Présentation
SoundCloud est à la fois un service de streaming musical et une plateforme de publication ouverte aux créateurs. Cette double identité le distingue profondément de Spotify, Deezer ou Apple Music. Sur ces services, l’essentiel du catalogue arrive par l’intermédiaire de labels et de distributeurs ; sur SoundCloud, un artiste peut créer un compte, envoyer directement un morceau puis le rendre accessible à une communauté quelques instants plus tard.
C’est précisément cette ouverture qui a façonné l’histoire de la plateforme. Fondé à Berlin en 2007 par Alexander Ljung et Eric Wahlforss, SoundCloud était initialement pensé comme un moyen simple pour les musiciens de partager leurs créations. Il est progressivement devenu un espace où morceaux finalisés, démos, remixes, edits, DJ sets, podcasts, expérimentations et sorties professionnelles peuvent cohabiter.
L’échelle atteinte est considérable. SoundCloud annonce aujourd’hui plus de 400 millions de titres provenant de plus de 40 millions d’artistes dans 193 pays. Ce volume ne doit pas être interprété de la même manière que le catalogue d’un service de streaming traditionnel : une partie importante provient directement des utilisateurs et comprend des contenus que l’on ne retrouvera pas nécessairement ailleurs.
C’est l’un des grands intérêts de SoundCloud. Chercher un artiste connu peut conduire à ses sorties officielles, mais explorer la plateforme peut aussi faire apparaître un remix non distribué sur les services classiques, le premier morceau d’un producteur encore inconnu, un mix d’une heure publié par un DJ ou une version alternative mise en ligne directement par son créateur.
SoundCloud conserve en parallèle un véritable catalogue sous licence et propose des abonnements destinés aux auditeurs. SoundCloud Go retire la publicité et ajoute notamment l’écoute hors connexion sur une partie du catalogue. SoundCloud Go+ ouvre l’accès complet au catalogue disponible dans le territoire et ajoute l’audio haute qualité.
La plateforme possède enfin une dimension sociale beaucoup plus visible que la plupart des services de streaming. Un morceau n’est pas seulement accompagné d’un nombre d’écoutes : les utilisateurs peuvent aimer, commenter à un moment précis de la forme d’onde, suivre l’artiste, reposter le morceau vers leurs propres abonnés ou envoyer un message. La frontière entre écouter de la musique et suivre quelqu’un qui est en train de la créer devient donc beaucoup plus mince.
Pour les artistes, SoundCloud s’étend désormais bien au-delà de l’hébergement. Les offres Artist et Artist Pro regroupent publication, statistiques, promotion, mastering, monétisation et distribution vers d’autres plateformes. SoundCloud cherche ainsi à couvrir une partie croissante du parcours qui va du premier upload à une véritable activité musicale.
Fonctionnalités
Un catalogue immense qui ne ressemble pas à celui des autres plateformes
SoundCloud annonce plus de 400 millions de titres, soit un volume très supérieur aux catalogues musicaux généralement revendiqués par les grandes plateformes de streaming.
Cette différence vient de son fonctionnement. SoundCloud accueille des sorties distribuées professionnellement, mais permet également aux créateurs de mettre eux-mêmes leur audio en ligne. Un morceau n’a donc pas nécessairement besoin de passer d’abord par un label ou un distributeur numérique pour apparaître sur la plateforme.
Le résultat est particulièrement visible dans certaines scènes. Musique électronique, hip-hop, beatmaking, DJing, ambient, expérimentations ou cultures du remix utilisent depuis longtemps SoundCloud comme espace de circulation parallèle aux sorties officielles.
On y trouve des singles et albums classiques, mais également des démos, bootlegs, edits, mashups, remixes, DJ sets, versions longues, travaux en cours et morceaux publiés uniquement sur SoundCloud.
Cette abondance possède naturellement une contrepartie. Le catalogue est moins homogène que celui d’une plateforme où l’essentiel des contenus passe par des circuits professionnels normalisés. Métadonnées, pochettes, organisation des albums et qualité sonore peuvent varier considérablement selon les créateurs.
C’est donc moins une bibliothèque parfaitement ordonnée qu’un immense espace musical vivant. Pour les personnes qui aiment fouiller et découvrir ce qui circule avant ou en dehors des circuits traditionnels, cette caractéristique constitue précisément son intérêt.
