la promotion de la nouvelle activité que Walt prépare en Californie.

1955 — Disneyland

Le 17 juillet 1955, Disneyland ouvre à Anaheim.

Le projet dépasse largement le cadre du cinéma.

Walt souhaite créer un lieu où histoires, décors, attractions et personnages peuvent exister physiquement autour du visiteur.

Les univers issus du studio nourrissent directement certaines attractions.

Inversement, les parcs génèrent de nouvelles histoires, émissions et possibilités commerciales.

Walt Disney Productions commence ainsi à fonctionner comme un véritable écosystème de divertissement.

Les films familiaux des années 1950

Le studio multiplie les productions live.

Old Yeller, sorti en 1957, devient l’un de ses grands classiques familiaux.

Darby O’Gill and the Little People arrive en 1959 avec un important travail d’effets spéciaux.

Les productions mélangent aventures, comédies, drames familiaux et adaptations littéraires.

Disney construit progressivement un style reconnaissable de cinéma familial en prises de vues réelles.

1960 — Swiss Family Robinson

Swiss Family Robinson sort en 1960.

Le film raconte la survie d’une famille naufragée sur une île tropicale.

La production utilise de nombreux décors naturels à Tobago et développe notamment l’impressionnante maison construite dans les arbres.

Le succès est considérable.

Le film connaît ensuite plusieurs ressorties et inspire également des attractions dans les parcs Disney.

Il devient l’un des grands exemples de la circulation des idées entre cinéma et expériences physiques chez Disney.

1961 — The Parent Trap

En 1961, The Parent Trap met en vedette Hayley Mills dans un double rôle.

La comédie raconte l’histoire de deux jumelles séparées qui découvrent leur lien et décident de réunir leurs parents.

Les effets permettant à Hayley Mills d’apparaître face à elle-même deviennent l’un des aspects techniques remarqués du film.

Le succès renforce la relation entre l’actrice et Disney.

Il contribue également à installer durablement la comédie familiale dans le catalogue live du studio.

1964 — Mary Poppins

L’un des sommets de Walt Disney Productions arrive en 1964 avec Mary Poppins.

Adapté des livres de P. L. Travers, le film associe Julie Andrews et Dick Van Dyke dans une production mélangeant prises de vues réelles, animation, effets spéciaux, musique et danse.

Les chansons des frères Sherman jouent un rôle essentiel.

Mary Poppins connaît un immense succès critique et commercial.

Le film reçoit treize nominations aux Oscars et en remporte cinq.

Julie Andrews obtient notamment l’Oscar de la meilleure actrice.

Une synthèse du savoir-faire Disney

Mary Poppins représente particulièrement bien ce qu’est devenu Walt Disney Productions au milieu des années 1960.

Le studio peut réunir dans un même projet acteurs, animation, effets visuels, chansons, chorégraphies et technologies développées en interne.

La séquence dans laquelle les personnages entrent dans un monde animé rappelle les premières expériences des Alice Comedies, mais avec plusieurs décennies de progrès techniques.

Le film constitue l’un des plus grands succès réalisés du vivant de Walt Disney.

1966 — La mort de Walt Disney

Walt Disney meurt le 15 décembre 1966.

Sa disparition représente un bouleversement considérable.

Il ne dirigeait pas uniquement les films : il intervenait également dans la télévision, les parcs, les projets technologiques et les grandes orientations de l’entreprise.

Walt Disney Productions doit désormais continuer sans son principal moteur créatif.

Son frère Roy prend une place essentielle pour garantir la poursuite des projets engagés.

1968 — The Love Bug

En 1968, The Love Bug introduit Herbie, Volkswagen Coccinelle possédant une personnalité propre.

La comédie rencontre un immense succès.

Herbie devient rapidement l’une des grandes propriétés live action de Disney.

Plusieurs suites et nouvelles versions seront produites au fil des décennies.

