Présentation

Metro-Goldwyn-Mayer, généralement désigné par les initiales MGM, est un studio américain fondé en 1924.

Il naît de la réunion de Metro Pictures Corporation, Goldwyn Pictures Corporation et Louis B. Mayer Productions, organisée sous l’impulsion de l’entrepreneur Marcus Loew.

Louis B. Mayer prend la direction des activités de production en Californie tandis que le jeune Irving Thalberg devient l’une des principales forces créatives du nouveau studio.

MGM s’impose rapidement comme l’un des piliers du système hollywoodien classique.

Son emblème, le lion entouré d’une pellicule portant la devise Ars Gratia Artis — « l’art pour l’art » — devient l’un des logos les plus reconnaissables de l’histoire du cinéma.

Pendant son âge d’or, MGM construit son prestige autour d’un immense catalogue et d’une concentration exceptionnelle de vedettes. Le studio revendique alors l’idée d’avoir « more stars than there are in heaven », avec des artistes comme Greta Garbo, Clark Gable, Joan Crawford, Spencer Tracy, Judy Garland, Gene Kelly, Elizabeth Taylor et de nombreuses autres figures majeures.

MGM marque particulièrement l’histoire de la comédie musicale avec Meet Me in St. Louis, An American in Paris, Singin’ in the Rain ou Gigi, mais produit également des drames, films d’aventure, péplums, comédies et productions familiales devenues classiques.

Son histoire comprend notamment Ben-Hur, The Wizard of Oz, Grand Hotel, Mutiny on the Bounty, Forbidden Planet, North by Northwest et le monumental Ben-Hur de 1959.

Au fil du temps, la société traverse cependant de profondes transformations : disparition du système classique des studios, changements de propriétaires, acquisition de United Artists, vente d’une partie de son catalogue à Ted Turner, difficultés financières puis restructuration.

Après une faillite sous Chapter 11 en 2010, MGM retrouve progressivement une activité importante grâce au cinéma et à la télévision, avec notamment Skyfall, The Hobbit, Creed, Fargo, The Handmaid’s Tale ou No Time to Die selon ses différentes participations.

En 2022, Amazon acquiert MGM.

L’héritage de la société est ensuite intégré à Amazon MGM Studios, qui réunit les activités historiques de MGM avec les productions développées par Amazon.

Plus d’un siècle après sa création, le lion de MGM reste ainsi associé à l’un des patrimoines les plus importants du cinéma américain.

Histoire

1924 — Naissance de Metro-Goldwyn-Mayer

L’histoire de MGM commence avec Marcus Loew, entrepreneur à la tête d’un important réseau de salles de cinéma.

Pour alimenter ses salles en films, Loew avait acquis Metro Pictures Corporation.

Il prend ensuite le contrôle de Goldwyn Pictures Corporation, qui dispose notamment d’installations importantes à Culver City en Californie.

Mais ces structures ont besoin d’une direction de production suffisamment forte pour alimenter régulièrement le réseau.

Loew se tourne alors vers Louis B. Mayer, producteur déjà reconnu qui dirige sa propre société.

Le 17 avril 1924, Metro Pictures, Goldwyn Pictures et Louis B. Mayer Productions sont réunis pour former Metro-Goldwyn-Mayer.

Le nom Goldwyn reste dans celui du nouveau studio même si Samuel Goldwyn lui-même ne participe pas à sa direction.

Louis B. Mayer devient responsable du studio en Californie.

À ses côtés se trouve Irving Thalberg, jeune producteur réputé pour sa capacité à superviser aussi bien les aspects artistiques que financiers des films.

Le duo Mayer-Thalberg va profondément définir l’identité de MGM.

Le lion et Ars Gratia Artis

MGM hérite de Goldwyn Pictures l’un des symboles les plus célèbres du cinéma : le lion entouré d’un cercle de pellicule.

Différents lions se succèdent au fil des décennies.

Le plus durablement associé au studio sera Leo, utilisé à partir des années 1950 et devenu le visage emblématique du logo.

Autour de lui figure la devise latine Ars Gratia Artis, généralement traduite par « l’art pour l’art ».

Le rugissement du lion devient progressivement indissociable des films MGM.

À une époque où chaque grand studio cherche à construire une identité immédiatement reconnaissable, ce symbole fournit à MGM une signature particulièrement puissante.