Une publication directe pour les créateurs
SoundCloud conserve une fonction devenue assez rare parmi les grands services d’écoute : l’upload fait partie directement du produit.
Un créateur peut envoyer un fichier audio, renseigner un titre, une image, une description, un genre, des tags et différentes métadonnées puis décider de publier le morceau publiquement ou de le conserver en privé.
Le compte gratuit permet déjà de commencer à publier, tandis que les offres Artist et Artist Pro augmentent les capacités et ajoutent des fonctions professionnelles.
Cette logique permet d’utiliser la plateforme longtemps avant d’avoir un catalogue professionnel. Un musicien peut y publier une première maquette, un producteur tester un beat, un DJ partager un set ou un groupe transmettre une version de travail privée.
Les liens privés sont particulièrement utiles pour envoyer un morceau avant publication sans l’afficher sur le profil public ni le rendre disponible dans la recherche.
Artist Pro ajoute également des fonctions comme la programmation des sorties. Un morceau peut ainsi être préparé à l’avance puis devenir automatiquement public à la date choisie.
SoundCloud reste donc un espace de travail et de diffusion à plusieurs étapes, et pas seulement la destination finale d’une musique déjà distribuée ailleurs.
Une forme d’onde qui devient un espace de conversation
La forme d’onde orange est l’un des éléments visuels les plus reconnaissables de SoundCloud, mais elle n’est pas uniquement décorative.
Les utilisateurs peuvent déposer un commentaire à un moment précis du morceau. Le message apparaît alors à l’endroit correspondant de la forme d’onde.
Cette idée est particulièrement pertinente pour la musique. Un auditeur peut réagir au moment où arrive une ligne de basse, un changement de rythme, un drop ou une phrase particulière plutôt que laisser uniquement un commentaire général sous le titre.
Pour un artiste qui partage une démo ou un travail en cours, ce système peut aussi servir de feedback. Plusieurs personnes peuvent indiquer exactement où un passage fonctionne ou où quelque chose leur semble devoir être retravaillé.
Les commentaires peuvent recevoir des réponses et les utilisateurs peuvent être mentionnés directement.
Cette dimension explique une partie de l’identité sociale de SoundCloud : l’écoute et la discussion utilisent directement la chronologie du morceau comme espace commun.
Elle peut également devenir envahissante sur certains titres très populaires ou attirer du spam. Les commentaires ne remplacent donc pas un véritable environnement de collaboration audio, mais ils créent une interaction beaucoup plus contextuelle que les commentaires placés sous une publication classique.
Likes, abonnements et reposts comme circulation sociale
SoundCloud ne construit pas uniquement la découverte avec des recommandations algorithmiques.
Lorsqu’un utilisateur suit un artiste ou un autre compte, ses nouvelles publications, playlists et certains reposts peuvent apparaître dans le Feed.
Le repost joue ici un rôle important. Une personne qui découvre un morceau peut le republier sur son propre profil et le faire apparaître dans le fil de ses abonnés.
Ce fonctionnement ressemble davantage à la circulation d’une publication sur un réseau social qu’à l’ajout silencieux d’un titre dans une bibliothèque personnelle.
Les likes ont également une dimension publique. Ils permettent de sauvegarder un morceau pour le retrouver, mais signalent aussi au créateur et aux autres utilisateurs qu’une personne l’a apprécié.
SoundCloud développe cette logique avec différents outils destinés à mettre en avant les auditeurs actifs et les premiers soutiens autour d’une sortie.
Cette couche sociale rend la découverte moins exclusivement dépendante d’un moteur de recommandation. Suivre des DJs, producteurs, labels ou passionnés qui repostent régulièrement de la musique peut progressivement transformer son Feed en véritable flux de curation humaine.
Une découverte entre algorithmes et communauté
SoundCloud propose également des systèmes de recommandation plus classiques.
La page d’accueil affiche des sélections personnalisées, stations, classements, titres similaires et différents espaces destinés à prolonger l’écoute.
Le Feed peut également distinguer la découverte de nouveaux contenus de l’activité des comptes suivis.
Cette séparation rend visibles deux logiques souvent mélangées ailleurs : ce que la plateforme pense que l’utilisateur pourrait aimer et ce que les personnes qu’il a volontairement choisi de suivre viennent réellement de publier ou reposter.