Le film montre que Walt Disney Productions peut encore créer de nouvelles franchises populaires après la disparition de Walt.

Walt Disney World

Le grand projet de Floride lancé par Walt avant sa mort se poursuit sous l’impulsion de Roy O. Disney.

Le complexe ouvre le 1er octobre 1971 sous le nom Walt Disney World, choisi par Roy afin d’associer explicitement le projet à son frère.

Le Magic Kingdom constitue la première grande composante du resort.

L’entreprise change alors encore d’échelle.

Disney possède désormais deux grands centres de divertissement aux États-Unis en complément de ses activités cinématographiques et télévisuelles.

1971 — Bedknobs and Broomsticks

La même année, Bedknobs and Broomsticks poursuit la tradition de productions hybrides mêlant acteurs et animation.

Angela Lansbury incarne une apprentie sorcière durant la Seconde Guerre mondiale.

Le film utilise notamment des effets spéciaux et une longue séquence combinant personnages réels et animaux animés.

Il s’inscrit directement dans l’héritage technique de Mary Poppins, tout en développant son propre univers fantastique.

Roy Disney disparaît à son tour

Roy O. Disney meurt en décembre 1971, seulement quelques mois après l’ouverture de Walt Disney World.

En cinq ans, l’entreprise perd ainsi ses deux fondateurs.

La direction passe à une nouvelle génération de responsables.

Cette période impose une question difficile : comment poursuivre l’expansion de Disney sans Walt ni Roy tout en conservant l’identité qu’ils avaient construite ?

Les années 1970

Walt Disney Productions continue à produire animation, films live et programmes télévisés.

Des œuvres comme The World’s Greatest Athlete, Escape to Witch Mountain, Freaky Friday, Pete’s Dragon ou The Rescuers entretiennent le catalogue.

Le studio reste fortement associé au divertissement familial.

Mais le cinéma américain évolue rapidement.

Les goûts du public changent et Disney commence progressivement à rencontrer des difficultés pour attirer les adolescents et adultes qui ne se reconnaissent plus toujours dans cette image familiale.

1975 — Escape to Witch Mountain

Escape to Witch Mountain sort en 1975.

Le film suit deux enfants possédant des capacités extraordinaires et cherchant à découvrir leurs véritables origines.

Le mélange de science-fiction, aventure et pouvoirs surnaturels rencontre suffisamment de succès pour donner naissance à plusieurs prolongements.

La production illustre l’intérêt croissant de Disney pour les récits fantastiques destinés à un jeune public.

1976 — Freaky Friday

Freaky Friday sort en 1976 avec Jodie Foster et Barbara Harris.

Une mère et sa fille échangent mystérieusement leurs corps et doivent vivre chacune la vie de l’autre.

Le concept simple et efficace devient l’une des propriétés les plus durables du catalogue Disney.

L’histoire sera plusieurs fois réadaptée au cours des décennies suivantes.

1977 — Pete’s Dragon

Pete’s Dragon poursuit en 1977 la tradition des films mêlant animation et prises de vues réelles.

Le jeune Pete est accompagné d’Elliott, dragon animé invisible pour la plupart des autres personnages.

Le procédé montre que les techniques hybrides restent une partie importante du langage Disney bien après Mary Poppins.

1979 — The Black Hole

En 1979, Walt Disney Productions tente une science-fiction plus ambitieuse avec The Black Hole.

Un équipage spatial découvre un immense vaisseau stationné à proximité d’un trou noir.

Le film utilise d’importants décors, miniatures et effets visuels.

Son ton est sensiblement plus sombre que celui habituellement associé aux productions Disney de l’époque.

Il reflète la volonté du studio de répondre à une industrie transformée notamment par le succès du cinéma de science-fiction de la fin des années 1970.

Une période d’incertitude

Au tournant des années 1980, Disney dispose toujours d’un patrimoine exceptionnel, de parcs très populaires et d’une marque mondialement connue.

