Présentation
Avec Call of Duty: WWII, Sledgehammer Games ramène la série à la période historique qui avait accompagné ses premiers épisodes. Après plusieurs volets tournés vers les conflits contemporains ou futuristes, le jeu revient en 2017 à la Seconde Guerre mondiale et choisit le front occidental comme cadre principal de sa campagne.
L’histoire suit surtout Ronald « Red » Daniels, jeune recrue de la 1re division d’infanterie américaine. Le Débarquement constitue son premier véritable contact avec le combat et donne immédiatement le ton du récit : la campagne cherche moins à raconter les exploits d’un soldat exceptionnel qu’à suivre un homme intégré à une unité dont il dépend constamment.
Cette importance du groupe structure une grande partie de l’aventure. Zussman représente le lien personnel le plus fort de Daniels, tandis que Turner et Pierson incarnent deux manières différentes d’exercer l’autorité. Les relations entre ces personnages accompagnent les opérations militaires et permettent au récit de donner une continuité humaine à une campagne qui change régulièrement de lieu.
Le parcours traverse plusieurs épisodes emblématiques de la guerre en Europe occidentale. Après la Normandie, l’avancée mène notamment vers Paris, la forêt de Hürtgen, les Ardennes puis l’Allemagne. Le jeu conserve une forte liberté de mise en scène autour de ces événements, mais les utilise comme repères pour inscrire la progression de l’escouade dans un cadre historique identifiable.
La campagne reste construite selon la tradition très dirigée de Call of Duty. Les missions alternent assauts d’infanterie, défense de positions, infiltration, utilisation de véhicules et séquences plus spectaculaires. La progression est généralement linéaire et laisse peu de place à l’exploration, mais cette maîtrise permet au jeu d’enchaîner rapidement les situations et de maintenir un rythme régulier.
Le retour à la Seconde Guerre mondiale modifie sensiblement les sensations par rapport aux épisodes futuristes qui précédaient directement le jeu. Les déplacements reviennent à un modèle entièrement terrestre, les armes correspondent au contexte de l’époque et les affrontements abandonnent les capacités de mobilité avancée qui avaient marqué plusieurs volets précédents.
Cette volonté de revenir à une guerre plus physique se retrouve dans la représentation des champs de bataille. Boue, ruines, forêts, villages et positions fortifiées remplacent les environnements technologiques des épisodes futuristes. La direction artistique privilégie des tons souvent froids ou terreux et une violence plus lourde afin de renforcer la sensation d’un conflit éprouvant.
La campagne ne se limite cependant pas au point de vue américain. Certaines séquences introduisent d’autres acteurs du conflit, notamment Rousseau au sein de la Résistance française et Crowley du Special Operations Executive britannique. Leur présence élargit ponctuellement le regard porté sur l’avancée alliée sans remettre en cause Daniels et son unité comme centre du récit.
L’écriture insiste davantage sur la camaraderie que sur les enjeux géopolitiques. Les relations entre Daniels, Zussman, Turner et Pierson occupent une place plus importante que l’analyse du conflit lui-même. Cette orientation rend la campagne facile à suivre et donne du poids à plusieurs événements personnels, mais elle repose aussi sur une représentation volontairement classique du récit de soldats avançant ensemble à travers la guerre.
Le multijoueur poursuit ce retour à un combat plus traditionnel. Les affrontements abandonnent les déplacements futuristes et retrouvent un rythme fondé sur la course, le positionnement, les armes à feu et les équipements de la Seconde Guerre mondiale. Le système des Divisions organise initialement la personnalisation autour de différentes spécialisations militaires et remplace en partie le fonctionnement classique des classes.
War constitue l’une des principales nouveautés. Ce mode oppose deux équipes autour d’une succession d’objectifs scénarisés, comme attaquer ou défendre des positions, construire des éléments ou accompagner une progression à travers la carte. La victoire dépend davantage de l’accomplissement de ces objectifs que du nombre individuel d’éliminations, ce qui donne aux parties une structure différente des modes compétitifs traditionnels.
Headquarters apporte une autre idée inhabituelle pour la série à cette période. Cet espace social permet aux joueurs de se retrouver entre les parties, d’accéder à différentes activités et de préparer leur progression multijoueur dans un environnement partagé. Son fonctionnement a évolué après la sortie, mais le concept marque une tentative d’intégrer davantage la communauté directement dans l’interface du jeu.