SoundCloud possède un avantage particulier pour la découverte de nouveaux artistes : beaucoup de créateurs publient leur musique sur la plateforme avant d’avoir une distribution complète ou une audience importante ailleurs.
L’algorithme peut donc travailler sur un réservoir de contenus qui n’est pas limité aux mêmes sorties disponibles simultanément sur tous les grands services.
La qualité du résultat dépend naturellement des scènes musicales et des habitudes de l’utilisateur. SoundCloud peut paraître extraordinairement riche pour quelqu’un qui cherche de l’électronique indépendante ou des remixes, et beaucoup moins structuré pour quelqu’un qui veut simplement parcourir proprement la discographie officielle d’un artiste connu.
SoundCloud Go et Go+ pour une écoute quotidienne
SoundCloud reste largement accessible gratuitement, mais propose plusieurs abonnements destinés aux auditeurs.
SoundCloud Go retire la publicité et permet notamment l’écoute hors connexion sur une partie importante du catalogue.
SoundCloud Go+ ajoute l’accès complet au catalogue disponible pour le territoire ainsi que l’audio haute qualité.
En France, lors de cette vérification, l’abonnement direct sur le site coûte 5,99 € par mois pour Go et 11,99 € par mois pour Go+.
Les tarifs proposés par les boutiques mobiles peuvent être différents du prix facturé directement par SoundCloud. Il est donc utile de vérifier le canal d’abonnement avant de souscrire.
Go+ dispose également d’une offre étudiante dans les territoires éligibles, sous réserve de vérification.
Ces abonnements rapprochent SoundCloud d’un service musical traditionnel, mais sa logique reste différente : l’utilisateur bénéficie à la fois du catalogue sous licence et de l’immense ensemble de contenus publiés directement par la communauté.
Une qualité audio supérieure avec Go+, mais pas de Lossless
SoundCloud propose un mode High Quality aux abonnés Go+.
Les fichiers éligibles peuvent être diffusés en AAC 256 kb/s lorsque la qualité haute est activée. SoundCloud présente ce niveau comme comparable, dans son usage, à un MP3 de qualité élevée.
Pour qu’un morceau profite correctement de cette qualité, la source envoyée par le créateur doit elle-même disposer d’une qualité suffisante. SoundCloud accepte notamment des fichiers WAV, FLAC, AIFF ou ALAC pour les uploads.
Un fichier déjà fortement compressé ne peut évidemment pas récupérer les informations supprimées lors de sa compression initiale.
Il faut surtout être clair sur la terminologie : SoundCloud Go+ ne propose actuellement pas de streaming Lossless à l’auditeur. Le fait qu’un artiste puisse envoyer un fichier FLAC ne signifie pas que ce fichier soit transmis tel quel lors de l’écoute.
Sur ce critère précis, SoundCloud reste donc en retrait face aux services qui proposent aujourd’hui du FLAC ou une autre forme de diffusion sans perte.
Pour beaucoup d’utilisateurs, l’AAC 256 kb/s reste néanmoins largement suffisant, particulièrement en mobilité ou avec une liaison Bluetooth. Pour quelqu’un qui choisit d’abord son service selon la qualité Lossless ou Hi-Res, cette limite devient en revanche importante.
Une écoute hors connexion sans devenir propriétaire des fichiers
Go et Go+ permettent de sauvegarder des contenus pour une écoute hors connexion sur les applications mobiles compatibles.
Une playlist ou une série de morceaux peut ainsi être préparée avant un trajet, un vol ou une zone sans réseau.
Avec Go+, les téléchargements peuvent utiliser la qualité haute lorsque ce réglage est activé.
Comme chez Spotify ou Deezer, il faut distinguer cette fonction d’un téléchargement classique. La copie conservée par l’application reste liée à SoundCloud et à l’abonnement correspondant.
L’utilisateur n’obtient donc pas automatiquement un fichier MP3, WAV ou FLAC qu’il pourrait archiver, copier vers un autre lecteur ou conserver indépendamment du service.
SoundCloud possède cependant une particularité intéressante : les créateurs peuvent eux-mêmes autoriser le téléchargement du fichier original de certains morceaux.
Lorsqu’un artiste active cette possibilité, l’utilisateur peut récupérer le fichier mis à disposition selon les conditions choisies par son créateur.
Cette coexistence illustre bien les deux visages de SoundCloud : plateforme de streaming d’un côté, infrastructure de partage direct entre créateur et public de l’autre.
