Présentation
DNA Films est une société britannique de production cinématographique fondée en 1997 par les producteurs Andrew Macdonald et Duncan Kenworthy. Basée à Londres, elle développe des films britanniques et internationaux en travaillant régulièrement avec de grands studios, distributeurs et sociétés indépendantes.
Son identité est étroitement liée à plusieurs collaborations créatives de longue durée. Andrew Macdonald avait déjà produit Shallow Grave et Trainspotting de Danny Boyle avant la naissance de DNA, établissant une relation qui se poursuivra notamment avec 28 Days Later, Sunshine, The Beach, T2 Trainspotting puis 28 Years Later.
La rencontre avec le scénariste et réalisateur Alex Garland devient tout aussi structurante. Après 28 Days Later, DNA accompagne plusieurs de ses projets, parmi lesquels Sunshine, Dredd, Ex Machina, Annihilation, Devs, Men, Civil War et Warfare.
Le catalogue de DNA dépasse toutefois ces collaborations. La société participe également à des films comme The Last King of Scotland, Notes on a Scandal, Never Let Me Go, Far from the Madding Crowd ou Sunshine on Leith.
À partir des années 2010, son activité s’étend plus nettement à la télévision sous l’identité DNA Films & TV, avec notamment Devs, Black Narcissus et Shōgun.
Malgré des collaborations régulières avec Fox Searchlight, A24, Sony, Film4, FX ou d’autres partenaires internationaux, DNA demeure une société de production indépendante.
Histoire
1997 — Création grâce à la National Lottery
DNA Films est créée en février 1997 par Andrew Macdonald et Duncan Kenworthy.
La société fait partie des trois franchises de production cinématographique choisies pour bénéficier d’un important financement de la National Lottery britannique. DNA obtient environ 29 millions de livres destinés à soutenir le développement et la production de films sur plusieurs années.
Les deux fondateurs arrivent avec une expérience déjà importante.
Duncan Kenworthy a notamment produit Four Weddings and a Funeral, tandis qu’Andrew Macdonald s’est fait connaître grâce à sa collaboration avec Danny Boyle sur Shallow Grave et Trainspotting.
DNA est ainsi pensée dès l’origine comme une structure capable de développer des films britanniques susceptibles de toucher un public international.
Les premières années — Construire une société de production durable
Les premières années sont consacrées à la mise en place du catalogue et au développement de projets financés dans le cadre de la franchise.
DNA produit notamment Beautiful Creatures, Strictly Sinatra, The Parole Officer et The Final Curtain.
La société doit toutefois trouver un équilibre entre ambitions commerciales, financement public et nécessité de travailler avec des partenaires capables d’assurer une distribution internationale.
Cette recherche de partenaires devient une caractéristique durable du fonctionnement de DNA.
2002 — 28 Days Later change la trajectoire du studio
Un tournant majeur intervient avec 28 Days Later, réalisé par Danny Boyle, écrit par Alex Garland et produit par Andrew Macdonald.
Le film imagine une Grande-Bretagne ravagée par le virus de la Rage et suit un groupe de survivants dans un Londres déserté.
Au-delà de son succès, 28 Days Later contribue à renouveler l’horreur post-apocalyptique par son esthétique numérique, son rythme et ses infectés extrêmement rapides.
Le film constitue également une étape essentielle pour DNA : son succès international renforce la crédibilité de la société et consolide sa relation avec Fox Searchlight, qui avait acquis les droits mondiaux du projet.
Cette production installe aussi durablement le trio créatif Macdonald – Boyle – Garland au cœur de l’identité de DNA.
2002-2003 — Allon Reich rejoint DNA
En 2002, le producteur Allon Reich rejoint la société après avoir travaillé notamment chez Miramax et Film4.
Dans le même temps, Duncan Kenworthy réduit progressivement son implication dans la direction de DNA afin de se concentrer davantage sur ses propres productions.
Il quitte finalement la structure, laissant Andrew Macdonald et Allon Reich former le duo qui dirigera DNA pendant les décennies suivantes.
Cette transition marque le début de la configuration moderne de la société.
2003 — Partenariat avec Fox Searchlight
Après le succès de 28 Days Later, DNA conclut en 2003 un important partenariat avec Fox Searchlight Pictures.