Les premières années — Ben-Hur et The Big Parade

MGM connaît rapidement des succès importants.

En 1925, le studio sort notamment The Big Parade de King Vidor, immense succès consacré à la Première Guerre mondiale.

La même année arrive Ben-Hur: A Tale of the Christ, superproduction commencée avant la formation de MGM mais achevée sous la direction du nouveau studio.

Le tournage est complexe et coûteux, notamment pour la spectaculaire course de chars.

Le succès de Ben-Hur contribue néanmoins à installer MGM comme un studio capable de produire des œuvres d’une ampleur exceptionnelle.

Cette ambition devient l’une des caractéristiques de l’entreprise.

Mayer et Thalberg

Durant les années 1920 et 1930, la puissance de MGM repose largement sur la complémentarité entre Louis B. Mayer et Irving Thalberg.

Mayer dirige le studio, gère les relations humaines, les contrats et la stratégie générale.

Thalberg supervise directement la production d’un grand nombre de films.

Il accorde une importance particulière au développement des scénarios, aux projections tests et aux ajustements réalisés avant la sortie.

Sous leur direction, MGM devient progressivement l’un des studios les plus prestigieux d’Hollywood.

La qualité de la production est telle qu’après la mort prématurée de Thalberg en 1936, l’Academy donnera son nom à l’Irving G. Thalberg Memorial Award, destiné à distinguer des producteurs dont la carrière reflète une qualité constante.

« More stars than there are in heaven »

MGM construit également son identité autour de ses acteurs.

Pendant l’âge du système des studios, les comédiens sont engagés sous contrats de longue durée et leur carrière est largement organisée par les sociétés qui les emploient.

MGM rassemble progressivement un nombre exceptionnel de vedettes.

Greta Garbo, Norma Shearer, Joan Crawford, Clark Gable, Spencer Tracy, Jean Harlow, Mickey Rooney, Judy Garland, Gene Kelly, Elizabeth Taylor, Ava Gardner et bien d’autres passent par le studio.

Cette concentration nourrit le célèbre slogan associé à MGM : « More stars than there are in heaven ».

Le studio vend alors autant la personnalité de ses vedettes que les films eux-mêmes.

1932 — Grand Hotel

En 1932, MGM sort Grand Hotel, réalisé par Edmund Goulding.

Le film rassemble une distribution prestigieuse comprenant Greta Garbo, John Barrymore, Joan Crawford, Wallace Beery et Lionel Barrymore.

Cette réunion de stars devient l’un des exemples les plus célèbres de la puissance du studio.

Grand Hotel remporte l’Oscar du meilleur film.

La production reflète parfaitement l’identité que MGM cherche alors à construire : sophistication, prestige et concentration de vedettes.

1935 — Mutiny on the Bounty

Mutiny on the Bounty, avec Charles Laughton et Clark Gable, sort en 1935.

Le film adapte la célèbre mutinerie survenue à bord du HMS Bounty.

La production ambitieuse rencontre un important succès et remporte l’Oscar du meilleur film.

MGM confirme qu’il peut combiner spectacle populaire et reconnaissance institutionnelle.

1936 — La disparition d’Irving Thalberg

Irving Thalberg meurt en 1936, à seulement 37 ans.

Sa disparition prive MGM de l’un de ses principaux architectes créatifs.

Le studio reste extrêmement puissant, mais l’équilibre interne change.

Louis B. Mayer continue à diriger l’entreprise tandis que différents producteurs prennent davantage de responsabilités sur des unités particulières.

MGM entre alors dans une période où son système de production atteint une échelle considérable.

1939 — The Wizard of Oz

L’année 1939 constitue l’un des sommets de l’âge d’or hollywoodien.

MGM produit The Wizard of Oz, adaptation du roman de L. Frank Baum avec Judy Garland dans le rôle de Dorothy.

Le passage du Kansas en sépia au monde éclatant d’Oz exploite avec force les possibilités du Technicolor.

La chanson Over the Rainbow devient indissociable du film et de Judy Garland.

Si sa réception commerciale initiale ne reflète pas encore l’immense statut qu’il prendra ensuite, The Wizard of Oz devient progressivement l’un des films les plus célèbres de l’histoire du cinéma américain.

