Synopsis
Enlevé à bord d’un vaisseau des flagelleurs mentaux, votre personnage se réveille avec un parasite illithid implanté directement dans le cerveau. Cette créature devrait progressivement provoquer une céréomorphose : une transformation irréversible qui ferait de son hôte un nouveau flagelleur mental.
Après le crash du vaisseau, plusieurs survivants découvrent qu’ils partagent le même problème. Parmi eux se trouvent Shadowheart, Lae'zel, Astarion, Gale, Wyll et Karlach, des individus aux origines, convictions et secrets très différents qui peuvent rejoindre le groupe au cours de l’aventure.
Pourtant, la transformation attendue ne se produit pas normalement. Les parasites semblent au contraire conférer d’étranges capacités tandis qu’une puissance mystérieuse appelée l’Absolue rassemble autour d’elle cultistes, gobelins et créatures portant parfois le même parasite.
Commence alors un voyage à travers les Royaumes Oubliés pour comprendre l’origine de cette infection et trouver un moyen d’y survivre. Résister au pouvoir du parasite, l’exploiter ou s’abandonner progressivement à son influence devient l’une des nombreuses décisions capables de transformer le chemin vers la Porte de Baldur — et ceux qui arriveront encore à vos côtés lorsque vous l’atteindrez.
Présentation
Baldur's Gate 3 ressemble parfois moins à un RPG traditionnel qu’à un maître de jeu qui aurait accepté de répondre « essaye » à presque toutes les mauvaises idées de ses joueurs.
Larian Studios reprend l’univers de Donjons & Dragons et une grande partie des principes de sa cinquième édition pour construire un RPG basé sur le groupe, les jets de dés, les compétences, les sorts, les classes et les combats au tour par tour. Mais réduire le jeu à une adaptation numérique de règles de jeu de rôle manquerait précisément ce qui fait sa particularité.
Sa force repose sur la manière dont ces règles communiquent entre elles.
Une porte peut être crochetée, forcée, contournée, détruite ou parfois simplement ignorée en trouvant un autre passage. Un personnage peut convaincre un garde, lire ses pensées, se déguiser, devenir invisible ou déclencher un combat qu’un autre joueur ne verra peut-être jamais. Une caisse peut devenir une marche. Une flaque d’eau peut être électrifiée. Un personnage suffisamment fort peut parfois résoudre un problème en projetant quelqu’un dans le vide.
Le combat reprend cette même philosophie. Les affrontements se déroulent au tour par tour avec actions, actions bonus, réactions, déplacements, sorts, avantages, désavantages et jets de sauvegarde inspirés de D&D. Mais l’environnement occupe une place suffisamment importante pour que la meilleure attaque ne soit pas toujours celle qui possède les plus gros chiffres.
La verticalité, les surfaces, la lumière, les précipices, les objets et la position des personnages peuvent complètement modifier une rencontre. Un combat difficile peut être transformé avant même son commencement simplement parce qu’un joueur a observé la pièce autrement.
Cette liberté s’étend aux conversations. De nombreux dialogues utilisent les caractéristiques, compétences, classes, races, connaissances ou situations particulières du personnage. Le fameux d20 apparaît alors directement à l’écran : persuasion, intimidation, tromperie ou investigation ne garantissent rien. Même une excellente idée peut échouer.
Et Baldur's Gate 3 comprend que l’échec peut être intéressant.
Une mauvaise décision ou un jet raté ne conduit pas nécessairement à un écran de game over. Il peut ouvrir une nouvelle conversation, déclencher un combat, fermer une quête, révéler un autre chemin ou produire une situation suffisamment étrange pour que le joueur décide simplement de continuer avec les conséquences.
Ce qu'il faut retenir
- Le jeu adapte largement les principes de Donjons & Dragons 5e. Classes, caractéristiques, sorts, jets de dés, compétences, avantages et combats au tour par tour structurent l’expérience.
- Les situations possèdent souvent plusieurs solutions. Dialogue, infiltration, magie, exploration, manipulation de l’environnement ou violence peuvent ouvrir des chemins très différents.
- Les compagnons constituent une part essentielle du récit. Leurs histoires personnelles, convictions, relations et réactions évoluent en fonction des décisions prises au cours de l’aventure.
- Les choix ne se limitent pas aux grandes décisions scénaristiques. De nombreuses conséquences proviennent de dialogues secondaires, de personnages sauvés ou abandonnés, de lieux visités et même d’événements apparemment insignifiants.
- Le multijoueur fait partie intégrante du jeu. Jusqu’à quatre joueurs peuvent partager une campagne en ligne, et le Patch 8 a ajouté le cross-play entre PC, Mac, PlayStation 5 et Xbox Series.
- Le jeu continue d’accepter l’imprévu. Les systèmes sont suffisamment ouverts pour produire des solutions et des situations que les développeurs ont dû anticiper sans pour autant imposer une seule bonne manière de jouer.
Avis PANACHES
Le véritable exploit de Baldur's Gate 3 n’est peut-être pas son nombre de choix. C’est le nombre de fois où le jeu réussit à donner l’impression qu’il avait prévu le vôtre.
Beaucoup de RPG promettent que les décisions comptent. Quelques dialogues deviennent rouges ou verts. Une faction vous aime davantage. Une cinématique change à la fin.
Larian pousse l’idée beaucoup plus loin.
Vous déplacez un objet qui semblait appartenir au décor et découvrez un passage. Vous utilisez un sort normalement destiné au combat dans une conversation. Vous éliminez un personnage que le scénario paraissait considérer comme important et le jeu cherche malgré tout comment continuer. Vous sauvez quelqu’un au début de l’aventure et le retrouvez plusieurs dizaines d’heures plus tard dans une situation qui n’aurait jamais existé sans cette première intervention.