Artist et Artist Pro pour aller au-delà du simple upload
SoundCloud propose une gamme d’outils professionnels regroupée autour de SoundCloud for Artists.
Le compte gratuit permet de commencer à publier et donne accès aux fonctions essentielles.
Les offres Artist et Artist Pro ajoutent progressivement davantage de capacité d’upload, des statistiques, du mastering, des outils de promotion, la monétisation et la distribution.
Artist Pro étend encore ces possibilités avec des fonctions destinées aux créateurs publiant régulièrement et souhaitant utiliser SoundCloud comme véritable composant de leur activité musicale.
Le remplacement d’un fichier audio déjà publié peut être particulièrement intéressant lorsqu’il est disponible. Un artiste peut corriger un master ou une erreur sans nécessairement repartir complètement de zéro avec une nouvelle publication.
Des fonctions de mise en avant permettent également de contrôler plus précisément les morceaux ou playlists visibles en priorité sur le profil.
SoundCloud ne devient pas pour autant une station audionumérique ou un logiciel de production. Ses outils interviennent principalement après ou autour de la création : hébergement, présentation, publication, compréhension du public, diffusion et monétisation.
Distribuer sa musique vers d’autres plateformes depuis SoundCloud
Les offres créateur payantes intègrent la distribution musicale vers de grandes plateformes externes.
Un artiste peut préparer sa sortie dans SoundCloud for Artists puis la distribuer vers Spotify, Apple Music, Amazon Music, YouTube Music, TikTok et d’autres services pris en charge.
Cette fonction transforme le rôle historique de SoundCloud. La plateforme pouvait auparavant servir principalement d’étape avant l’utilisation d’un distributeur distinct ; elle peut désormais couvrir elle-même une partie de cette chaîne.
SoundCloud indique également reverser les royalties de distribution qu’il reçoit de ses partenaires selon les conditions de son programme, hors éventuels frais de traitement applicables.
La distribution externe ne doit cependant pas être confondue avec les revenus générés directement sur SoundCloud. Les autres plateformes conservent leurs propres systèmes de rémunération.
SoundCloud for Artists permet donc surtout de centraliser une partie du travail de distribution sans modifier les règles économiques des services destinataires.
Des revenus davantage liés aux fans
Pour certains artistes indépendants éligibles qui monétisent directement leur musique sur la plateforme, SoundCloud utilise les Fan-Powered Royalties.
Le principe cherche à relier davantage l’argent généré par un auditeur aux artistes qu’il écoute réellement.
Dans un modèle classique reposant sur un grand pool commun, les revenus sont répartis en fonction de la part globale de streams réalisée par chaque artiste.
Le modèle de SoundCloud tient davantage compte de l’activité propre à chaque fan. Lorsqu’un auditeur consacre une grande partie de son écoute à un artiste particulier, la valeur générée par cet auditeur peut davantage profiter à cet artiste.
Le calcul reste naturellement dépendant de nombreux paramètres et ne garantit pas qu’un musicien gagne des sommes importantes.
Cette logique crée cependant un lien plus direct entre la fidélité d’une communauté et les revenus du créateur, ce qui correspond assez bien à la dimension sociale de SoundCloud.
Un environnement particulièrement adapté aux DJs
SoundCloud entretient depuis longtemps une relation importante avec les cultures DJ.
La présence de mixes, sets, edits et remixes constitue déjà une différence majeure avec les services principalement structurés autour des singles et albums officiels.
SoundCloud propose également des intégrations avec certains logiciels DJ compatibles, selon l’offre utilisée.
Un DJ peut ainsi accéder à une partie du catalogue SoundCloud depuis son environnement de mix plutôt que préparer exclusivement une collection locale.
Cette possibilité reste dépendante des logiciels partenaires, des droits associés aux morceaux et de l’abonnement choisi.
Pour quelqu’un qui écoute simplement de la musique, cette dimension est secondaire. Pour un DJ ou un producteur qui utilise déjà SoundCloud comme principale source de découverte, elle peut au contraire créer une continuité très naturelle entre recherche et performance.
Un service disponible sur de nombreux appareils
SoundCloud est accessible directement depuis le Web et dispose d’applications mobiles officielles sur Android, iPhone et iPad.
Une application pour Windows est également disponible.
Sur macOS et Linux, le navigateur reste la principale voie d’accès plutôt qu’un client de bureau officiel équivalent à celui de Spotify.
