Présentation
Batman: Arkham City reprend les grandes fondations d’Arkham Asylum mais les déploie dans un environnement beaucoup plus ouvert. Arkham City n’est pas Gotham tout entière : il s’agit d’un vaste quartier condamné, entouré de murailles et abandonné aux criminels qui y sont enfermés. Cette limite conserve une certaine densité tout en donnant à Batman une liberté de déplacement nettement supérieure.
Les rues, toits, cheminées, grues et bâtiments composent un espace fortement vertical. Le grappin permet de gagner rapidement de la hauteur, tandis que la cape transforme les chutes en longs vols planés. En combinant plongées, reprises d’altitude et accélérations, le joueur peut parcourir une grande partie de la prison sans toucher le sol. Cette mobilité rend les déplacements plus libres et permet d’interrompre naturellement la mission principale lorsqu’un appel à l’aide, une activité secondaire ou une situation attire l’attention.
Le territoire reflète également la fragmentation du pouvoir à l’intérieur d’Arkham City. Le Joker contrôle notamment le secteur de l’aciérie Sionis, le Pingouin s’est installé dans le musée et Double-Face poursuit ses propres opérations, tandis que les forces TYGER d’Hugo Strange surveillent l’ensemble depuis des positions mieux organisées. Le monde ouvert ne sert donc pas uniquement à agrandir la carte : il montre une prison divisée entre plusieurs factions qui cherchent chacune à imposer leur autorité.
Le FreeFlow Combat gagne en variété sans abandonner la fluidité du premier épisode. Batman frappe, contre, esquive et passe rapidement d’un adversaire à l’autre, mais les groupes ennemis imposent davantage de réactions. Boucliers, armes à feu et équipements particuliers obligent à surveiller constamment l’affrontement et à modifier ses priorités. Les gadgets prennent également une place plus importante au cœur des enchaînements : Batarangs, Bat-griffe, charges électriques ou Gel explosif peuvent être utilisés pour interrompre une attaque, contrôler un adversaire ou créer une ouverture.
Les séquences de prédateur suivent la même évolution. Les gargouilles, conduits et positions élevées restent essentiels, mais les ennemis sont davantage capables de répondre aux méthodes de Batman. Certains surveillent mieux les hauteurs ou disposent d’équipements pouvant compliquer l’utilisation du Mode Détective. Les éliminations silencieuses continuent à modifier le comportement des survivants, qui deviennent plus nerveux et plus prudents à mesure que leurs compagnons disparaissent.
L’enquête conserve elle aussi une place importante. Batman analyse des scènes, suit des pistes et intervient dans plusieurs affaires secondaires découvertes en parcourant la ville. Le monde ouvert permet de développer cette dimension au-delà de l’intrigue principale, avec des enquêtes et des événements qui impliquent différents criminels de Gotham.
L’Homme-Mystère profite particulièrement de cette nouvelle échelle. Ses trophées s’accompagnent davantage de mécanismes, d’énigmes et de défis qui demandent d’exploiter les gadgets, l’environnement ou le timing. Certaines épreuves sont également liées à des otages, ce qui donne à sa présence une continuité plus importante que dans Arkham Asylum.
Malgré l’ouverture du monde, les grands environnements intérieurs restent essentiels. Le musée, l’aciérie, les souterrains et d’autres lieux importants retrouvent une progression plus contrôlée où combat, infiltration, exploration et gadgets s’enchaînent avec davantage de précision. Cette alternance permet à Arkham City de conserver une partie de la densité du premier jeu sans renoncer à la liberté offerte par ses rues.
Plusieurs affrontements profitent également mieux de la personnalité des adversaires. Celui contre Mr. Freeze constitue l’un des exemples les plus marquants : répéter la même méthode devient progressivement inefficace et le joueur doit varier ses approches pour continuer à surprendre son ennemi. Le combat exploite ainsi directement les principes des séquences de prédateur dans un duel plus construit.
Catwoman apporte enfin une autre manière de parcourir Arkham City. Ses mouvements, ses techniques de combat et l’utilisation de son fouet diffèrent suffisamment de ceux de Batman pour modifier immédiatement les sensations de jeu. Ses séquences croisent l’histoire principale tout en conservant des motivations propres, ce qui permet d’observer certains événements depuis une perspective différente.
