Présentation
Batman: Arkham Origins ne raconte pas les tout premiers pas de Bruce Wayne sous le masque. Lorsque l’histoire commence, Batman possède déjà son équipement, sa Batcave et une solide expérience du terrain. La différence se situe surtout dans son comportement. Cette version du personnage est plus jeune, plus agressive et encore convaincue qu’il doit résoudre seul tous les problèmes de Gotham.
Cette position donne au récit sa principale identité. Batman maîtrise déjà une grande partie des compétences que l’on connaît dans les épisodes développés par Rocksteady, mais ses relations avec Alfred, Gordon ou le Joker n’ont pas encore trouvé leur forme définitive. La préquelle s’intéresse donc moins à la naissance du symbole qu’à la manière dont l’homme derrière ce symbole commence à évoluer.
La veille de Noël apporte un cadre particulier à cette histoire. Gotham est recouverte de neige, les décorations lumineuses contrastent avec ses secteurs industriels et la présence réduite de civils accentue l’impression d’une ville livrée aux criminels. Le monde ouvert reprend une partie de la carte d’Arkham City et l’étend vers de nouveaux quartiers. Batman utilise toujours le grappin et le vol plané pour circuler entre les toits, tandis que le Batwing permet de rejoindre rapidement certains secteurs après avoir débloqué les points de déplacement correspondants.
Le FreeFlow Combat conserve les bases de la série tout en introduisant plusieurs adversaires destinés à perturber les habitudes du joueur. Batman enchaîne attaques, contres, esquives et gadgets avec la fluidité caractéristique des épisodes précédents, mais certains ennemis demandent davantage d’attention. Les spécialistes des arts martiaux peuvent notamment répondre aux attaques et obliger à gérer plusieurs contres successifs, tandis que les adversaires lourdement protégés ou équipés d’armes particulières modifient les priorités au sein d’un groupe.
Les séquences de prédateur restent également très proches de la formule connue. Face à des adversaires armés, Batman doit exploiter les hauteurs, les gargouilles, les conduits et l’environnement afin de réduire progressivement leur nombre. La Griffe télécommandée apporte toutefois un nouvel outil intéressant : elle permet de créer une liaison entre deux points ou d’utiliser certains éléments du décor contre les ennemis, ce qui élargit les possibilités d’approche dans plusieurs salles.
La partie enquête bénéficie d’une évolution plus marquée. Les scènes de crime peuvent désormais être reconstruites virtuellement à partir de différents indices. Batman analyse l’environnement, fait avancer ou reculer une reconstitution et cherche des éléments permettant de comprendre la chronologie d’un événement. Le système reste guidé, mais il donne davantage de présence au travail d’investigation et correspond bien à une intrigue où les apparences deviennent rapidement trompeuses.
Les huit assassins fournissent les principaux affrontements de la nuit, avec des approches suffisamment différentes pour varier les situations. Deathstroke oppose à Batman un combattant capable de rivaliser avec sa discipline, Copperhead utilise vitesse et toxines, Firefly transforme certaines zones en environnements dangereux et Bane combine puissance physique et intelligence tactique. Tous ne bénéficient pas du même développement, mais cette chasse permet de confronter Batman à plusieurs formes de menace sans donner l’impression d’un groupe organisé.
Le Joker occupe néanmoins une place plus importante que le contrat lui-même. Origins montre leur première rencontre dans cette continuité, avant que leurs confrontations répétées ne définissent la relation visible dans Arkham Asylum et Arkham City. Batman découvre un criminel difficile à comprendre avec ses méthodes habituelles, tandis que le Joker s’intéresse immédiatement aux raisons qui poussent Bruce à devenir Batman. Leur dynamique n’est pas encore installée, ce qui donne à leurs échanges une tonalité différente de celle des épisodes chronologiquement ultérieurs.