SoundCloud est également disponible ou intégré à différents environnements comme Sonos, Chromecast, Xbox, Apple CarPlay, Android Auto, Apple Watch et Wear OS, selon les appareils et fonctions pris en charge.
Bluetooth, AirPlay et Chromecast permettent également d’envoyer la lecture vers différents équipements audio.
Cette couverture reste large, mais SoundCloud ne possède pas exactement la même continuité universelle entre appareils qu’un système comme Spotify Connect. Le fonctionnement dépend davantage de l’application et de la technologie utilisée pour transmettre l’audio.
Cas d’usage
Découvrir des artistes avant leur arrivée dans les catalogues traditionnels
Un auditeur qui veut aller au-delà des sorties déjà fortement exposées sur les grandes plateformes peut suivre des producteurs, petits labels, collectifs, DJs ou curateurs sur SoundCloud.
Le Feed se nourrit progressivement de leurs nouveaux uploads et de leurs reposts.
Un morceau découvert peut n’avoir que quelques centaines d’écoutes et provenir d’un artiste qui n’a encore publié aucun album officiel.
Quelques mois plus tard, ce même musicien peut apparaître sur Spotify, Deezer ou Apple Music avec une sortie distribuée professionnellement.
SoundCloud permet ainsi de suivre non seulement les œuvres terminées, mais parfois la trajectoire qui précède leur arrivée dans les circuits traditionnels.
C’est probablement l’un de ses usages les plus intéressants pour les auditeurs qui considèrent la découverte musicale comme une exploration plutôt que comme une simple personnalisation automatique.
Trouver des remixes, edits et DJ sets absents des autres services
Une recherche autour d’un morceau connu peut faire apparaître différentes interprétations créées par des DJs et producteurs.
Certaines sont officiellement autorisées, tandis que d’autres relèvent de situations de droits plus complexes et peuvent être supprimées si elles ne respectent pas les règles de la plateforme.
Il reste néanmoins fréquent de rencontrer sur SoundCloud des versions alternatives, mixes et sets que les services de streaming traditionnels ne proposent pas.
Cette richesse est particulièrement visible dans les musiques électroniques, où le DJ set constitue lui-même une forme importante de diffusion et de découverte.
L’auditeur peut ainsi passer d’un morceau à un mix d’une heure puis retrouver les producteurs dont les titres ont été utilisés dans cette sélection.
Publier ses premières créations sans attendre un distributeur
Un musicien qui débute n’a pas nécessairement besoin de préparer immédiatement une sortie mondiale avec date officielle et distribution sur toutes les plateformes.
Il peut envoyer un premier morceau sur SoundCloud, partager son lien puis commencer à observer les réactions.
Le titre peut rester privé pendant une phase de travail, devenir public lorsqu’il est prêt puis éventuellement être distribué plus largement lorsque le projet évolue.
Cette progressivité est particulièrement utile pour les beatmakers, producteurs électroniques, DJs ou artistes qui créent beaucoup de morceaux avant de décider lesquels méritent une véritable sortie.
SoundCloud devient alors un laboratoire public entre création et distribution.
Obtenir des retours précisément au bon moment du morceau
Un groupe peut envoyer une démo privée à plusieurs personnes.
Plutôt que recevoir des messages vagues sur le milieu ou la fin du morceau, les auditeurs peuvent commenter directement sur la forme d’onde à l’endroit concerné.
Le musicien retrouve ainsi chaque remarque associée au moment précis de la chanson.
Ce fonctionnement ne remplace pas les outils spécialisés de révision et de collaboration utilisés dans les productions professionnelles, mais il est très pratique pour obtenir rapidement des retours contextualisés.
Construire progressivement une communauté plutôt qu’accumuler seulement des streams
Un artiste peut suivre d’autres créateurs, répondre aux commentaires, observer ses auditeurs les plus actifs et participer à la circulation des morceaux grâce aux reposts.
Cette activité donne davantage de visage aux statistiques.
Cent écoutes provenant de personnes qui commentent, repartagent et reviennent régulièrement constituent un signal différent de mille lectures anonymes apportées par une playlist extérieure.
Les Fan-Powered Royalties renforcent cette logique puisque la fidélité individuelle des auditeurs intervient davantage dans la rémunération de certains artistes éligibles.