Le troisième pilier est Nazi Zombies. Entièrement séparé de la campagne historique, ce mode coopératif suit une équipe partie récupérer des œuvres d’art volées pendant la guerre avant de découvrir, dans le village allemand de Mittelburg, des expériences liées à une armée de morts-vivants. Sledgehammer adopte une esthétique plus proche de l’horreur que celle de plusieurs incarnations précédentes du mode Zombies, avec des environnements sombres et une place importante accordée à l’exploration et aux secrets.
Ces trois composantes donnent à Call of Duty: WWII des identités assez différentes. La campagne privilégie le récit militaire et la camaraderie, le multijoueur revient à une compétition terrestre rapide, tandis que Nazi Zombies assume un univers horrifique indépendant. Le lien entre elles vient surtout de leur utilisation commune de la Seconde Guerre mondiale comme cadre visuel et matériel.
Ce qu'il faut retenir
- Un retour de Call of Duty à la Seconde Guerre mondiale après plusieurs épisodes consacrés aux conflits modernes ou futuristes.
- Une campagne principalement centrée sur Ronald « Red » Daniels, jeune soldat de la 1re division d’infanterie américaine.
- Un parcours allant du Débarquement de Normandie à l’avancée alliée en Allemagne, avec notamment Paris, la forêt de Hürtgen et la bataille des Ardennes.
- Une narration qui accorde une place importante à l’escouade de Daniels, en particulier Zussman, Turner et Pierson.
- Un multijoueur revenu à des déplacements entièrement terrestres, avec le système des Divisions et le mode à objectifs War.
- Headquarters comme espace social destiné à réunir les joueurs et différentes fonctions du multijoueur.
- Un mode Nazi Zombies coopératif indépendant de la campagne, construit autour d’une histoire horrifique située en Allemagne.
Conclusion
Call of Duty: WWII repose sur une volonté claire de renouer avec une partie de l’identité historique de la série. Le retour au front européen et à un combat entièrement terrestre intervient après plusieurs épisodes ayant progressivement développé des mouvements et des technologies futuristes. Sledgehammer Games choisit ainsi une formule plus familière, mais la replace dans une production bénéficiant de la mise en scène spectaculaire acquise par la franchise au fil des années.
La campagne fonctionne surtout grâce à la continuité de son escouade. Daniels, Zussman, Turner et Pierson donnent un fil humain aux différentes batailles et permettent au récit de conserver une direction malgré les changements réguliers de lieux. Cette approche reste très classique et la progression fortement scénarisée offre peu de liberté, mais elle correspond à l’ambition d’un récit de guerre centré sur la camaraderie et les conséquences du combat sur un groupe de soldats.
Le multijoueur apporte davantage d’expérimentation avec War et Headquarters. Le premier développe des affrontements organisés autour d’objectifs successifs, tandis que le second cherche à donner une présence concrète à l’espace communautaire. Ces idées accompagnent un retour à des mouvements plus simples et à des affrontements débarrassés des capacités futuristes des épisodes précédents.
Nazi Zombies complète l’ensemble avec une proposition beaucoup plus libre vis-à-vis de l’Histoire. Son esthétique horrifique et son scénario indépendant permettent au jeu de conserver la tradition coopérative du mode Zombies tout en développant une identité adaptée à cet épisode.
Call of Duty: WWII ne cherche donc pas à réinventer entièrement la série. Son intérêt vient davantage de la manière dont il adapte les mécanismes modernes de Call of Duty à un cadre historique qui avait progressivement disparu de la franchise. Ce retour aux origines reste très cinématographique et parfois conventionnel, mais il donne à l’épisode une identité nettement distincte au sein de la période des années 2010.
À savoir
- Call of Duty: WWII est développé par Sledgehammer Games et publié par Activision.
- Le jeu est sorti le 3 novembre 2017 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.
- La campagne suit principalement le soldat Ronald « Red » Daniels de la 1re division d’infanterie américaine.
- L’histoire commence lors du Débarquement de Normandie et accompagne l’avancée alliée à travers l’Europe jusqu’en Allemagne.
- Les trois grandes composantes du jeu sont la campagne, le multijoueur et le mode coopératif Nazi Zombies.
- Le multijoueur introduit notamment War, les Divisions et Headquarters.
- Quatre packs de contenu additionnel ont ensuite ajouté de nouvelles cartes multijoueur, de nouvelles opérations War et de nouveaux chapitres pour Nazi Zombies.