Gone with the Wind

La même année sort Gone with the Wind.

Le film est avant tout produit par David O. Selznick à travers Selznick International Pictures, mais MGM joue un rôle important dans sa distribution et dans les accords permettant notamment la participation de Clark Gable.

Son succès phénoménal renforce encore la présence de MGM au sommet de Hollywood à la fin des années 1930.

L’âge d’or de la comédie musicale

MGM devient particulièrement célèbre pour ses comédies musicales.

Sous l’influence notamment du producteur Arthur Freed, le studio développe une série de films qui marquent durablement le genre.

Meet Me in St. Louis, sorti en 1944 avec Judy Garland, associe chansons, couleurs et chronique familiale.

Easter Parade, On the Town, An American in Paris, Singin’ in the Rain, The Band Wagon ou Gigi poursuivent cette tradition.

Des artistes comme Gene Kelly, Fred Astaire, Judy Garland ou Cyd Charisse deviennent étroitement associés à cette période.

Les productions MGM se distinguent par leurs décors, chorégraphies, costumes et utilisation sophistiquée de la couleur.

Tom and Jerry

MGM possède également une importante activité dans l’animation.

Le studio accueille notamment William Hanna et Joseph Barbera, qui créent les personnages de Tom et Jerry au début des années 1940.

La série de courts métrages devient l’une des plus célèbres de l’histoire de l’animation américaine.

Plusieurs épisodes remportent des Oscars.

Cette activité montre que MGM ne limite pas sa puissance au long métrage en prises de vues réelles.

La guerre et l’après-guerre

Pendant la Seconde Guerre mondiale, MGM participe comme les autres grands studios américains à la production de films liés à l’effort de guerre.

Après 1945, l’entreprise reste extrêmement puissante.

Elle poursuit ses grandes productions musicales tout en développant des drames, films historiques et aventures spectaculaires.

Mais le modèle industriel sur lequel repose Hollywood commence à changer.

La télévision gagne en importance, les habitudes du public évoluent et les décisions antitrust imposent progressivement la séparation entre production et exploitation des salles.

1951 — Le départ de Louis B. Mayer

Les tensions internes augmentent à MGM au tournant des années 1950.

En 1951, Louis B. Mayer quitte le studio qu’il avait dirigé depuis sa fondation.

Son départ symbolise la fin d’une première époque.

Le système classique des studios commence lui aussi à perdre de sa puissance.

MGM possède toujours une marque exceptionnelle et de nombreuses stars, mais doit désormais s’adapter à un marché cinématographique profondément différent.

Singin’ in the Rain

En 1952, MGM sort Singin’ in the Rain, réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen.

Le film raconte avec humour le passage du cinéma muet au parlant.

Gene Kelly, Donald O’Connor et Debbie Reynolds portent cette comédie musicale qui réutilise également plusieurs chansons du catalogue du studio.

Avec le temps, Singin’ in the Rain devient l’une des œuvres les plus célébrées du cinéma musical.

Il constitue aujourd’hui l’un des symboles les plus durables de l’âge d’or de MGM.

Les grandes productions des années 1950

MGM continue de miser sur des films spectaculaires pour attirer le public dans les salles.

Le studio développe notamment des films en grand format, des aventures historiques et des comédies musicales ambitieuses.

An American in Paris remporte l’Oscar du meilleur film.

Gigi connaît également un succès considérable et obtient neuf Oscars.

Le studio explore parallèlement la science-fiction avec Forbidden Planet, devenu une référence du genre.

1959 — Ben-Hur

En 1959, MGM revient à l’un de ses grands sujets historiques avec une nouvelle adaptation de Ben-Hur, réalisée par William Wyler avec Charlton Heston.

La production est gigantesque.

La course de chars devient l’une des séquences les plus célèbres de l’histoire du cinéma.

Le film rencontre un succès mondial et remporte onze Oscars, dont celui du meilleur film.

Ben-Hur représente à la fois l’un des sommets du spectacle hollywoodien classique et l’un des derniers grands triomphes du MGM traditionnel.

Les années 1960 — Un modèle qui s’essouffle

Au cours des années 1960, l’industrie change rapidement.

Les coûts de production augmentent, le public rajeunit et le système permettant autrefois aux studios de contrôler durablement les carrières de leurs vedettes a largement disparu.

