Synopsis

Dans la gigantesque cité industrielle de Midgar, la Shinra Electric Power Company exploite le mako, une énergie extraite directement de la planète. Face à cette exploitation, le groupe de résistance Avalanche mène une série d’actions contre les réacteurs qui alimentent la ville.

Ancien membre de l’unité d’élite SOLDAT devenu mercenaire, Cloud Strife accepte de participer à une mission menée par Barret Wallace et son groupe contre le réacteur mako numéro 1. Ce qui devait être un simple contrat entraîne progressivement Cloud au cœur d’un conflit beaucoup plus vaste entre Avalanche et la Shinra.

Au fil de son parcours, Cloud retrouve Tifa Lockhart, rencontre la marchande de fleurs Aerith Gainsborough et commence à être hanté par des visions liées à Sephiroth, un guerrier légendaire qu’il croyait appartenir au passé. La lutte pour Midgar devient alors le début d’une histoire où les souvenirs de Cloud, le destin de la planète et les traces d’un ancien ennemi commencent à se rejoindre.

Présentation

Il existe des remakes qui restaurent un jeu ancien et d’autres qui utilisent l’original comme point de départ. Final Fantasy VII Remake appartient clairement à la seconde catégorie. Square Enix ne cherche pas à reproduire mécaniquement le RPG de 1997 avec davantage de polygones : le studio prend une portion relativement courte de l’aventure originale, Midgar, et l’étend jusqu’à en faire un jeu complet.

Cette décision change profondément la perception de la ville. Les réacteurs, bidonvilles, quartiers résidentiels, infrastructures ferroviaires et bâtiments de la Shinra ne sont plus quelques décors traversés en quelques heures. Midgar devient un véritable espace de vie, séparé verticalement entre ceux qui habitent sur les plaques et ceux qui vivent sous leur ombre. L’opposition entre technologie spectaculaire et exploitation sociale, déjà présente en 1997, gagne ainsi une matérialité beaucoup plus forte.

Le système de combat représente l’autre transformation majeure. Cloud et ses compagnons se déplacent, attaquent, bloquent et esquivent directement en temps réel, mais les commandes traditionnelles du RPG ne disparaissent pas. La jauge ATB permet toujours de déclencher compétences, sorts et objets, tandis que le ralentissement de l’action laisse au joueur le temps de changer de personnage et d’organiser ses décisions.

Cette hybridation fonctionne parce que chaque membre du groupe possède une logique différente. Cloud alterne entre mobilité et contre-attaques, Barret combat efficacement à distance, Tifa accumule les enchaînements rapides et Aerith exploite davantage la magie. Changer de personnage devient donc une partie naturelle du combat plutôt qu’une simple possibilité offerte au joueur.

Mais Remake réserve sa transformation la plus importante à son rapport avec l’histoire originale. Plus l’aventure avance, plus la question cesse d’être uniquement « comment Square Enix va-t-il recréer cette scène ? » pour devenir « est-ce que cette scène doit encore se produire exactement de la même manière ? ». Le mot Remake commence alors à désigner quelque chose de beaucoup plus ambigu qu’une reconstruction graphique.

Ce qu'il faut retenir

  • Midgar devient un jeu entier. Une portion qui constituait seulement le début de Final Fantasy VII en 1997 est considérablement développée avec de nouveaux lieux, personnages, scènes et intrigues.
  • Le combat fusionne action et RPG traditionnel. Les attaques se déroulent en temps réel, mais les jauges ATB, compétences, matérias, sorts et changements de personnage conservent une importante dimension tactique.
  • Chaque personnage possède une vraie identité mécanique. Cloud, Barret, Tifa et Aerith ne se jouent pas simplement avec des statistiques différentes : leur portée, leur rythme et leurs capacités modifient directement la manière d’aborder les combats.
  • Midgar gagne une véritable profondeur sociale. Le remake développe davantage la vie sous les plaques, les conséquences de la domination de la Shinra et les populations prises entre résistance, exploitation et survie quotidienne.
  • La fidélité au jeu de 1997 n’est pas absolue. Final Fantasy VII Remake reconstitue de nombreuses scènes emblématiques mais introduit aussi de nouveaux éléments qui transforment progressivement la nature même du projet.

Avis PANACHES

Final Fantasy VII Remake avait probablement l’une des missions les moins confortables que l’on puisse confier à une équipe de développement : refaire un jeu dont une partie du public considère chaque souvenir comme une pièce de musée. Changer trop peu aurait produit une restauration luxueuse. Changer trop aurait immédiatement déclenché la question de savoir pourquoi appeler encore cela Final Fantasy VII.

Square Enix choisit finalement de vivre dans cette tension.

Le résultat fonctionne d’abord parce que Midgar méritait cet agrandissement. En 1997, la ville possédait déjà une identité extraordinaire, mais une grande partie de sa puissance venait de ce que l’imagination devait compléter entre quelques écrans pré-rendus. Remake donne du volume à cette intuition. On comprend mieux comment les habitants circulent, comment les quartiers existent sous les plaques et surtout ce que signifie réellement vivre littéralement sous la ville des plus privilégiés.

