Synopsis
À Night City, mégalopole futuriste dominée par les corporations, les gangs et les implants cybernétiques, V est un mercenaire qui rêve de se faire un nom. Lorsqu’un braquage destiné à dérober une technologie expérimentale tourne mal, V se retrouve malgré lui avec une mystérieuse puce implantée dans le crâne.
Cette Relic contient la personnalité numérisée de Johnny Silverhand, ancien rocker et rebelle devenu une légende de Night City. Mais sa présence n’est pas sans conséquence : la technologie commence progressivement à remplacer l’esprit de V par celui de Johnny.
Commence alors une course contre la montre à travers Night City. Entre corporations, mercenaires, gangs et figures du passé, V doit trouver un moyen de survivre avant de perdre définitivement son identité, tout en découvrant ce qui se cache réellement derrière la technologie qui menace de le condamner.
Présentation
Il existe des jeux dont on se souvient pour leur monde, leurs personnages ou une mécanique particulière. Cyberpunk 2077 appartient à une catégorie plus étrange : son histoire publique fait désormais presque partie de l’œuvre. Night City devait incarner l’un des mondes ouverts les plus ambitieux de sa génération. Lors de la sortie en décembre 2020, cette ambition s’est heurtée à une réalité beaucoup moins élégante, particulièrement sur les consoles de génération précédente.
Derrière ce lancement chaotique se trouvait pourtant un jeu qui avait déjà quelque chose à raconter. Le joueur incarne V, mercenaire cherchant à se faire un nom dans une mégalopole dominée par les corporations, les implants cybernétiques et une obsession permanente pour le pouvoir. Un braquage tourne mal et laisse V avec une technologie expérimentale dans le crâne, accompagnée de la personnalité numérisée de Johnny Silverhand. Ce qui devait être l’ascension d’un mercenaire devient alors une course contre sa propre disparition.
Night City constitue le véritable centre de gravité de l’expérience. Ses gratte-ciels corporatistes, quartiers populaires, autoroutes suspendues, clubs, marchés et étendues désertiques composent moins une ville futuriste propre et ordonnée qu’un organisme saturé d’argent, de publicité, de violence et de technologie. Le cyberpunk n’y sert pas seulement d’esthétique : les implants, la surveillance, la privatisation de presque tout et la marchandisation des corps structurent directement les vies que V rencontre.
Le gameplay mélange RPG, tir en vue subjective, piratage, infiltration et exploration en monde ouvert. Les compétences, armes et implants permettent de construire des approches très différentes, depuis le mercenaire lourdement armé jusqu’au netrunner capable de neutraliser un groupe sans tirer une balle. Mais la version actuelle du jeu raconte aussi une autre histoire : celle d’un système progressivement reconstruit au fil des mises à jour.
Ce qu'il faut retenir
- Night City est plus qu’un décor. Son architecture, ses corporations, ses gangs et ses inégalités donnent une forme concrète aux thèmes cyberpunk du jeu.
- Le joueur construit réellement son approche. Armes à feu, armes blanches, piratage, furtivité, cyberware et compétences permettent des styles de jeu sensiblement différents.
- Le lancement de 2020 fait partie de l’histoire du jeu. Les problèmes techniques, particulièrement importants sur PS4 et Xbox One, ont conduit CD Projekt RED à présenter publiquement ses excuses et la distribution numérique PlayStation a même été temporairement suspendue.
- La mise à jour 2.0 a profondément retravaillé la formule. Arbres de compétences, cyberware, police, combats en véhicules, équilibre et plusieurs systèmes centraux ont été remaniés en 2023.
- Phantom Liberty complète cette seconde vie. L’extension déplace une partie de l’aventure vers Dogtown et adopte une tonalité de thriller d’espionnage autour de nouveaux personnages et choix politiques.
Avis PANACHES
Parler de Cyberpunk 2077 sans parler de son lancement reviendrait à retirer un morceau essentiel de son histoire. Le jeu de décembre 2020 et celui auquel on peut jouer aujourd’hui portent le même titre, les mêmes personnages et la même ville, mais ils ne provoquent pas exactement la même expérience. Peu de productions de cette ampleur permettent d’observer aussi clairement ce que plusieurs années de reconstruction peuvent changer.
Ce qui demeure le plus convaincant n’est pourtant pas une fonctionnalité ajoutée lors d’un patch. C’est Night City. La ville possède cette capacité rare à sembler immense sans simplement être grande. Une autoroute domine un quartier saturé de néons, un ascenseur mène vers un appartement presque silencieux, quelques rues plus loin une publicité géante promet un bonheur que personne ne semble réellement posséder. Le décor raconte constamment le monde avant même que les personnages commencent à parler.
Le RPG fonctionne particulièrement bien lorsqu’il laisse le joueur habiter cette contradiction. V peut devenir extrêmement puissant grâce aux implants tout en évoluant dans une société où l’amélioration permanente des corps sert aussi de nouvelle forme de dépendance. On accumule de la puissance dans un univers qui passe son temps à montrer ce qu’elle coûte. Johnny Silverhand apporte une autre tension : derrière son charisme, sa colère et son statut d’icône se trouve quelqu’un dont la propre légende n’est pas toujours aussi propre que ses souvenirs voudraient le faire croire.
La liberté promise reste parfois moins radicale que l’impression produite par Night City. Certaines décisions narratives comptent réellement, certaines constructions de personnage transforment le combat, mais la ville n’est pas cette simulation urbaine infiniment réactive que les attentes précédant la sortie avaient parfois laissé imaginer. Même après les mises à jour, Cyberpunk 2077 est plus convaincant lorsqu’on le considère comme un grand RPG narratif installé dans un monde ouvert que comme une simulation totale du futur.
Et c’est peut-être là que sa seconde vie a permis de mieux voir le jeu qui se cachait derrière son propre vacarme. Cyberpunk 2077 n’est pas devenu intéressant parce que ses problèmes ont disparu. Il l’est parce qu’une œuvre profondément imparfaite a fini par trouver une forme beaucoup plus proche de son potentiel initial, sans pouvoir effacer l’histoire nécessaire pour y parvenir.
À savoir
- Cyberpunk 2077 est sorti le 10 décembre 2020 sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, avec compatibilité sur les nouvelles consoles dès leur lancement. Des versions dédiées à PlayStation 5 et Xbox Series X|S ont ensuite été proposées.
- Quelques jours après la sortie, CD Projekt RED a reconnu publiquement les problèmes des versions PS4 et Xbox One et proposé des remboursements. Le 18 décembre 2020, la distribution numérique du jeu a été temporairement suspendue sur le PlayStation Store.
- Cyberpunk 2077 est revenu sur le PlayStation Store en juin 2021, tandis que le studio poursuivait son travail de correction.
- La mise à jour 2.0, publiée le 21 septembre 2023 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, a remanié plusieurs systèmes fondamentaux, notamment les compétences, le cyberware et la police.
- L’extension Cyberpunk 2077: Phantom Liberty est sortie le 26 septembre 2023 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Elle introduit Dogtown et une intrigue d’espionnage centrée notamment sur Solomon Reed.
- Cyberpunk 2077 avait dépassé les 30 millions d’exemplaires vendus dans le monde en novembre 2024. Phantom Liberty dépassait alors huit millions de ventes.
- Le jeu est arrivé sur Nintendo Switch 2 en 2025. Cette plateforme n’est pas renseignée dans le champ
plateformescar la taxonomie PANACHES actuelle ne possède pas de valeur spécifiquenintendo-switch-2. - La mise à jour 2.3, publiée en juillet 2025, a également marqué l’arrivée du jeu sur les Mac équipés d’Apple Silicon.