Présentation
John Frederick Milius est un cinéaste américain. Il a fait partie des scénaristes des deux premiers films Dirty Harry, a été nommé à l'Oscar comme scénariste d'Apocalypse Now, et a écrit et réalisé The Wind and the Lion, Conan the Barbarian et Red Dawn.
Il a écrit plusieurs répliques devenues cultes, comme « Charlie don't surf » et « I love the smell of napalm in the morning » dans Apocalypse Now, ainsi que les fameuses formules de Dirty Harry lancées par Clint Eastwood, dont « Go ahead, make my day » et « Ask yourself one question, 'do I feel lucky?' Well, do you, punk? ». Milius a aussi écrit le monologue de l'USS Indianapolis du film Jaws, la séquence interprétée par Robert Shaw. Après son travail sur Rough Riders (1997), Milius a joué un rôle déterminant dans le lobbying auprès du Congrès pour que le président Theodore Roosevelt reçoive (à titre posthume) la Medal of Honor pour sa bravoure remarquable au combat sur la colline de San Juan. Milius a réalisé deux films mettant en scène Roosevelt : The Wind and the Lion (où il était joué par Brian Keith) et le téléfilm Rough Riders (où Tom Berenger tenait le rôle).
Le personnage de John Milner dans American Graffiti (1973) de George Lucas a été inspiré par Milius, qui était un bon ami de Lucas lorsqu'ils étudiaient à l'école de cinéma de l'USC. De même, le personnage de Walter Sobchak dans The Big Lebowski (1998), réalisé par ses amis les frères Coen, est en partie inspiré de Milius. La novella « Blind Jozef Pronek and Dead Souls » d'Aleksandar Hemon comporte un épisode avec Milius, décrit « assis à un bureau, tétant un cigare aussi long qu'une canne ».
En 2013 est sorti un documentaire sur sa vie, intitulé Milius.
L'écrivain Nat Segaloff a dit de Milius :
« Le meilleur scénariste de ce qu'on a appelé la mafia de l'USC, un groupe soudé qui a ressuscité — certains disent homogénéisé — le cinéma américain dans les années 1970… Nourri de Ford, Hawks, Lean et Kurosawa, façonné par des cinéastes aussi différents que Fellini et Delmer Daves, Milius préfère les livres d'histoire aux bandes dessinées, les personnages aux effets spéciaux, et les héros ancrés dans la réalité, une époque, un lieu et des coutumes. Les histoires de Milius reflètent sa propre éthique profonde, qui embrasse les valeurs de la tradition, de l'aventure, de la spiritualité, de l'honneur et une loyauté intense envers ses amis… Même s'il s'agace en privé de son image publique de provocateur armé qui aime titiller les progressistes, il se laisse dépeindre ainsi, tenant parfois lui-même le pinceau. Il joue le jeu d'Hollywood en professionnel, tout en s'en tenant à ses propres règles ; c'est un cinéaste romantique qui évite les scènes d'amour ; ses films contiennent de la violence, mais aucune mort n'y est dénuée de sens. »
Milius lui-même a dit un jour :
« Ne jamais transiger sur l'excellence. Écrire pour quelqu'un d'autre est la plus grande erreur que puisse commettre un scénariste. Vous devez être votre plus grand concurrent, votre plus grand critique, votre plus grand admirateur, parce que vous ne savez pas ce que pensent les autres. Quelle arrogance de croire que vous connaissez le marché, que vous savez ce qui est populaire aujourd'hui [...] Écrivez ce que vous voulez voir. Car sinon, vous n'y mettrez aucune vraie passion, et ce ne sera pas fait avec un véritable art. »