Présentation
Grand Theft Auto V repose sur une idée beaucoup plus intéressante que le simple fait de proposer trois personnages jouables : Michael, Franklin et Trevor habitent trois versions différentes de la même ville.
Michael possède déjà une maison confortable et suffisamment d’argent pour découvrir que la réussite ne garantit pas le bonheur. Franklin regarde cette réussite depuis l’autre côté et cherche encore une occasion de monter dans l’échelle sociale. Trevor vit presque en marge du système, dans un environnement où criminalité et chaos se confondent volontiers.
Le changement de personnage permet de circuler rapidement entre eux dans le monde ouvert, mais Rockstar l’utilise également pendant certaines missions. Les grands braquages peuvent répartir les rôles avant de laisser le joueur changer de perspective au cours de l’action, donnant aux opérations une énergie particulière.
Los Santos et Blaine County forment le décor de cette circulation. La Californie du Sud y est transformée en caricature permanente de l’argent, de la célébrité, des médias, de la consommation et de l’obsession de la réussite. Radios, publicités, émissions, sites fictifs et conversations entendues dans la rue prolongent cette satire bien au-delà des cinématiques.
Le monde ouvert conserve parallèlement la dimension bac à sable propre à Grand Theft Auto. Conduire, piloter, explorer ou simplement provoquer suffisamment de désordre peut transformer un trajet banal en histoire improvisée.
C’est là qu’apparaît aussi l’une des contradictions les plus visibles du jeu. Los Santos encourage l’expérimentation, tandis que certaines missions scénarisées demandent au contraire de respecter précisément la mise en scène prévue par Rockstar.
GTA V alterne donc constamment entre liberté systémique et contrôle cinématographique.
Ce qu'il faut retenir
- Michael, Franklin et Trevor constituent les trois protagonistes jouables, chacun offrant un regard différent sur Los Santos.
- Le changement de personnage intervient aussi pendant certaines missions, notamment lors des grands braquages.
- Los Santos et Blaine County composent un vaste monde ouvert, inspiré d’une Californie du Sud volontairement caricaturale.
- La satire vise notamment l’argent, la célébrité, les médias et la réussite sociale.
- Les braquages constituent les grands rendez-vous de la campagne, avec préparation et répartition des rôles.
- Le monde ouvert laisse une grande liberté au joueur, parfois en contraste avec des missions principales beaucoup plus dirigées.
Conclusion
Le système des trois protagonistes reste probablement l’idée la plus forte de Grand Theft Auto V.
Michael, Franklin et Trevor ne servent pas seulement à apporter davantage de variété. Ils permettent à Rockstar d’observer la même ville depuis trois endroits sociaux et psychologiques différents.
Michael est peut-être le plus ironique. Il possède déjà une version du rêve que Franklin poursuit encore, mais cette réussite n’a rien réglé. Franklin regarde vers le haut et cherche une sortie à une vie qui semble tourner en rond. Trevor, lui, transforme presque chaque règle sociale en provocation.
Cette opposition donne à Los Santos une dimension supplémentaire.
La ville fonctionne d’ailleurs mieux lorsqu’elle devient plus qu’un décor de mission. Une simple conduite peut finir en accident, en poursuite ou en détour totalement imprévu. Les radios, la circulation et les personnages croisés donnent aux trajets une personnalité suffisante pour que le temps passé entre deux objectifs ne ressemble pas simplement à une transition.
La satire renforce cette présence, même si certaines de ses obsessions portent aujourd’hui clairement la marque du début des années 2010.
La principale faiblesse apparaît justement lorsque cette liberté rencontre la mise en scène.
Grand Theft Auto V donne constamment envie d’improviser, puis certaines missions rappellent brutalement qu’il existe une manière précise de les jouer. Quitter l’itinéraire prévu ou essayer une solution différente peut rapidement provoquer un échec.
Ce contrôle permet à Rockstar de produire des scènes extrêmement travaillées, mais il crée une frontière parfois étrange entre un monde qui semble dire “fais ce que tu veux” et un scénario qui répond “pas maintenant”.
Le jeu reste néanmoins remarquable par la manière dont ses différents éléments s’alimentent mutuellement. Les personnages donnent un sens à la ville, la ville nourrit la satire et les systèmes permettent à cette satire de continuer à exister même lorsque l’histoire principale s’arrête momentanément.
Los Santos fonctionne ainsi à la fois comme décor criminel, caricature sociale et machine à fabriquer des incidents que personne n’avait réellement prévus.
C’est probablement cette combinaison, plus que sa taille brute, qui explique pourquoi GTA V a conservé une place aussi particulière.
À savoir
- Grand Theft Auto V est sorti initialement le 17 septembre 2013 sur PlayStation 3 et Xbox 360.
- Le jeu est développé principalement par Rockstar North et publié par Rockstar Games.
- Il utilise le RAGE — Rockstar Advanced Game Engine.
- L’histoire se déroule principalement à Los Santos et Blaine County.
- Le jeu a ensuite été adapté à plusieurs générations de consoles ainsi qu’au PC.
- GTA Online constitue une expérience multijoueur associée à GTA V, mais son évolution dépasse largement la campagne solo d’origine.