Dans son traité De la colère (ou L'Art d'apaiser la colère), Sénèque définit cette émotion comme une folie passagère et la pire des passions, caractérisée par le désir de punir injustement. Il la distingue radicalement de la raison et de la justice, affirmant qu'elle prive l'individu de sa capacité à réfléchir et mène inévitablement à la destruction personnelle et sociale.

Sénèque soutient que le sage ne doit jamais éprouver de colère, même face au crime, car la justice et la loi doivent guider le châtiment avec calme et mesure. Il propose une approche stoïcienne pour maîtriser cette passion : la prévention en évitant les causes de l'irritation et la guérison en retardant la réaction jusqu'à ce que la raison reprenne le dessus, refusant ainsi la vengeance comme motif de punition.