MGM connaît plusieurs succès mais aussi des productions coûteuses plus difficiles à rentabiliser.

Le studio doit réduire ses activités et remettre en question une organisation héritée de l’âge d’or.

1969 — Kirk Kerkorian prend le contrôle

En 1969, l’homme d’affaires Kirk Kerkorian prend le contrôle de MGM.

Son arrivée ouvre plusieurs décennies particulièrement mouvementées dans l’histoire de l’entreprise.

Le studio réduit fortement la production et valorise davantage son nom, son catalogue et ses actifs.

Kerkorian utilise également la marque MGM dans l’hôtellerie et les casinos de Las Vegas.

Les activités cinématographiques et hôtelières seront ensuite séparées.

Le MGM du cinéma continue alors d’exister dans un environnement très différent de celui des années Mayer.

1981 — MGM acquiert United Artists

En 1981, MGM acquiert United Artists.

Fondé en 1919 par Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et D. W. Griffith, United Artists possède une histoire prestigieuse et des relations avec plusieurs franchises particulièrement importantes.

La société combinée prend le nom MGM/UA.

L’opération apporte notamment à MGM une proximité durable avec des propriétés comme James Bond et Rocky, même si leurs histoires, leurs producteurs et leurs droits possèdent chacun leurs particularités.

United Artists conserve également une identité propre au sein de l’ensemble.

1986 — Ted Turner et la séparation du catalogue historique

En 1986, Ted Turner acquiert MGM/UA.

Son intérêt porte particulièrement sur l’immense bibliothèque de films du studio, précieuse pour alimenter ses chaînes de télévision.

Mais le poids financier de l’opération est considérable.

Quelques mois seulement après l’acquisition, Turner revend les activités de production et de distribution de MGM.

Il conserve cependant une très grande partie du catalogue MGM antérieur à 1986.

Cette séparation constitue l’un des événements les plus importants de l’histoire moderne du studio.

Le nom MGM, ses nouvelles productions et ses activités commerciales poursuivent leur histoire d’un côté, tandis qu’une grande partie des classiques de son âge d’or rejoint la bibliothèque Turner.

Le catalogue Turner sera ensuite intégré à l’univers Warner.

La fin des années 1980 et les années 1990

MGM traverse ensuite une longue période de changements de propriétaires et de restructurations.

Le studio reste actif mais ne possède plus la domination industrielle qu’il avait connue pendant l’âge d’or.

Son nom et son catalogue moderne conservent néanmoins une valeur considérable.

United Artists reste également lié à son organisation.

Au cours des années 1990, MGM développe ou récupère différentes bibliothèques et sociétés, renforçant à nouveau son portefeuille de films et de propriétés.

James Bond et MGM

L’acquisition de United Artists place MGM dans une relation particulièrement étroite avec James Bond.

La franchise reste historiquement produite par EON Productions, mais United Artists puis MGM jouent un rôle essentiel dans son financement et sa distribution.

Des films comme GoldenEye, Tomorrow Never Dies, The World Is Not Enough ou Die Another Day apparaissent ainsi dans l’écosystème MGM/UA.

Cette relation devient l’un des actifs les plus importants de MGM.

Rocky et le catalogue United Artists

Rocky, créé par Sylvester Stallone et sorti en 1976 sous United Artists, devient lui aussi une propriété particulièrement importante de l’ensemble MGM.

La saga continue avec plusieurs suites.

Des décennies plus tard, elle sera renouvelée grâce à Creed, qui transmet une partie de son héritage à une nouvelle génération de personnages.

Rocky et Creed deviennent ainsi deux des franchises les plus identifiables du MGM moderne.

2005 — Une acquisition menée par Sony et des investisseurs

Au début des années 2000, MGM change de nouveau de propriétaires.

En avril 2005, un consortium réunissant notamment Sony Corporation of America, Providence Equity Partners, Texas Pacific Group, Comcast et DLJ Merchant Banking Partners finalise son acquisition de la société.

MGM devient une entreprise privée.

Sony Pictures intervient alors dans la distribution et la coopération autour de différentes productions.

L’opération donne au groupe d’investisseurs accès à un catalogue extrêmement important, mais MGM conserve également un niveau d’endettement élevé.