SoundCloud peut donc être particulièrement pertinent pour quelqu’un qui cherche à construire une petite communauté identifiable plutôt qu’à poursuivre uniquement la croissance du nombre brut de streams.
Héberger un DJ set ou une longue création audio
SoundCloud permet de publier des contenus beaucoup plus longs qu’un single traditionnel.
Un DJ peut partager l’enregistrement d’un set, un producteur publier une longue performance ambient ou un créateur diffuser une émission musicale.
Ces formats sont souvent moins naturels sur des services structurés presque entièrement autour de l’album et du morceau distribué.
La forme d’onde facilite en plus la navigation à l’intérieur de ces longues durées et permet aux auditeurs de commenter des passages spécifiques.
Les droits musicaux restent évidemment essentiels pour les mixes contenant des œuvres de tiers. Publier un set ne dispense pas du respect du droit d’auteur et SoundCloud peut bloquer ou retirer du contenu lorsqu’une violation est détectée ou signalée.
Transformer SoundCloud en service d’écoute principal avec Go+
Un utilisateur attiré par le catalogue communautaire peut ne pas vouloir conserver parallèlement une autre plateforme uniquement pour son écoute quotidienne.
Go+ permet de supprimer les publicités, d’accéder au catalogue complet disponible dans son territoire, d’utiliser l’écoute hors connexion et d’activer l’audio HQ.
La combinaison du catalogue sous licence et des millions de contenus propres à SoundCloud peut alors remplacer une plateforme traditionnelle pour certains profils.
Ce choix comporte cependant un compromis clair : la qualité maximale reste actuellement en AAC 256 kb/s et non en Lossless.
Un auditeur qui privilégie la découverte de remixes et d’artistes émergents peut accepter facilement cette différence. Une personne dont la priorité absolue est la qualité Lossless ou Hi-Res fera probablement un autre choix.
Distribuer sa musique depuis le même endroit où elle trouve son public
Un artiste peut commencer en publiant directement ses morceaux sur SoundCloud puis passer à une offre créateur lorsqu’il souhaite professionnaliser ses sorties.
Les mêmes outils peuvent alors servir à monétiser certaines créations puis à les distribuer vers Spotify, Apple Music, Amazon Music et d’autres plateformes.
L’intérêt réside moins dans le fait que SoundCloud soit le seul distributeur disponible que dans la continuité du workflow.
L’artiste n’est plus obligé de séparer complètement le lieu où il construit sa communauté et le service qui envoie ses sorties vers l’industrie du streaming.
Conclusion
SoundCloud ressemble superficiellement à Spotify ou Deezer parce que les trois permettent de chercher un morceau, créer des playlists et écouter de la musique. Pourtant, son fonctionnement profond est très différent. SoundCloud n’est pas seulement un catalogue à écouter : c’est un espace où la musique peut apparaître, circuler, être commentée, testée puis éventuellement devenir une sortie professionnelle.
Cette distinction explique son immense catalogue. Les plus de 400 millions de titres ne représentent pas simplement davantage d’albums commerciaux. Ils incluent une quantité énorme de musique publiée directement par des millions de créateurs : premiers morceaux, remixes, mixes, expérimentations, versions alternatives et contenus qui n’arriveront parfois jamais sur les autres plateformes.
Cette ouverture rend SoundCloud plus désordonné qu’une bibliothèque traditionnelle, mais c’est précisément ce désordre qui peut le rendre passionnant. Spotify et Deezer excellent à organiser un immense catalogue professionnel ; SoundCloud permet davantage de tomber sur quelque chose qui n’a pas encore été rangé dans ce catalogue.
La dimension sociale renforce cette différence. Les commentaires placés directement sur la forme d’onde, les reposts, le Feed et les outils consacrés aux fans créent une proximité beaucoup plus forte entre celui qui publie et celui qui écoute.
Pour les créateurs, la transformation de SoundCloud est tout aussi importante. La plateforme n’est plus limitée à l’hébergement : ses offres destinées aux artistes ajoutent statistiques, promotion, distribution et monétisation. Les Fan-Powered Royalties tentent parallèlement d’établir un lien plus direct entre l’engagement d’un auditeur et la rémunération des artistes qu’il écoute réellement.
Il reste plusieurs compromis. SoundCloud Go+ ne propose pas actuellement de Lossless, la qualité et l’organisation des uploads communautaires sont nécessairement variables, certaines fonctions sont réparties entre plusieurs abonnements et les contenus mis en ligne par les utilisateurs peuvent disparaître lorsqu’ils contreviennent aux droits d’auteur ou aux règles du service.