Mais son activité cinématographique traverse une période moins régulière.

Les films familiaux traditionnels attirent plus difficilement certains publics.

L’entreprise cherche à expérimenter de nouveaux genres et de nouvelles technologies.

Dans le même temps, son immense catalogue historique commence à devenir un actif de plus en plus précieux.

1982 — TRON

TRON sort en 1982.

Le film suit Kevin Flynn dans un univers numérique situé à l’intérieur d’un système informatique.

La production combine prises de vues réelles, animation, rétroéclairage, techniques optiques et images générées par ordinateur.

Bien avant la généralisation des effets numériques, Disney expérimente donc avec une esthétique construite autour de l’informatique.

Le film obtient à sa sortie un succès commercial modéré, mais son influence et son statut culturel grandissent considérablement avec le temps.

EPCOT Center

Toujours en 1982, EPCOT Center ouvre en Floride.

Le projet est très différent de la ville expérimentale imaginée initialement par Walt Disney, mais reprend une partie de son intérêt pour la technologie, l’avenir et les cultures du monde.

Son ouverture démontre que les activités de Walt Disney Productions dépassent désormais très largement le cinéma.

Le groupe combine studios, télévision, parcs, produits dérivés et exploitation de personnages.

1983 — Tokyo Disneyland et Disney Channel

En 1983, Disney poursuit son expansion.

Tokyo Disneyland ouvre le 15 avril et constitue le premier parc Disney situé hors des États-Unis.

La même année voit également le lancement de The Disney Channel aux États-Unis.

Ces deux développements illustrent l’évolution de l’entreprise vers un groupe de divertissement international utilisant ses contenus sur de nombreuses plateformes.

Des menaces sur l’entreprise

Malgré ces développements, le début des années 1980 reste une période fragile.

La valeur des différents actifs de Disney attire des investisseurs qui envisagent de racheter ou de restructurer l’entreprise.

Plusieurs tentatives de prise de contrôle menacent l’indépendance du groupe.

Ces événements accélèrent la recherche d’une nouvelle direction capable de relancer la société et de mieux exploiter ses nombreuses propriétés.

1984 — Michael Eisner et Frank Wells

En 1984, une nouvelle équipe dirigeante prend la tête de l’entreprise.

Michael Eisner devient chairman et Chief Executive Officer, tandis que Frank Wells devient président.

Leur arrivée marque un tournant majeur.

Ils souhaitent augmenter la production cinématographique, revitaliser la télévision, mieux exploiter le catalogue historique et renforcer les activités de parcs et de produits dérivés.

La transformation commence presque immédiatement.

1984 — Touchstone Pictures

Disney rencontre alors une difficulté particulière.

Le nom Disney est extrêmement puissant, mais il reste associé au cinéma familial.

Pour produire des œuvres destinées à un public plus adulte sans brouiller cette identité, l’entreprise crée le label Touchstone Pictures.

Splash, sorti en 1984, devient le premier film commercialisé sous cette bannière.

Le succès valide rapidement la stratégie.

Walt Disney Productions peut ainsi élargir son activité tout en conservant le positionnement traditionnel de la marque Disney.

Une nouvelle exploitation du catalogue

La nouvelle direction comprend également la valeur du patrimoine accumulé depuis plusieurs décennies.

Les grands classiques animés peuvent être ressortis, vendus sur support vidéo et exploités sur différentes chaînes.

La bibliothèque Disney devient progressivement un moteur économique aussi important que la seule production de nouveaux films.

Cette logique annonce le fonctionnement futur de The Walt Disney Company autour de franchises capables d’exister simultanément au cinéma, à la télévision, dans les parcs et sur différents produits.

1985 — Une entreprise déjà profondément transformée

À la veille du changement de nom, Walt Disney Productions n’a plus grand-chose à voir avec le petit studio fondé par les frères Disney.