La multiplication des personnages et des intrigues rend l’ensemble plus chargé qu’Arkham Asylum, mais le concept même d’Arkham City donne une cohérence à cette concentration. La prison rassemble volontairement une grande partie de la criminalité de Gotham dans un espace clos, où chacun tente d’exploiter le désordre. Le monde ouvert fonctionne ainsi comme une extension directe du principe narratif du jeu plutôt que comme un simple changement d’échelle.
Ce qu'il faut retenir
- La suite directe d’Arkham Asylum, située dans un vaste quartier de Gotham transformé en prison à ciel ouvert sous la direction d’Hugo Strange.
- Un monde ouvert compact et très vertical que Batman traverse grâce au grappin et au vol plané, complété par de grands environnements intérieurs plus structurés.
- Un FreeFlow Combat enrichi par davantage de types d’ennemis et une intégration plus importante des gadgets dans les affrontements.
- Des séquences de prédateur plus élaborées, avec des ennemis capables de répondre à certaines méthodes utilisées par Batman.
- Une place renforcée pour les enquêtes et les activités secondaires, notamment à travers les défis plus développés de l’Homme-Mystère.
- Une galerie réunissant Hugo Strange, le Joker, Catwoman, Double-Face, le Pingouin, Mr. Freeze, Harley Quinn et de nombreux autres personnages de Gotham.
- Des séquences jouables avec Catwoman, dont les déplacements, les techniques de combat et les motivations offrent un autre regard sur Arkham City.
Conclusion
Batman: Arkham City réussit son changement d’échelle parce qu’il ne transforme pas immédiatement la série en immense monde ouvert. La prison reste suffisamment compacte pour conserver une forte densité, mais suffisamment vaste pour donner au déplacement une importance nouvelle. Le vol plané et le grappin permettent de circuler avec une grande liberté, tandis que les rues offrent régulièrement des raisons de détourner son trajet sans rompre complètement le rythme de l’aventure.
L’évolution fonctionne également parce que les systèmes d’Arkham Asylum ne sont pas abandonnés. Le FreeFlow gagne en variété, les séquences de prédateur demandent davantage d’adaptation et les enquêtes profitent du monde ouvert pour se développer sous forme d’affaires secondaires. Les grands intérieurs préservent parallèlement une progression plus contrôlée et empêchent l’expérience de perdre complètement la densité qui faisait la force du premier épisode.
Cette abondance a néanmoins ses limites. La concentration de criminels et d’intrigues peut parfois donner l’impression que presque toute la galerie de Gotham a été réunie dans quelques quartiers, tandis que la quantité de trophées et de défis de l’Homme-Mystère peut alourdir le rythme pour qui cherche à tout compléter.
Malgré cela, l’échelle choisie reste particulièrement adaptée au concept. Arkham City donne à Batman un territoire assez vaste pour exploiter pleinement ses déplacements et ses différentes méthodes, tout en conservant l’idée d’un espace fermé dont plusieurs factions se disputent le contrôle. Le jeu développe ainsi la formule du premier épisode sans perdre ce qui la rendait identifiable, et trouve dans cette combinaison entre liberté et densité une grande partie de sa personnalité.
À savoir
- Batman: Arkham City est développé par Rocksteady Studios et édité par Warner Bros. Interactive Entertainment.
- Le jeu original est sorti en 2011 sur PlayStation 3 et Xbox 360, puis sur PC.
- Il constitue la suite directe de Batman: Arkham Asylum et se déroule dans un vaste secteur de Gotham transformé en prison de haute sécurité.
- Rocksteady a présenté Arkham City comme un environnement ouvert environ cinq fois plus vaste que celui d’Arkham Asylum.
- Hugo Strange dirige l’installation tandis que plusieurs criminels majeurs, dont le Joker, Double-Face et le Pingouin, contrôlent différentes parties de la prison.
- Kevin Conroy reprend le rôle de Batman et Mark Hamill celui du Joker dans la version originale.
- Catwoman dispose de séquences jouables avec ses propres déplacements, techniques de combat et objectifs.