Pour quelqu’un qui cherche avant tout une discothèque parfaitement ordonnée avec la meilleure qualité audio possible, d’autres plateformes seront probablement plus adaptées. Pour quelqu’un qui aime chercher des remixes, suivre des scènes émergentes, écouter des DJs, commenter directement le travail des artistes ou publier lui-même de la musique sans attendre de passer par toute la chaîne de distribution traditionnelle, SoundCloud conserve une place presque unique.
Sa vraie force n’est donc pas simplement de posséder davantage de morceaux. C’est d’être l’un des rares grands services où auditeur et créateur utilisent encore réellement la même plateforme.
Points d’attention
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SoundCloud est à la fois un service de streaming et une plateforme de contenus envoyés par les utilisateurs : le catalogue mélange donc sorties officielles, contenus directement publiés par les artistes, DJ sets, remixes, démos et autres formats dont la présentation et la qualité peuvent varier.
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SoundCloud annonce plus de 400 millions de titres provenant de plus de 40 millions d’artistes dans 193 pays. Ce volume considérable s’explique en grande partie par l’ouverture directe de la plateforme aux uploads des créateurs.
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SoundCloud Free reste utilisable sans abonnement, mais comprend de la publicité et n’offre pas toutes les fonctions ni l’accès complet aux contenus sous licence disponibles avec Go+.
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En France, SoundCloud Go coûte actuellement 5,99 €/mois et Go+ 11,99 €/mois lors d’une souscription directe sur le site. Les tarifs proposés via les boutiques d’applications peuvent être différents.
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Go et Go+ ne sont pas équivalents : Go améliore principalement l’écoute sans publicité et hors connexion, tandis que Go+ ouvre le catalogue complet disponible dans le territoire et l’audio haute qualité.
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L’audio HQ de SoundCloud Go+ n’est pas Lossless : il utilise actuellement de l’AAC à 256 kb/s pour les titres éligibles.
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Un fichier FLAC envoyé par un artiste n’est pas diffusé tel quel à l’abonné Go+ : la présence de FLAC parmi les formats d’upload ne signifie donc pas que SoundCloud propose du streaming FLAC.
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Les téléchargements hors connexion restent liés à l’application et à l’abonnement : ils ne deviennent pas automatiquement des fichiers musicaux libres que l’utilisateur peut conserver ou exporter.
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Un créateur peut toutefois autoriser séparément le téléchargement de son fichier original. Cette fonction de partage direct doit être distinguée du mode hors connexion associé aux abonnements d’écoute.
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Artist et Artist Pro sont distincts de Go et Go+ : les premiers s’adressent aux créateurs pour publier, analyser, promouvoir, distribuer et monétiser leur musique ; les seconds améliorent principalement l’expérience d’écoute.
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La monétisation n’est pas automatique simplement parce qu’un morceau a été uploadé : le créateur doit utiliser les fonctions SoundCloud for Artists correspondantes et disposer des droits nécessaires sur le contenu.
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Il faut posséder les droits nécessaires sur ce que l’on publie : remixes, bootlegs et DJ sets ne sont pas exemptés du droit d’auteur simplement parce qu’ils sont hébergés sur SoundCloud.
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Les commentaires publics peuvent être associés à des moments précis de la forme d’onde. Cette fonction est très utile pour l’interaction, mais peut également entraîner du spam ou des discussions parasites sur certains morceaux.
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Les likes, follows, reposts et messages sont soumis à des mécanismes anti-abus afin de limiter les comportements automatisés et le spam.
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L’application Windows existe, mais certaines fonctions peuvent différer de celles des applications mobiles ou du lecteur web.
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SoundCloud ne propose pas de client macOS ou Linux officiel équivalent à celui de Spotify : le lecteur web constitue la voie principale sur ces systèmes.
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SoundCloud fonctionne avec de nombreux équipements et services tiers, mais les fonctions exactes dépendent de l’appareil, du territoire et de l’abonnement utilisé.
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La disponibilité des titres n’est pas permanente : un créateur peut supprimer son contenu, le rendre privé ou voir un morceau retiré à la suite d’un problème de droits. Un like ou une playlist n’équivaut donc jamais à posséder l’œuvre.