L’accord prévoit environ 50 millions de dollars pour développer et produire des films britanniques sur une période de cinq ans, avec Fox Searchlight comme partenaire international.
Cette coopération permet à DNA d’associer une structure britannique relativement légère à la puissance de distribution d’un grand studio américain.
Plusieurs productions importantes des années suivantes bénéficient directement ou indirectement de cette relation.
Les années 2000 — Une filmographie de plus en plus ambitieuse
DNA développe alors plusieurs projets qui renforcent son prestige international.
The Last King of Scotland, sorti en 2006, mêle fiction et histoire politique autour du régime d’Idi Amin. La performance de Forest Whitaker lui vaut notamment l’Oscar du meilleur acteur.
La même période voit la sortie de Notes on a Scandal et de l’adaptation de The History Boys.
En 2007, DNA retrouve Danny Boyle et Alex Garland pour Sunshine, film de science-fiction dans lequel une mission spatiale tente de sauver un Soleil mourant.
La société produit également 28 Weeks Later, prolongement de l’univers initié par 28 Days Later.
Cette période montre déjà l’un des traits durables de DNA : alterner films de genre, œuvres littéraires, drames et productions plus ambitieuses sans s’enfermer dans une seule spécialité.
Les années 2010 — Dredd, Ex Machina et Alex Garland
Au cours des années 2010, la relation entre DNA et Alex Garland prend une importance croissante.
En 2012, la société participe à Dredd, nouvelle adaptation du personnage de 2000 AD. Le film développe une approche brutale et resserrée de l’univers futuriste de Mega-City One.
Deux ans plus tard, Garland réalise son premier long métrage avec Ex Machina.
Produit par Andrew Macdonald et Allon Reich, le film explore l’intelligence artificielle à travers la rencontre entre un programmeur et Ava, une androïde développée par un entrepreneur technologique.
Avec un budget relativement contenu et une mise en scène minimaliste, Ex Machina devient un important succès critique et remporte notamment l’Oscar des meilleurs effets visuels.
Cette réussite renforce la collaboration entre DNA et Garland.
Annihilation et une science-fiction d’auteur
DNA poursuit cette relation avec Annihilation, réalisé par Alex Garland et sorti en 2018.
Adapté du roman de Jeff VanderMeer, le film combine science-fiction, horreur et réflexion sur la transformation biologique et psychologique.
Comme Ex Machina, il illustre une forme de cinéma caractéristique de DNA : utiliser des concepts de genre accessibles pour développer des récits plus ambigus et personnels.
Cette capacité à travailler entre cinéma indépendant et infrastructures hollywoodiennes devient l’une des signatures de la société.
2014 — Développement de DNA TV
DNA étend parallèlement son activité vers la télévision.
En 2014, la société développe DNA TV, en partenariat avec Fox Networks Group.
Cette branche permet de travailler sur des formats plus longs et des productions internationales destinées aux chaînes et plateformes.
Elle participe notamment à Devs, série créée et réalisée par Alex Garland, ainsi qu’à Black Narcissus.
DNA TV devient également partenaire de Shōgun, nouvelle adaptation du roman de James Clavell produite pour FX.
Cette diversification conduit progressivement la société à se présenter sous l’identité DNA Films & TV.
Les années 2020 — Civil War, Shōgun et nouvelles ambitions
DNA poursuit dans les années 2020 sa collaboration avec Alex Garland.
Après Men, la société produit Civil War, sorti en 2024 avec A24. Le film suit des journalistes traversant des États-Unis plongés dans une guerre intérieure fictive.
DNA participe ensuite à Warfare, écrit et réalisé par Ray Mendoza et Alex Garland.
Dans le même temps, Shōgun devient l’une des productions télévisuelles internationales les plus remarquées auxquelles DNA TV est associée.
Ces projets montrent l’élargissement progressif de DNA : cinéma britannique, productions américaines, séries internationales et projets de grande ampleur coexistent désormais au sein de la même structure.
Retour à l’univers de 28 Days Later
Plus de vingt ans après le premier film, DNA revient à l’un de ses univers fondateurs avec 28 Years Later.
Sorti en 2025, le film réunit à nouveau Danny Boyle à la réalisation et Alex Garland au scénario, avec Andrew Macdonald et plusieurs collaborateurs historiques impliqués dans la production.