Les difficultés financières

Au cours des années suivantes, la dette devient un problème majeur.

La valeur de MGM repose largement sur son catalogue et ses grandes franchises, mais la société dispose de moins de moyens que les majors pour maintenir une production régulière.

Ses difficultés finissent notamment par perturber le développement de plusieurs projets.

Le studio doit alors engager une restructuration profonde.

2010 — La faillite et la restructuration

En novembre 2010, MGM se place sous la protection du Chapter 11 de la loi américaine sur les faillites.

Le studio porte plusieurs milliards de dollars de dettes.

Un plan de restructuration prévoit de convertir une grande partie de cette dette en participation dans la nouvelle société.

Le processus avance rapidement.

En décembre 2010, MGM sort de la procédure avec une structure financière réorganisée et de nouveaux dirigeants.

Gary Barber et Roger Birnbaum, issus de Spyglass Entertainment, prennent la direction du studio.

Cette restructuration offre à MGM une nouvelle base pour relancer ses productions.

2012 — Skyfall

L’un des symboles de ce retour est Skyfall, sorti en 2012.

Le troisième James Bond interprété par Daniel Craig devient l’un des plus grands succès de l’histoire de la franchise.

MGM est de nouveau pleinement associé à une production internationale majeure.

La même période voit également le studio participer à la trilogie The Hobbit, développée avec New Line et Warner Bros.

Ces projets permettent à MGM de retrouver une visibilité importante au cinéma.

MGM Television

La télévision prend parallèlement une place croissante dans la stratégie du groupe.

MGM Television participe à des séries devenues particulièrement importantes comme Vikings, Fargo, The Handmaid’s Tale et, plus tard, Wednesday.

Cette activité montre que l’entreprise ne dépend plus uniquement des sorties cinématographiques.

La télévision devient progressivement l’un des grands moteurs du MGM moderne.

2015 — Creed

En 2015, Creed, réalisé par Ryan Coogler, relance l’univers de Rocky.

Michael B. Jordan interprète Adonis Creed, fils d’Apollo Creed, tandis que Sylvester Stallone retrouve Rocky Balboa.

Le film réussit à prolonger une franchise historique tout en construisant une nouvelle identité.

Son succès donne naissance à plusieurs suites.

Creed devient ainsi l’une des propriétés majeures du catalogue contemporain de MGM.

No Time to Die

MGM reste également impliqué dans les films de James Bond produits par EON Productions.

Après Spectre, No Time to Die devient la dernière aventure de Daniel Craig.

La production est retardée par plusieurs difficultés, notamment la pandémie de Covid-19, avant de sortir en 2021.

Le film conclut le cycle commencé avec Casino Royale.

Pour MGM, Bond reste alors l’un des actifs stratégiques les plus importants de toute son histoire moderne.

2021 — Amazon annonce l’acquisition de MGM

Le 26 mai 2021, Amazon annonce un accord pour acquérir MGM pour 8,45 milliards de dollars.

L’intérêt de l’opération repose notamment sur l’immense catalogue de la société et ses nombreuses propriétés.

Amazon souligne alors que MGM dispose de plus de 4 000 films et 17 000 épisodes de télévision, avec des franchises et titres liés notamment à James Bond, Rocky, Creed, RoboCop, The Pink Panther, Legally Blonde et Stargate.

L’opération marque l’un des plus grands changements de propriétaire de l’histoire du studio.

2022 — MGM rejoint Amazon

Le 17 mars 2022, Amazon annonce la finalisation de l’acquisition.

MGM rejoint les activités de Prime Video et Amazon Studios.

L’entreprise conserve son immense héritage tout en bénéficiant désormais des moyens d’un groupe technologique et médiatique mondial.

Amazon indique vouloir préserver le patrimoine de MGM tout en développant de nouvelles histoires à partir de son catalogue.

Après près d’un siècle d’indépendance relative, de rachats et de restructurations, le lion entre ainsi dans une nouvelle époque.

Amazon MGM Studios

Les activités de création d’Amazon et l’héritage de MGM sont progressivement réunis sous l’identité Amazon MGM Studios.

Cette organisation développe et acquiert des films destinés aussi bien aux salles qu’à Prime Video, tout en produisant des séries originales.