La relation avec Gordon suit une évolution comparable. La police ne considère pas encore Batman comme un partenaire fiable et certains agents sont directement hostiles à sa présence. Gordon reste lui aussi méfiant, mais les événements de la nuit l’obligent progressivement à distinguer le justicier des criminels qu’il poursuit.
Alfred apporte enfin une dimension plus personnelle. Il voit les capacités de Bruce, mais aussi son entêtement et son incapacité à reconnaître ses propres limites. Leur relation montre un Batman qui interprète encore la solitude comme une condition nécessaire à sa mission, alors qu’Alfred comprend déjà le danger de cette position. Cette tension donne au récit une cohérence qui dépasse la simple histoire des huit assassins et explique la place particulière d’Arkham Origins dans la chronologie de la série.
Ce qu'il faut retenir
- Une préquelle située plusieurs années avant Batman: Arkham Asylum, durant les premières années de la carrière de Batman.
- Une intrigue concentrée sur la veille de Noël, lorsque Black Mask place une récompense sur Batman et attire huit assassins à Gotham.
- Un Batman plus jeune, agressif et solitaire dont les relations avec Alfred, Gordon et la police sont encore en construction.
- Le retour du FreeFlow Combat et des séquences de prédateur, accompagnés de nouveaux adversaires et de la Griffe télécommandée.
- Des scènes de crime plus élaborées permettant de reconstruire virtuellement certains événements afin d’identifier de nouveaux indices.
- Plusieurs affrontements marquants contre Deathstroke, Bane, Copperhead, Deadshot et Firefly.
- Une place essentielle accordée à la première rencontre entre Batman et le Joker dans la continuité de la série Arkham.
Conclusion
Batman: Arkham Origins reprend une grande partie des systèmes déjà établis par Arkham City, ce qui limite naturellement l’impression de nouveauté. Le monde ouvert paraît parfois moins dense, plusieurs activités restent familières et l’évolution mécanique est moins importante que celle observée entre les deux premiers épisodes de Rocksteady.
Son intérêt principal vient cependant de son positionnement dans la chronologie. Batman possède déjà les capacités qui définissent la série, mais il n’a pas encore construit les relations et les habitudes qui deviendront essentielles par la suite. Cette différence permet au jeu d’explorer un Bruce Wayne plus impulsif, encore persuadé que sa mission exige de travailler seul.
Les assassins donnent à cette nuit une structure immédiate et offrent plusieurs confrontations intéressantes, mais les relations avec le Joker, Gordon et Alfred donnent davantage de profondeur au récit. Chacun oblige Batman à remettre en question une certitude différente : sa capacité à comprendre tous les criminels, son rapport aux institutions de Gotham et sa conviction que dépendre des autres constitue une faiblesse.
Arkham Origins reste donc un épisode très proche de la formule déjà connue, mais sa préquelle trouve une véritable raison d’exister lorsqu’elle s’intéresse à ce qui n’est pas encore établi. Elle montre un Batman déjà redoutable sur le terrain, mais encore en train d’apprendre comment devenir le personnage que les épisodes suivants présenteront comme une figure beaucoup plus maîtrisée.
À savoir
- Batman: Arkham Origins est principalement développé par WB Games Montréal et édité par Warner Bros. Interactive Entertainment.
- Le jeu est sorti le 25 octobre 2013 sur PlayStation 3, Xbox 360, Wii U et PC.
- Il s’agit d’une préquelle à Batman: Arkham Asylum et Batman: Arkham City, centrée sur un Batman plus jeune.
- L’intrigue principale se déroule pendant la veille de Noël, alors que huit assassins sont attirés à Gotham par une récompense placée sur la tête de Batman.
- Roger Craig Smith prête sa voix à Batman et Troy Baker au Joker dans la version originale.
- Le jeu développe davantage les scènes de crime grâce à un système permettant de reconstruire virtuellement certains événements.
- Arkham Origins est le premier jeu principal de la série développé par WB Games Montréal plutôt que par Rocksteady Studios.