Présentation
Développé et édité par Capcom, Resident Evil 3: Nemesis paraît initialement sur PlayStation en 1999. Réalisé par Kazuhiro Aoyama, produit par Shinji Mikami et scénarisé par Yasuhisa Kawamura, il retrouve Jill Valentine après les événements du premier Resident Evil et poursuit la catastrophe de Raccoon City présentée dans Resident Evil 2.
L’histoire commence le 28 septembre 1998, soit la veille de l’arrivée de Leon Kennedy et Claire Redfield dans la ville. Cette chronologie place Resident Evil 3 autour des événements du deuxième épisode : une partie de l’aventure se déroule avant eux, tandis que la suite accompagne les derniers jours de Raccoon City. Le joueur découvre ainsi la catastrophe depuis les rues et les quartiers touchés plutôt que principalement depuis un bâtiment central.
Cette différence modifie immédiatement l’organisation de l’exploration. Là où le manoir Spencer et le commissariat formaient de grands environnements fermés et fortement interconnectés, Resident Evil 3 multiplie les rues, commerces, bâtiments publics et installations reliés entre eux. Certains lieux restent complexes, mais l’ensemble donne davantage l’impression de traverser une ville en cours d’effondrement.
Le jeu conserve pourtant les bases techniques et ludiques des épisodes précédents. Jill évolue toujours en 3D sur des décors précalculés observés à travers des angles de caméra fixes. Les munitions, les soins et l’espace d’inventaire doivent être gérés avec attention, tandis que les énigmes et les objets nécessaires à la progression continuent d’imposer des allers-retours entre plusieurs zones.
Resident Evil 3 augmente cependant nettement la place accordée aux affrontements. Jill peut désormais effectuer une esquive lorsqu’une attaque est correctement anticipée, tandis que plusieurs éléments du décor peuvent être utilisés pour blesser les ennemis. Le jeu introduit également un système de fabrication permettant de combiner différentes poudres afin de produire plusieurs types de munitions.
Cette évolution ne transforme pas complètement la série en jeu d’action. Les ressources restent limitées et les combats inutiles peuvent toujours fragiliser une progression mal préparée. Elle donne néanmoins à Jill davantage de possibilités pour réagir directement face aux créatures et accompagne un rythme général plus rapide que celui des deux premiers épisodes.
La présence de Nemesis constitue l’élément le plus identifiable du jeu. Contrairement aux ennemis ordinaires, cette arme biologique revient à plusieurs reprises au cours de l’aventure et est capable de poursuivre Jill entre certaines zones. Sa résistance, sa vitesse et sa capacité à utiliser un lance-roquettes en font une menace différente des créatures rencontrées jusque-là.
Resident Evil 3 introduit également les Live Selections, des choix proposés au joueur pendant certaines séquences. Ils doivent être effectués rapidement et peuvent modifier la manière dont une situation se déroule, l’itinéraire emprunté ou certains événements ultérieurs. Le scénario reste structuré autour d’un parcours principal, mais ces variations donnent aux nouvelles parties plusieurs différences perceptibles.
Le récit accorde enfin une place importante à l’U.B.C.S., l’Umbrella Biohazard Countermeasure Service. Carlos Oliveira, Mikhail Victor et Nicholai Ginovaef permettent d’observer une autre facette de la société : Umbrella ne se contente plus d’opérer depuis des laboratoires cachés, elle déploie également du personnel armé au cœur de la catastrophe. Cette présence élargit les enjeux autour de l’épidémie et prépare plusieurs développements ultérieurs de la série.
Ce qu'il faut retenir
- Un épisode centré sur Jill Valentine, de retour après le premier Resident Evil et directement confrontée à la chute de Raccoon City.
- Une histoire qui commence le 28 septembre 1998 et se déroule en partie autour des événements de Resident Evil 2.
- Nemesis comme menace récurrente, spécifiquement envoyée pour éliminer les survivants des S.T.A.R.S. et capable de revenir lors de plusieurs séquences.
- Une évolution vers davantage d’action avec l’esquive, la fabrication de munitions et des affrontements plus fréquents, sans abandonner la gestion des ressources et l’exploration.
- Les Live Selections, qui permettent à certaines décisions prises rapidement de modifier des scènes, des itinéraires ou plusieurs détails de la progression.
- L’introduction de Carlos Oliveira et de l’U.B.C.S., qui développe la présence d’Umbrella sur le terrain et élargit la représentation de la catastrophe de Raccoon City.
Conclusion
Resident Evil 3: Nemesis adopte une approche différente des deux premiers épisodes sans rompre avec leurs fondations. Le déplacement vers les rues de Raccoon City donne davantage d’espace au mouvement et aux affrontements, mais l’exploration, les ressources limitées et les énigmes continuent de structurer la progression.
La ville joue un rôle important dans cette évolution. Le joueur ne parcourt plus seulement les traces laissées par une catastrophe dans un lieu isolé : il traverse directement des quartiers abandonnés, des infrastructures endommagées et des bâtiments où les conséquences de l’épidémie sont visibles à grande échelle. Resident Evil 3 complète ainsi le deuxième épisode en montrant une autre partie du même effondrement.
Nemesis donne parallèlement une identité particulière à l’aventure. Sa réapparition régulière empêche certains espaces de devenir complètement rassurants et introduit une menace qui ne peut pas être considérée comme définitivement réglée après chaque rencontre. Cette pression accompagne naturellement le rythme plus rapide recherché par le jeu.
Les nouvelles possibilités accordées à Jill renforcent également cette orientation. L’esquive et la fabrication de munitions offrent davantage de contrôle pendant les affrontements, tandis que les Live Selections introduisent des variations qui distinguent certaines parties sans remettre en cause la structure générale de l’aventure.
En réunissant le retour de Jill, la chute de Raccoon City, l’U.B.C.S. et Nemesis, Resident Evil 3 clôt une grande partie de l’arc commencé dans les deux premiers jeux. Il conserve les caractéristiques du survival horror classique de Capcom tout en annonçant déjà la place croissante que l’action occupera dans certaines évolutions futures de la série.
À savoir
- Resident Evil 3: Nemesis est développé et édité par Capcom, avec Kazuhiro Aoyama à la réalisation, Shinji Mikami à la production et Yasuhisa Kawamura au scénario.
- Le jeu paraît initialement en 1999 sur PlayStation et porte au Japon le titre Biohazard 3: Last Escape.
- Son histoire commence le 28 septembre 1998, un jour avant le début principal de Resident Evil 2, puis se poursuit au-delà de ses événements.
- Nemesis est une arme biologique expérimentale envoyée par Umbrella pour éliminer les membres survivants des S.T.A.R.S.
- Resident Evil 3 inclut un mode supplémentaire intitulé The Mercenaries: Operation Mad Jackal, centré sur plusieurs membres de l’U.B.C.S.
- Après la PlayStation, le jeu est adapté sur Windows, Dreamcast et GameCube.
- L’épisode original ne doit pas être confondu avec Resident Evil 3 sorti en 2020, remake qui reprend Jill, Carlos, Nemesis et le cadre de Raccoon City tout en reconstruisant largement la progression, les environnements et les combats.
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