Cette réactivité crée une sensation assez rare : le monde ne semble pas seulement contenir des choix, il semble se souvenir que vous êtes passé par là.
Évidemment, l’illusion possède des limites. Il existe toujours des rails, des événements nécessaires, des portes que le scénario doit finir par refermer. Mais elles deviennent beaucoup plus difficiles à voir parce que Larian construit autour d’elles une quantité presque absurde de chemins secondaires.
Cette philosophie fonctionne particulièrement bien avec les compagnons.
Shadowheart, Lae'zel, Astarion, Gale, Wyll et Karlach pourraient facilement devenir une galerie de personnages conçus pour cocher les grandes cases du groupe de fantasy. Le guerrier. Le mage. Le vampire. La prêtresse mystérieuse.
Ils deviennent intéressants lorsque leurs certitudes commencent à se fissurer.
Le joueur peut les soutenir, les contredire, les aimer, les manipuler, les abandonner ou parfois les pousser dans une direction dont les conséquences ne deviennent visibles que bien plus tard. Certaines relations peuvent devenir profondément différentes d’une partie à l’autre parce que les personnages eux-mêmes ne terminent pas nécessairement l’aventure avec les mêmes convictions.
Le jeu possède également une qualité beaucoup plus simple : il est extrêmement amusant de toucher aux choses.
Baldur's Gate 3 récompense constamment la curiosité. Ouvrir une trappe. Parler à un animal. Examiner une statue. Déplacer des caisses. Boire une potion douteuse. Se transformer en petite créature pour entrer dans un trou absurde. Utiliser un sort de manière manifestement non prévue par son intitulé.
Cette liberté permet au jeu de retrouver quelque chose que beaucoup d’adaptations numériques du jeu de rôle perdent : le plaisir de demander au maître de jeu « est-ce que je peux essayer ça ? ».
Le tour par tour joue un rôle essentiel dans cette philosophie. Il laisse le temps d’observer, de réfléchir et de bricoler une solution plutôt que de simplement réagir. Certaines batailles ressemblent moins à des tests de puissance qu’à de petites expériences physiques où quelques mètres de hauteur et un sort bien placé peuvent valoir davantage qu’une meilleure épée.
Tout n’est pas léger pour autant.
L’interface doit contenir une quantité impressionnante d’objets, compétences, sorts et règles. La gestion de l’inventaire peut rapidement ressembler à une seconde profession. Certaines interactions système demandent une connaissance que le jeu n’explique pas toujours parfaitement, et la densité des possibilités peut être aussi intimidante qu’enthousiasmante.
L’acte final concentre également une quantité énorme de personnages et de quêtes dans la Porte de Baldur. Cette abondance correspond presque logiquement à tout ce que les dizaines d’heures précédentes ont construit, mais elle peut donner l’impression d’arriver dans une ville où chaque personne rencontrée possède soudain trois problèmes urgents à résoudre.
Puis il reste les dés.
Ils peuvent transformer une préparation parfaite en catastrophe sur un résultat ridicule.
Et c’est très bien ainsi.
Parce que la grande idée de Baldur's Gate 3 n’est finalement pas que chaque décision doit produire le résultat désiré. C’est que chaque décision mérite une conséquence intéressante.
Le RPG devient alors moins une histoire que le joueur doit découvrir qu’un espace dans lequel il doit accepter de laisser une histoire se fabriquer.
Baldur's Gate 3 ne demande pas seulement : « Quel héros voulez-vous incarner ? » Il demande beaucoup plus souvent : « Très bien. Vous avez vraiment fait ça. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec les conséquences ? »
Et quelque part derrière l’écran, on imagine presque un maître de jeu sourire avant de lancer un dé.
À savoir
- Baldur's Gate 3 est développé et édité par Larian Studios, studio fondé en 1996 à Gand, en Belgique, et devenu depuis un réseau international de plusieurs studios.
- Le développement du projet a commencé plusieurs années avant sa sortie. Une première petite équipe travaillait déjà sur l’histoire et le game design fin 2016, avant l’accord officiel de Wizards of the Coast en 2017.
- Une version en accès anticipé a été lancée le 6 octobre 2020 sur PC et Mac. Elle a permis à Larian de développer et tester une partie importante des systèmes avant la version définitive.
- La version complète est sortie sur PC le 3 août 2023, puis sur PlayStation 5 le 6 septembre 2023.
- La version complète pour Mac est arrivée avec le Patch 3 le 22 septembre 2023.
- Baldur's Gate 3 est ensuite sorti sur Xbox Series X|S le 8 décembre 2023.
- Le jeu utilise le Divinity 4.0 Engine, une nouvelle évolution du moteur propriétaire de Larian.
- La campagne peut être jouée en solo ou en coopération. Le multijoueur en ligne accueille jusqu’à quatre joueurs, tandis que le jeu propose également du multijoueur local en écran partagé sur les plateformes compatibles.
- Le Patch 8 est sorti le 15 avril 2025. Présenté par Larian comme la dernière mise à jour majeure du jeu, il a ajouté le cross-play, un mode photo, 12 nouvelles sous-classes, des améliorations du support des mods et l’écran partagé sur Xbox Series S.
- Larian a continué à publier de petits correctifs après le Patch 8. Le site officiel répertorie encore des hotfixes en 2025 et 2026, dont le Hotfix 36 du 26 mars 2026.
- En septembre 2025, Baldur's Gate 3 a également reçu une version Steam Deck native.
- Baldur's Gate 3 a remporté le titre Game of the Year aux Game Awards 2023.
- Aux BAFTA Games Awards 2024, il a notamment remporté Best Game, Music et Narrative, ainsi que le prix du meilleur second rôle pour Andrew Wincott et le EE Players' Choice Award.