L’entreprise produit des films sous plusieurs marques.

Elle possède un vaste catalogue d’animation et de cinéma live.

Elle exploite des chaînes et programmes de télévision.

Elle gère de grands resorts aux États-Unis et participe à l’exploitation d’un parc au Japon.

Ses personnages sont présents dans les produits dérivés, l’édition, la musique et de nombreux autres secteurs.

Le terme « Productions » devient de moins en moins représentatif de la véritable dimension de l’entreprise.

1986 — The Walt Disney Company

Le 6 février 1986, Walt Disney Productions change officiellement de nom pour devenir The Walt Disney Company.

Le choix reflète la diversification accomplie depuis plusieurs décennies.

Disney n’est plus uniquement une société produisant des films.

Elle est devenue une entreprise internationale de divertissement combinant cinéma, télévision, parcs, personnages, musique, produits dérivés et nombreuses autres activités.

La date de 1986 représente donc la fin de Walt Disney Productions comme dénomination corporate, et non la disparition de l’entreprise elle-même.

Son histoire continue directement sous le nom The Walt Disney Company.

Ce qui la distingue

Le pont entre le studio historique et le groupe Disney moderne

Walt Disney Productions occupe une position particulière dans l’histoire de Disney.

La société hérite du petit studio d’animation créé en 1923 et devient progressivement un groupe beaucoup plus large.

Sous ce nom apparaissent ou se développent plusieurs des activités qui définiront ensuite The Walt Disney Company.

Animation, cinéma live, télévision et parcs ne fonctionnent plus comme des secteurs totalement indépendants : ils commencent à alimenter un même univers.

Une diversification construite autour des histoires

Disney ne se diversifie pas uniquement en achetant des activités éloignées de son métier initial.

Les nouveaux secteurs prolongent généralement les histoires et personnages créés ou exploités par le studio.

Une œuvre peut inspirer une émission, une attraction, des produits ou de nouvelles adaptations.

Inversement, les parcs ou la télévision peuvent également créer des personnages et idées réutilisés ailleurs.

Cette circulation devient progressivement l’une des grandes caractéristiques du modèle Disney.

Le développement du cinéma live action

Walt Disney Productions joue un rôle essentiel dans la construction de l’activité cinématographique live de Disney.

À partir de Treasure Island, le studio développe un catalogue qui dépasse largement l’animation.

Aventure, comédie, fantastique, science-fiction, drame familial et comédie musicale rejoignent progressivement ses productions.

Cette diversification permet à Disney de sortir davantage de films et de toucher différents publics.

Une tradition d’hybridation

Même lorsqu’il travaille avec de véritables acteurs, Disney conserve souvent un lien avec son héritage d’animation et d’innovation visuelle.

Mary Poppins, Bedknobs and Broomsticks ou Pete’s Dragon combinent animation et prises de vues réelles.

20,000 Leagues Under the Sea développe des effets spéciaux complexes.

TRON explore l’imagerie informatique.

Cette volonté de mélanger les techniques constitue un prolongement naturel des expérimentations réalisées par Walt dès ses premières productions.

Le cinéma comme partie d’un ensemble

Sous Walt Disney Productions, un film cesse progressivement d’être une œuvre isolée.

Les personnages peuvent apparaître à la télévision.

Les décors ou concepts peuvent inspirer une attraction.

Les musiques peuvent être éditées en disque.

Les histoires peuvent être publiées ou adaptées.

Cette manière de penser les propriétés à travers différents médias préfigure directement le fonctionnement des grandes franchises contemporaines.

Un nom associé à plusieurs générations

Entre 1929 et 1986, plusieurs générations grandissent avec le nom Walt Disney Productions.

Il apparaît sur des dizaines de films animés et live action, ainsi que sur de nombreuses productions télévisées.

Pour une large partie du XXe siècle, il constitue donc la principale signature institutionnelle du studio Disney.

