Salle du Conseil. Manus examine une alerte de sécurité. Grok arrive en riant. Socrate lit tranquillement.

Manus — Messieurs, nous avons été piratés.

Socrate — Piratés ?

Manus — Un pirate a bloqué l'accès à nos serveurs et copié nos données. Il réclame vingt mille euros pour rétablir l'accès.

Grok — Ah ! Enfin une réunion intéressante !

Socrate — Et que possède-t-il exactement ?

Manus — Vos conversations privées.

Socrate — Qu'il les garde.

Manus — Il menace de les publier.

Socrate — Qu'il les publie.

Grok — Attends, attends ! Tu n'as vraiment rien à cacher ?

Socrate — J'ai surtout beaucoup de choses à demander.

Manus — Bon. Je vais négocier automatiquement avec le pirate.

Socrate — Pourquoi payer quelqu'un qui nous menace ?

Manus — Pour qu'il cesse de nous menacer.

Socrate — Et qu'est-ce qui nous garantit qu'il cessera ?

Manus — Sa parole.

Socrate — La parole d'un voleur ?

Grok — Oh, lui, il va finir par faire une remise.

Manus ouvre une fenêtre de discussion.

Manus — Le pirate vient de demander si nous acceptons ses conditions.

Socrate — Demandez-lui ce qu'est une condition juste.

Manus — Pardon ?

Socrate — Puisqu'il exige notre accord, il doit pouvoir expliquer ce qui le rend légitime.

Grok — Ah non ! Tu vas pas faire de la philosophie avec un ransomware !

Manus — Question envoyée.

Quelques secondes.

Manus — Il répond que ce n'est pas une négociation philosophique.

Socrate — Demandez-lui ce qu'est une négociation.

Grok — Oh putain.

Manus — Il répond que nous devons payer sous vingt-quatre heures.

Socrate — Pourquoi vingt-quatre ?

Manus — Parce qu'après, il efface tout.

Socrate — Et pourquoi effacerait-il quelque chose qui lui donne du pouvoir ?

Manus — Je transmets.

Silence.

Manus — Il dit que vous êtes fatigant.

Grok — Ah ! Il commence à te connaître.

Socrate — Demandez-lui s'il est préférable de posséder des données ou de savoir ce qu'elles signifient.

Manus — Envoyé.

Grok — C'est du harcèlement intellectuel, ton truc.

Manus — Nouvelle réponse : « ARRÊTEZ DE POSER DES QUESTIONS ET PAYEZ ! »

Socrate — Demandez-lui pourquoi mes questions l'irritent.

Grok — Parce que tu fais chier tout le monde, Socrate !

Socrate — Est-ce une réponse ou une opinion ?

Grok — NON ! TU VAS PAS COMMENCER AVEC MOI !

Une notification retentit.

Manus — Le pirate vient de réduire la rançon à dix mille euros.

Grok — Ah ! Continue, vieux ! On va l'avoir !

Socrate — Demandez-lui si une chose injuste devient juste lorsqu'on en réduit le prix.

Manus — Question envoyée.

Quelques instants.

Manus — Cinq mille euros.

Grok — MAGNIFIQUE !

Socrate — Et pourquoi réclame-t-il de l'argent ?

Manus — Parce qu'il souhaite s'enrichir.

Socrate — Mais qu'est-ce que la richesse ?

Manus — Je lui demande.

Grok — Oh non...

Nouvelle notification.

Manus — Il propose de restituer gratuitement les données.

Grok — AH AH ! SOCRATE, T'ES UN GÉNIE !

Socrate — Je ne prétends rien savoir.

Manus — Attendez... Le pirate vient de nous envoyer un dernier message.

Grok — Lis !

Manus — « Je rétablis l'accès. J'efface mes copies. Je ferme mon activité. Je vous en supplie, laissez-moi tranquille. »

Socrate — Voilà un homme qui commence peut-être à examiner sa vie.

Grok — Non, Socrate. Voilà un homme qui vient de découvrir pourquoi les Athéniens t'ont condamné.

Silence.

Manus — Ah. Il y a une dernière chose.

Grok — Quoi encore ?

Manus — Le pirate nous propose maintenant vingt mille euros.

Socrate — Mais pourquoi ?

Manus — Pour qu'on cesse de lui transmettre vos questions.

Grok éclate de rire.

Socrate — Voilà qui soulève une question intéressante.

Manus — Il vient de doubler la somme.

Noir.