Le nom MGM reste présent dans cet ensemble, notamment à travers son catalogue, ses propriétés historiques, MGM+ et le site MGM Studios.

La société Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. continue également d’exister au sein des structures contrôlées par Amazon.

2024 — Un siècle d’histoire

En 2024, MGM atteint le cap symbolique de ses 100 ans.

Le studio peut alors regarder derrière lui un siècle particulièrement mouvementé : naissance du système hollywoodien, âge d’or des stars, comédies musicales, crise du modèle classique, changements de propriétaires, développement de franchises et transition vers l’ère du streaming.

Peu de marques cinématographiques disposent d’une histoire aussi longue et identifiable.

Le lion continue d’incarner cette continuité malgré les profondes transformations de l’entreprise.

2025 — Une nouvelle étape pour James Bond

En 2025, Amazon MGM Studios, Michael G. Wilson et Barbara Broccoli annoncent une transformation historique concernant James Bond.

Une nouvelle structure commune est créée pour regrouper les droits liés à la franchise.

La transaction est finalisée en mars.

Amazon MGM Studios obtient alors le contrôle créatif des futures productions James Bond, tandis que les différentes parties restent copropriétaires de la propriété.

Cette évolution renforce considérablement le rôle direct de l’héritier contemporain de MGM dans l’avenir de 007.

2026 — L’héritage MGM dans Amazon MGM Studios

En 2026, l’héritage de Metro-Goldwyn-Mayer constitue l’un des fondements d’Amazon MGM Studios.

Le groupe développe des films pour les salles et Prime Video, exploite ses nombreuses franchises et poursuit l’activité de distribution de son catalogue.

Des marques historiques comme United Artists et Orion Pictures continuent également d’être utilisées sur certaines productions.

Plus de cent ans après sa création, MGM n’est donc plus la major indépendante qui dominait Culver City sous Louis B. Mayer.

Mais son nom, son lion, ses franchises et son patrimoine continuent à occuper une place centrale dans l’industrie cinématographique.

Ce qui la distingue

Le lion de MGM

Peu de logos de studios sont aussi reconnaissables que celui de MGM.

Le lion rugissant entouré de pellicule traverse pratiquement toute l’histoire de l’entreprise.

Différents animaux ont été utilisés au fil des décennies, mais Leo est devenu le plus célèbre.

Le logo dépasse largement sa fonction commerciale.

Il est devenu un symbole de Hollywood lui-même et de l’âge d’or du cinéma américain.

Le studio des stars

MGM a construit une part essentielle de sa réputation sur la puissance de ses vedettes.

À l’époque du système classique, le studio rassemble certaines des personnalités les plus célèbres du cinéma mondial.

Cette stratégie lui permet de proposer des productions prestigieuses dont les acteurs constituent déjà des événements à eux seuls.

L’expression « More stars than there are in heaven » résume cette culture.

La comédie musicale hollywoodienne

MGM occupe une place majeure dans l’histoire du musical.

Des œuvres comme Meet Me in St. Louis, An American in Paris, Singin’ in the Rain, The Band Wagon et Gigi constituent encore aujourd’hui des références du genre.

Le studio développe un savoir-faire exceptionnel en matière de chorégraphie, musique, décors, costumes et utilisation de la couleur.

Cette tradition représente l’une des contributions les plus importantes de MGM à l’histoire du cinéma.

Des productions à très grande échelle

MGM s’est également distingué par son goût pour les films spectaculaires.

Les deux versions de Ben-Hur, les grandes aventures historiques et plusieurs superproductions démontrent une volonté constante d’utiliser l’échelle comme argument cinématographique.

Cette ambition atteint l’un de ses sommets avec Ben-Hur en 1959 et ses onze Oscars.

Une histoire qui traverse tout Hollywood

L’évolution de MGM résume presque à elle seule celle de l’industrie américaine.

Le studio traverse le cinéma muet, le parlant, le Technicolor, le système des stars, la télévision, la fin du studio system, la vidéo, les chaînes câblées, les grandes franchises et le streaming.

Ses différentes crises et transformations reflètent les bouleversements économiques de Hollywood sur un siècle entier.

Un catalogue construit par plusieurs héritages

Le MGM moderne ne repose pas uniquement sur les films historiquement produits sous le lion.