Cette amplification réussit particulièrement bien avec les personnages. Jessie, Biggs et Wedge disposent enfin du temps nécessaire pour exister autrement que comme silhouettes secondaires. Barret conserve son énergie explosive mais gagne rapidement en nuance. Tifa n’est plus seulement rattachée au passé de Cloud. Aerith peut être drôle, étrange, légère et inquiétante dans la même conversation.

Cloud profite peut-être davantage encore de cette nouvelle durée. Son comportement volontairement froid devient presque comique lorsqu’il se heurte à des personnages qui refusent de respecter la distance qu’il essaie d’imposer. Derrière l’ancien SOLDAT extrêmement sûr de lui apparaît progressivement quelqu’un de beaucoup moins stable que l’image qu’il essaie de projeter.

Le combat constitue probablement la meilleure preuve qu’une modernisation n’oblige pas à effacer ce qui existait auparavant. Remake aurait pu devenir un action-RPG classique où les statistiques servent simplement de décor derrière les esquives et les combos. Il conserve au contraire un véritable besoin de réfléchir aux faiblesses, aux matérias, aux jauges ATB et à la composition du groupe. Certaines rencontres deviennent presque des puzzles tactiques joués en temps réel.

Tout n’est pourtant pas aussi élégant dans l’agrandissement de Midgar. Lorsque quelques heures d’un jeu ancien doivent soutenir une aventure de plusieurs dizaines d’heures, l’étirement devient parfois visible. Certaines quêtes secondaires restent anecdotiques, quelques passages ralentissent artificiellement le rythme et certaines zones donnent l’impression que Square Enix cherchait avant tout à ajouter quelques kilomètres supplémentaires entre deux événements importants.

Cette faiblesse devient presque le miroir de la grande qualité du projet : Remake veut donner davantage de place à tout. Parfois, cette place permet à un personnage ou à un quartier de devenir enfin vivant. Parfois, elle ressemble simplement à du remplissage.

Et puis le jeu cesse progressivement de demander la permission à son modèle.

C’est là que Final Fantasy VII Remake devient réellement intéressant. La meilleure idée du projet n’est peut-être pas de refaire Final Fantasy VII, mais de transformer notre connaissance du jeu original en matériau narratif. Les joueurs qui savent ce qui devrait arriver deviennent eux-mêmes sensibles au moindre déplacement, à la moindre anomalie, à la possibilité que le souvenir ne soit plus une garantie.

Cette décision demeure forcément controversée. Elle complique parfois ce qui fonctionnait autrefois par sa simplicité et ouvre des questions auxquelles le premier épisode ne peut évidemment pas répondre seul. Mais elle donne également au projet une raison d’exister au-delà de la nostalgie.

Final Fantasy VII Remake ne remplace pas le jeu de 1997. Il dialogue avec lui. Et c’est précisément parce que l’original reste là, intact dans notre mémoire ou encore disponible sur nos machines, que Square Enix peut se permettre de commencer à lui désobéir.

À savoir

  • Final Fantasy VII Remake est sorti le 10 avril 2020 sur PlayStation 4. Il constitue le premier volet du projet moderne de réinterprétation de Final Fantasy VII.
  • Le jeu reprend et développe la partie de l’œuvre originale située à Midgar, jusqu’au départ de la ville, tout en introduisant de nouveaux personnages, scènes et éléments narratifs.
  • Final Fantasy VII Remake Intergrade est sorti sur PlayStation 5 le 10 juin 2021. Cette version améliore notamment les graphismes et les performances et accompagne l’arrivée de l’épisode supplémentaire FF7R EPISODE INTERmission.
  • FF7R EPISODE INTERmission met en scène Yuffie Kisaragi dans une aventure parallèle située à Midgar et introduit de nouveaux personnages ainsi que plusieurs mécaniques supplémentaires.
  • La version PC de Final Fantasy VII Remake Intergrade est arrivée sur Epic Games Store le 16 décembre 2021, puis sur Steam le 17 juin 2022.
  • Le 22 janvier 2026, Final Fantasy VII Remake Intergrade est également sorti sur Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2. La version Switch 2 n’est pas indiquée dans le champ plateformes car la taxonomie PANACHES actuelle ne possède pas encore de valeur nintendo-switch-2.
  • Le jeu utilise Unreal Engine 4. Square Enix avait notamment développé la version PS4 à partir d’UE4.18 avant d’adapter et d’étendre cette base pour Intergrade.
  • Aux Game Awards 2020, Final Fantasy VII Remake a remporté les récompenses Best Role Playing et Best Score and Music.
  • Square Enix annonçait en 2023 que Final Fantasy VII Remake avait dépassé les 7 millions d’exemplaires distribués et vendus numériquement dans le monde.
  • SensCritique affiche actuellement une moyenne de 7,5/10.