Le projet relance la franchise et se poursuit avec 28 Years Later: The Bone Temple, réalisé par Nia DaCosta et sorti en 2026.
Cette continuité illustre particulièrement bien le fonctionnement de DNA : plutôt que de multiplier mécaniquement les franchises, la société entretient sur de longues périodes des relations avec certains créateurs et univers.
Ce qui la distingue
Des collaborations créatives sur plusieurs décennies
L’une des caractéristiques les plus fortes de DNA Films est la fidélité de ses collaborations.
Andrew Macdonald et Danny Boyle travaillent ensemble depuis avant même la création de DNA, tandis que la relation avec Alex Garland remonte à 28 Days Later.
Ces collaborations se prolongent ensuite à travers de nombreux projets très différents.
Cette continuité permet à DNA de construire une identité moins autour d’un genre précis que d’un réseau de créateurs régulièrement réunis autour de nouvelles idées.
Un cinéma entre indépendance britannique et marché international
DNA est une société britannique indépendante, mais ses productions ont rarement une ambition strictement nationale.
La société travaille régulièrement avec de grands partenaires américains ou internationaux pour le financement et la distribution.
Fox Searchlight, A24, Sony, Film4, Universal ou FX figurent parmi les sociétés avec lesquelles DNA a collaboré selon les projets.
Cette organisation lui permet de conserver une structure indépendante tout en développant des films capables de circuler à l’échelle mondiale.
Une place importante accordée au cinéma de genre
Science-fiction, horreur, dystopie et thriller occupent une place particulièrement visible dans le catalogue.
28 Days Later, Sunshine, Dredd, Ex Machina, Annihilation, Men ou Civil War utilisent chacun les codes du cinéma de genre pour explorer des questions politiques, psychologiques, technologiques ou sociales.
DNA ne se limite pourtant pas à ces registres : son catalogue comprend également drames historiques, adaptations littéraires, comédies et documentaires.
Une production adaptée à l’échelle du projet
DNA peut travailler aussi bien sur un film relativement contenu comme Ex Machina que sur des productions internationales beaucoup plus vastes.
La société ne repose donc pas sur un modèle unique de budget ou de production.
Cette capacité d’adaptation lui permet de passer d’un projet d’auteur à une franchise, puis à une série télévisée de grande ampleur sans perdre sa logique de production centrée sur les créateurs.
Une indépendance conservée malgré les partenariats
DNA a entretenu des relations étroites avec plusieurs grands groupes, notamment Fox, mais n’est pas devenu pour autant un studio intégré à l’un d’entre eux.
Encore récemment, la société se présente comme entièrement indépendante, sans accord général de financement ou de « first look » permanent avec un studio.
Cette indépendance lui permet de choisir ses partenaires projet par projet et constitue l’une des particularités de son modèle.
À savoir
- DNA Films est fondée en février 1997 par Andrew Macdonald et Duncan Kenworthy.
- La société fait partie des trois franchises britanniques de production soutenues par la National Lottery en 1997.
- DNA reçoit à l’origine environ 29 millions de livres de financement issu de la loterie.
- Les collaborations d’Andrew Macdonald avec Danny Boyle sur Shallow Grave et Trainspotting précèdent la création de DNA mais constituent une partie importante de ses racines créatives.
- 28 Days Later, écrit par Alex Garland et réalisé par Danny Boyle, devient en 2002 l’un des films déterminants de l’histoire de DNA.
- Allon Reich rejoint DNA en 2002 et forme ensuite avec Andrew Macdonald le principal duo de producteurs de la société.
- En 2003, DNA conclut avec Fox Searchlight un partenariat de production d’environ 50 millions de dollars sur cinq ans.
- Parmi ses films figurent notamment 28 Days Later, The Last King of Scotland, Sunshine, Dredd, Ex Machina, Annihilation, T2 Trainspotting, Men, Civil War et Warfare.
- DNA développe également une activité télévisuelle sous l’identité DNA TV, avec notamment Devs, Black Narcissus et Shōgun.
- 28 Years Later relance en 2025 l’univers initié avec 28 Days Later, suivi en 2026 de 28 Years Later: The Bone Temple.
- DNA est basée à Londres et se présente aujourd’hui sous l’identité DNA Films & TV.
- En 2026, la société reste active et indépendante, sous la direction d’Andrew Macdonald et Allon Reich.