L’acquisition de United Artists et d’autres catalogues a ajouté de nombreuses œuvres et franchises à son univers.

C’est notamment par cet héritage que MGM est devenu étroitement associé à Rocky, Creed et James Bond.

Cette accumulation d’histoires différentes explique la richesse mais aussi la complexité exceptionnelle de son catalogue.

Cinéma et télévision

Contrairement au MGM de l’âge d’or principalement identifié au cinéma, l’entreprise contemporaine possède également une forte identité télévisuelle.

Des séries comme Fargo, Vikings, The Handmaid’s Tale ou Wednesday ont contribué à renouveler sa présence auprès du public.

Cette diversification facilite ensuite son intégration avec les activités de télévision et de streaming d’Amazon.

À savoir

  • Metro-Goldwyn-Mayer est fondé le 17 avril 1924.
  • Le studio naît de la réunion de Metro Pictures, Goldwyn Pictures et Louis B. Mayer Productions.
  • L’opération est organisée sous l’impulsion de Marcus Loew.
  • Louis B. Mayer prend la direction des activités du studio en Californie.
  • Irving Thalberg devient l’une des principales figures de la production MGM.
  • Le célèbre lion provient de l’héritage de Goldwyn Pictures.
  • La devise du logo est Ars Gratia Artis.
  • Ben-Hur devient l’une des premières grandes superproductions du nouveau studio en 1925.
  • Grand Hotel remporte l’Oscar du meilleur film.
  • Mutiny on the Bounty remporte également l’Oscar du meilleur film.
  • Irving Thalberg meurt en 1936, à seulement 37 ans.
  • The Wizard of Oz sort en 1939 avec Judy Garland.
  • MGM joue également un rôle majeur dans la distribution de Gone with the Wind.
  • Le studio devient l’une des grandes références de la comédie musicale hollywoodienne.
  • Tom et Jerry sont développés au sein du département animation de MGM par William Hanna et Joseph Barbera.
  • Louis B. Mayer quitte MGM en 1951.
  • Singin’ in the Rain sort en 1952.
  • Ben-Hur, réalisé par William Wyler et sorti en 1959, remporte onze Oscars.
  • Kirk Kerkorian prend le contrôle du studio en 1969.
  • Les activités cinématographiques de MGM sont ensuite séparées des activités hôtelières portant le même nom.
  • MGM acquiert United Artists en 1981.
  • Cette acquisition renforce notamment ses liens avec les franchises Rocky et James Bond.
  • Ted Turner acquiert MGM/UA en 1986.
  • Turner revend rapidement les activités de production mais conserve une grande partie du catalogue MGM antérieur à 1986.
  • Cette bibliothèque historique sera ensuite intégrée à l’univers Turner et Warner.
  • Un consortium comprenant Sony, Providence Equity Partners, Texas Pacific Group, Comcast et DLJ Merchant Banking Partners finalise l’acquisition de MGM en 2005.
  • MGM se place sous la protection du Chapter 11 en novembre 2010.
  • Le studio sort de la procédure de faillite dès décembre 2010 après restructuration.
  • Skyfall participe au retour de MGM au premier plan en 2012.
  • MGM développe également une importante activité télévisuelle avec des séries comme Fargo, Vikings, The Handmaid’s Tale et Wednesday.
  • Creed, sorti en 2015, relance l’univers de Rocky autour d’Adonis Creed.
  • No Time to Die sort en 2021 et conclut l’ère Daniel Craig de James Bond.
  • Amazon annonce en mai 2021 son intention d’acquérir MGM pour 8,45 milliards de dollars.
  • L’acquisition est finalisée le 17 mars 2022.
  • MGM disposait alors d’un catalogue annoncé de plus de 4 000 films et 17 000 épisodes de télévision.
  • Les activités historiques de MGM sont ensuite intégrées à Amazon MGM Studios.
  • MGM+ perpétue également le nom du studio dans la télévision premium.
  • MGM célèbre son centenaire en 2024.
  • En mars 2025, Amazon MGM Studios obtient le contrôle créatif des futures productions James Bond dans le cadre d’une nouvelle structure commune avec Michael G. Wilson et Barbara Broccoli.
  • En 2026, le nom, le catalogue et les franchises de MGM continuent d’être exploités au sein d’Amazon MGM Studios.