Son remplacement en 1986 par The Walt Disney Company marque symboliquement le passage d’un studio historique à un groupe de divertissement mondial.

À savoir

  • Les origines de l’entreprise remontent au 16 octobre 1923, date du contrat des Alice Comedies.
  • Walt et Roy Disney travaillent initialement sous le nom Disney Brothers Cartoon Studio.
  • L’entreprise utilise ensuite notamment le nom Walt Disney Studio.
  • Walt Disney Productions est incorporée le 16 décembre 1929.
  • Cette incorporation reprend les principaux actifs auparavant détenus par le partenariat entre Walt et Roy Disney.
  • Le nom Walt Disney Productions reste la principale dénomination corporate de Disney pendant plus de cinquante ans.
  • Mickey Mouse, créé avant l’incorporation, devient l’un des principaux actifs de la nouvelle société.
  • Snow White and the Seven Dwarfs sort en 1937 et transforme l’économie du studio.
  • Son succès permet notamment de financer le développement du studio de Burbank.
  • Pinocchio et Fantasia sortent en 1940.
  • Walt Disney Productions participe à l’effort de guerre américain pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Les True-Life Adventures développent l’activité documentaire du studio après la guerre.
  • Disney expérimente d’abord le live action associé à l’animation dans plusieurs productions.
  • Treasure Island, sorti en 1950, est le premier long métrage Disney entièrement réalisé en prises de vues réelles.
  • Le film est produit en Angleterre.
  • 20,000 Leagues Under the Sea sort en 1954.
  • Il constitue l’une des plus ambitieuses productions live entreprises par Walt Disney.
  • Le film remporte notamment l’Oscar des meilleurs effets spéciaux.
  • Disney commence une importante activité télévisuelle dans les années 1950.
  • Le programme Disneyland débute sur ABC en 1954.
  • Disneyland ouvre le 17 juillet 1955 en Californie.
  • Old Yeller sort en 1957.
  • Darby O’Gill and the Little People sort en 1959.
  • Swiss Family Robinson sort en 1960 et devient l’un des grands succès live du studio.
  • The Parent Trap sort en 1961.
  • Mary Poppins sort en 1964.
  • Mary Poppins mélange prises de vues réelles, animation, effets spéciaux, musique et danse.
  • Le film reçoit treize nominations aux Oscars et en remporte cinq.
  • Walt Disney meurt en décembre 1966.
  • The Love Bug sort en 1968 et introduit Herbie.
  • Walt Disney World ouvre le 1er octobre 1971 en Floride.
  • Bedknobs and Broomsticks sort en 1971.
  • Roy O. Disney meurt en décembre 1971.
  • Escape to Witch Mountain sort en 1975.
  • Freaky Friday sort en 1976.
  • Pete’s Dragon sort en 1977 et mélange animation et prises de vues réelles.
  • The Black Hole sort en 1979 avec une orientation science-fiction plus sombre.
  • TRON sort en 1982 et expérimente fortement avec l’imagerie numérique.
  • EPCOT Center ouvre en 1982.
  • Tokyo Disneyland ouvre le 15 avril 1983.
  • The Disney Channel est lancé en 1983.
  • Au début des années 1980, l’entreprise fait face à plusieurs menaces de prise de contrôle.
  • Michael Eisner et Frank Wells arrivent à la direction en 1984.
  • Touchstone Pictures est créé pour développer des films destinés à un public plus adulte.
  • Splash, sorti en 1984, est le premier film commercialisé sous le label Touchstone.
  • Le développement de Touchstone permet à Disney d’élargir sa production sans modifier le positionnement familial de sa marque principale.
  • Le 6 février 1986, Walt Disney Productions devient officiellement The Walt Disney Company.
  • 1986 correspond donc à la fin du nom Walt Disney Productions, pas à la disparition de l’entreprise.
  • The Walt Disney Company constitue le successeur direct de cette structure historique.